Vers une récupération durable de la matière organique dans la région de Rivière-du-Loup ?

Texte | Francis Filion, étudiant en sciences de l’environnement
Image | jokevanderleij8, pixabay.com

Avant toute chose, je tiens à préciser que je suis un fervent protecteur de l’environnement. Mais en ce début d’année 2022, je suis triste de constater les résultats de l’usine de biométhanisation gérée par la SÉMER. Depuis le milieu des années 2010, on y torche (brûle) du biogaz. Au lieu de bénéficier de l’énergie de la matière organique, potentiel attendu du processus de méthanisation, on la transforme en relarguant du gaz organique (CO2) dans l’atmosphère. Le CO2, quoique moins dommageable que le méthane (environ 20 fois moins), est tout de même un gaz à effet de serre.

Devant ce constat, plusieurs questions me traversent l’esprit. Tout d’abord, ce projet est-il vraiment durable ? Environnementalement, on y brûle du biogaz, et économiquement, on y brûle de l’argent, et ce, depuis sept ans déjà. Alors, pourquoi vouloir faire vivre à tout prix une telle usine ? Pourrions-nous revoir la récupération de la matière organique dans la région ? Pourrions-nous mettre l’accent sur des solutions plus durables telles que :

– Éviter le gaspillage alimentaire et récupérer la nourriture encore comestible au maximum. Au besoin, avoir recourt à des organismes du milieu comme le Carrefour d’initiatives populaires ;

– Récupérer la matière organique compostable à la maison et dans les commerces lorsqu’il se peut ;

– Valoriser les matières dont le potentiel méthanogène est intéressant aux endroits où elles sont générées (circuit court). L’initiative de la Fromagerie des Basques en est un bel exemple ;

– Pour tout le reste, expédier la matière organique au lieu d’enfouissement technique (LET) de Rivière-des-Vases pour y être compostée.

En tout respect pour la Terre et les gens qui la protègent.

À propos de Marie-Amélie Dubé

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Un commentaire

  1. Tout à fait d’accord!
    Et d’autre part, quand je vois tout le papier et le plastique que le Canada envoie en Asie à coup de conteneurs, je me demande si nos bacs de récupération ne seraient pas que de la poudre aux yeux. L’utilisation des bacs domestiques nous donne bonne conscience, mais quand on se donne la peine de regarder ce qu’on fait de leur contenu après cueillette, ça donne mal au cœur. Tout ça, pour ça?

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