Zouz : De l’énergie brute

Texte | Marie-Amélie Dubé
Photo | Noémie Sylvestre

Un spectacle de Zouz est prévu le 19 mars prochain au Cabaret des mauvaises habitudes. Toutefois, en raison des mesures sanitaires actuelles, nous vous invitons à consulter le www.rdlenspectacles.com pour être au fait de la situation.

Allô David Marchand ! Peux-tu nous parler de Zouz ?

C’est notre groupe de musique que nous avons commencé en 2015. Francis, le drummer, et moi avons parti ça ensemble. Nous avions quelques tounes que nous sommes allés enregistrer en studio. On a ensuite demandé à mon coloc de l’époque s’il voulait devenir notre bassiste. Et voilà ! Zouz est devenu un trio. On a deux EP et un album de sortis. Je dirais que nous sommes un band rock, que notre musique est assez viscérale. Et puisqu’on est seulement trois, on peut facilement s’exprimer tout un chacun au maximum, sans empiéter sur les autres. Dans les autres projets musicaux dont on fait partie, on a plus un rôle d’accompagnateurs pour mettre les autres en valeur ; ce qu’on aime faire. Tandis qu’avec Zouz, c’est l’inverse ; on se met nous-mêmes en valeur.

Tu dis que vous êtes rock, un peu garage aussi, mais il y a par exemple la chanson « Auréole » qui est plus slow.

Notre but, ce n’est pas d’être catégorisés. On travaille toujours avec guitare, basse, drum et voix ; c’est notre fil conducteur. Ça reste de base, sans plein d’instruments de plus. Donc, pour beaucoup de gens, notre style de musique reste flou. On essaie de puiser dans une énergie brute et intense, directement avec l’émotion de la toune. Ce n’est pas vraiment du rock ni du garage ni du grunge, mais c’est un peu de tout. On aime ça, essayer plein de choses différentes.

Quel est votre processus créatif ?

Souvent, on s’enferme dans un local, on jamme ensemble, on improvise et on réécoute des passages, on voit ce qui nous plaît. C’est vraiment un travail collectif. Parfois, j’arrive avec quelque chose de plus défini, et puis on le reconstruit ensemble. De mon côté, je suis vraiment inspiré par ma guitare. J’aime voir ce que je peux adapter à la guitare, en regardant ce que d’autres musicien·ne·s font (sans être guitaristes). Par exemple, j’entends du saxophone ou des arrangements de cordes, ou même du chant, et je vois comment je peux adapter quelque chose du genre sur la guitare. Frank, notre drummer, est à fond dans le métal et le hardcore. Étienne, notre bassiste, est plus dans l’expérimental et l’actuel, et moi, j’aime beaucoup la musique des années 60, le country du début 70, le RnB et le soul de l’époque. Nos tounes viennent vraiment de la combinaison de ces trois univers complètement différents.

Vous êtes tous les trois impliqués dans plusieurs projets. Est-ce que le fait d’être toujours dans le milieu musical vous nourrit à fond, ou est-ce que ça devient trop par moment ?

J’ai beaucoup d’ami·e·s qui ne se concentrent que sur un projet à la fois ; ce qui est une bonne façon que je respecte. Quand j’étais plus jeune, jusqu’au début de ma vingtaine, j’avais un seul parcours : un band avec mes meilleurs chums. On était toujours ensemble, on partageait plein de facettes de nos vies, etc. Mais ensuite, j’ai commencé à jouer avec d’autres gens, à gagner ma vie en accompagnant des artistes ; et j’adore ça. La musique prend une énorme partie de ma vie. Le plus je me suis mis à en faire, le plus je me suis mis à aimer ça. J’ai toujours plus faim et soif de musique. Si j’avais seulement Zouz, je serais plus angoissé, je me poserais plus de questions du genre « Criss, est-ce que c’est bon ce que je fais ou c’est pourri ? ». Le fait d’aller jouer avec d’autre monde me structure et me nourrit beaucoup. Ça relativise l’appréciation de mon propre travail. Par exemple, quand je joue une musique plus douce qui est différente du son fort et intense de Zouz, ça me fait davantage apprécier l’intensité quand j’y reviens. Et je suis pas mal sûr que Francis et Étienne se sentent comme moi.

D’où vient le nom Zouz ?

Ç’a été une décision très rapide. Au tout début, quand Francis et moi venions d’enregistrer notre premier EP, on n’avait pas encore de nom. On ne pensait pas que le projet allait continuer ou devenir sérieux. Francis a proposé ce nom-là, et on trouvait ça bien drôle sur le coup. Pour nous, Zouz est notre mot. Ça peut vouloir dire quelque chose d’autre pour certaines communautés ou certains pays, mais on se l’approprie de notre façon. On s’est donné la liberté de prendre ce nom de manière positive. Zouz, c’est Zouz !

Vous repartez en tournée en février autour du Québec ?

Oui. On a pris une petite pause pour Noël et on se prépare à repartir. On va jouer dans de petites salles d’environ 70 ou 100 personnes. On est un band rock, alors on aime jouer dans les bars. On n’est pas vraiment dans le milieu traditionnel de la musique québécoise. On est un peu hors format, et ça nous va comme ça. Avec les lois qui changent rapidement, on a vu la transition de faire des shows pour des gens qui doivent rester assis jusqu’à ce que la loi change et qu’ils puissent se lever et danser. Ç’a été incroyable de voir plus de liberté et de retrouver la bonne vieille énergie, ce qu’un spectacle de rock doit être. Pour nous, la crowd est aussi importante que le band ; les deux vont ensemble et échangent.

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