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Vues dans la tête de Francis Leclerc

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par Marie-Amélie Dubé – Photo Alexis Boulianne

 

Eh oui, c’est l’univers de Francis Leclerc qui vous appelle du 8 au 11 février prochain. Profitez de la 6e édition du festival Vues dans la tête de… pour vous poser au creux de l’hiver et vous réchauffer le Québécois dans la noirceur du cinéma centenaire de la ville des loups. Une rétrospective de ses films ainsi que son plus récent projet cinématographique, Pieds nus dans l’aube, coécrit avec Fred Pellerin, seront présentés durant le festival. La mémoire est une toile de fond omniprésente dans la filmographie du réalisateur. Pas surprenant, quand ton père est une icône marquant la mémoire et l’histoire d’un peuple… une peau invisible qu’on n’a pas choisie, mais que l’on est forcé d’habiter. Mettre en image l’histoire de l’enfance de son père, Félix Leclerc, c’est la voie empruntée par le réalisateur dans Pieds nus dans l’aube, adaptation du récit autobiographique écrit en 1942 par Félix Leclerc. Alors qu’il est pratiquement le père de tous les Québécois, que sa voix, son verbe, son âme flottent au-dessus et à l’intérieur de nos têtes… que ça doit remuer la caboche, hein ! Entrons, le temps de ces quelques questions, dans la caboche à images du réalisateur ! Pour la suite, venez au festival !

 

Francis Leclerc

Télévision (réalisation)
Les beaux malaises (2014 à 2016)
Apparences (2012)
Les Rescapés (2010 à 2012)
Nos étés (2005 à 2008)
Au cinéma (réalisation)
Une jeune fille à la fenêtre (2001)
Mémoires affectives (2004)
Un été sans point ni coup sûr (2008)
Pieds nus dans l’aube (2017)
À venir
Adaptation du Plongeur de Stéphane Larue
Projet de scénario avec Fred Pellerin

 

 

Entrevue à faire tourner la tête avec Francis Leclerc

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Mis à part des contrats de films et de téléséries, qu’y a-t-il dans ta tête?
Tout d’abord, je ne vois pas ça comme des contrats, mais plutôt comme des projets de création. Quand je tourne une publicité, je le vois comme un contrat. Quand je choisis de tourner une télésérie, je le vois comme l’occasion de raconter une histoire sur 6, 10, 20, 30 épisodes. Pour moi, chaque film et chaque série est un projet hyper créatif, où il faut tout faire : le casting, le repérage, le choix de l’équipe, la préparation du tournage, les répétitions, le tournage, la mise en scène, la direction de comédiens, le montage, la musique, le mix, la colorisation, la livraison finale. Quand je réalise un film, c’est un investissement encore plus grand, car souvent, il naît d’un goût de communiquer quelque chose de plus personnel, de plus important, mais sur une durée plus condensée. Cela dit, dans ma tête, il y a beaucoup de campagne, d’amis, de famille, de jeux de toutes sortes, de musique et de n’importe quoi d’autre qui me fait triper.

 

Quelle musique y a-t-il dans ta tête?

Il y a beaucoup de chansons françaises et québécoises. Entre mes 18 et 20 ans, j’ai d’ailleurs fait de la radio à Québec. Il y a parfois de la musique anglophone, souvent du Philip Glass ou du Schubert. J’ai aussi renoué il y a deux ans avec mes vinyles, qui datent de 1991 et plus.

 

Quels souvenirs y a-t-il dans ta tête?

Il y a pas mal de souvenirs d’enfance, énormément de souvenirs de ma vingtaine quand j’ai aimé le cinéma profondément pour la première fois. Par contre, je ne me souviens pas tant de ce qui s’est passé hier après-midi.

 

Quels voyages y a-t-il dans ta tête?

Il y a beaucoup d’Europe, un tout petit peu d’Asie, pas assez d’Amérique et jamais de Niagara Falls. J’aimerais aller au Groenland, retourner en Suède, découvrir la Finlande et le Danemark. Je suis terriblement nordique. En fait, je n’aime pas avoir chaud. Sauf sur le bord de la mer.

 

As-tu un plaisir coupable?

J’aime le film Tron: Legacy (vraiment beaucoup).

 

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As-tu un fantasme cinématographique?

Je n’ai pas vraiment de fantasme. J’aimerais tourner avec Daniel Auteuil.

 

Y a-t-il un film dont tu ne te tannes pas?

Il y en a quelques-uns.
2001 : L’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick;
Ferris Bueller’s Day Off de John Hugues;
Trois couleurs : Bleu de Krzysztof Kieslowski;
Entre la mer et l’eau douce de Michel Brault;
Les Temps modernes de Charlie Chaplin.

 

As-tu un rapport particulier avec le Bas-St-Laurent?

Pas vraiment, mis à part que je voulais acheter une maison à Kamouraska il y a 12 ans et que j’y ai tourné la série Nos étés en 2005.

 

La mémoire est omniprésente dans tes films. Est-ce que cela peut s’interpréter à travers le prisme de la société québécoise? D’un point de vue politique ou d’un point de vue personnel?

C’est une grande question et je répondrais LES DEUX. C’est intimement lié pour moi. Mais répondre à cette question en quelques lignes, c’est impossible !

 

L’art est-il toujours politique pour toi? Quelle est ta conception du rôle de l’artiste en société?

Oui, l’art est politique, car tu prends forcément position à travers tes personnages. Un jour, je me suis demandé : « Que puis-je faire pour ma culture, ma patrie, ma langue ? Devrais-je être plus politisé ? M’intéresser à la politique ? Devrais-je joindre un parti ? Devrais-je dire oui à l’offre de devenir député (oui, oui, ça m’est arrivé) ? » Ma réponse, je l’ai trouvée dans ce que je fais le mieux (et ce n’est que ça que je sais faire, au fond) : je vais raconter des histoires, dans ma langue, par et pour les gens de chez nous. Si je n’étais pas réalisateur, je ne serais ni artiste ni impliqué politiquement.

 

Parle-nous de tes choix de films pour le festival et de tes invités.

Ce sont des choix de films très instinctifs. Pas que des coups de coeur. C’est surtout des choix didactiques ! Parfois, ils seront plus émotifs, parfois, plus cérébraux. Je pense qu’on peut tirer du bon de la plupart de ces films. Je crois dans la discussion et dans la rencontre des opinions qui s’opposent. Je vais emmener des gens avec qui je travaille présentement, qui me stimulent, me touchent, me brassent, me remettent en question. Ils seront là avec moi pour vous parler de leurs passions, de leurs envies. Certains aiment la chasse, d’autres, le baseball. L’une des personnes invitées cache un amour secret pour David Bowie. Il y en a une qui donnerait sa vie pour jouer un elfe dans Le Seigneur des anneaux.

 

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À propos Marie-Amélie Dubé

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