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Utopia Utopia : Tout provient de l’enfance

texte Philip Després | photos Shawn Johann et Félix Fabric

Depuis l’enfance, je suis en quête d’utopie. Le rêve, l’imaginaire et la fantaisie ont toujours été des termes tangibles et faciles à appliquer. Par contre, la rationalité, la norme et les règles ont toujours été des notions complexes et incompréhensibles pour moi. J’ai toujours tenté de fuir la réalité et je me réfugiais dans mon monde plutôt théâtral ou musical. J’étais obsédé de façon récurrente par les femmes (encore aujourd’hui). Je les dessinais, je les incarnais, je les citais. J’étais Rizzo dans Grease, Catwoman dans Batman Returns, Mary Katherine Gallagher dans Superstar, Alys Robi dans Ma vie en cinémascope, Satine dans Moulin Rouge… Ce n’étaient pas les personnages sages et angéliques qui m’attiraient, mais les femmes fortes, torturées et complexes. Je retenais les citations que des actrices disaient dans les divers films. J’arrivais dans la cour d’école et je jouais à incarner et à citer les personnages que j’avais récemment découverts. Dès que j’avais l’occasion de faire un oral, c’était le moment pour moi d’entrer en scène. J’étais constamment en contraste avec les autres élèves, j’en ai peut-être souffert par moment, mais en général, j’aimais ça. J’étais en marge, mais j’avais ce sentiment de vraiment exister. J’ai toujours été célèbre, c’est seulement que personne ne le savait encore (Lady Gaga).

J’ai grandi dans une famille pratiquante et nous allions à l’église tous les dimanches, voire même les soirs de semaine. Pendant que j’écoutais l’orgue jouer, en admirant les ornements du plafond, je m’imaginais avoir de longs cheveux blonds, porter un long drapé autour de mon corps nu et faire un spectacle devant la foule de l’église.

Dès que j’ai appris à parler, j’ai appris à me questionner. Je posais sans cesse des questions existentielles à ma mère. Je pleurais souvent la nuit, car j’étais torturé. J’avais trop de visions, de questions et d’idées que je ne savais pas comment gérer. Ma chère mère était souvent dépassée par mon imagination sans fin et les réflexions que j’avais. À l’âge adulte, tout est devenu clair et compréhensible ; j’ai compris que la création était ma façon de matérialiser les idées que j’avais en moi et c’est devenu mon mode de langage.

TOUT NOUS SUIT RENDU ADULTE

La vie d’adulte s’est révélée être en continuité avec mes fantasmes d’enfance. La seule différence, c’est que mes muses avaient changé. En 2012 c’était Gaga, Marina Abramovic, ORLAN, Yoko Ono et bien d’autres femmes artistes engagées qui faisaient partie de mes obsessions. Quand je suis arrivé à Québec, c’est comme si j’étais à New York (un gars du Bas-du-Fleuve est facilement impressionnable quand il voit tout en couleur). Quand j’ai débuté mes cours en arts visuels au Cégep de Sainte-Foy, ç’a été le coup de grâce.

« J’ai une seule certitude en tant qu’artiste et individu : je suis ignorant »

Dès mon premier jour d’école, je me suis présenté avec des souliers plateformes de 6 pouces de haut, un béret sur la tête et une attitude affirmative. L’attitude qu’on prend peut nous permettre d’arriver à tout, croyez-moi. Le talent compte très peu dans le processus créatif. L’audace, le risque et l’acharnement, pour ma part, m’ont permis de vivre des expériences au-delà du réel (mon utopie).

JOURNAL D’UTOPIA UTOPIA

J’ai eu l’audace en mon nom (Philip Després) de m’exposer au public le plus large possible et de tenter de vivre et de faire vivre aux gens des expériences confrontantes et excitantes. Depuis 2014, j’ai vécu des moments transcendants, mais aussi des descentes aux enfers et des moments de doute et d’auto-sabotage. Le 10 juin 2018, pour être exact, j’ai réalisé en fonçant dans un mur que j’avais perdu mon objectif de vue et que j’avais poussé trop loin mes limites physiques et mentales. J’ai donc décidé d’arrêter de créer. C’est en janvier dernier que j’ai repris goût à la création et que je me suis mis à chercher des moyens de recommencer à créer sans me faire violence. Il m’est apparu à ce moment un mot : Utopie*.

Pour moi, la création d’Utopia Utopia, c’est la réalisation ultime de tout mes désirs d’enfance refoulés. Utopia, c’est mon alter ego, une persona, une entité (non genrée) en qui je mets tous mes fantasmes, mes désirs, mes rêves pour les rendre concrets et palpables. Mes rêves deviennent réels. Je suis une pop star, une visionnaire et une activiste. Je parle toutes les langues et je suis en position d’ouverture et d’amour avec les gens de toutes les ethnicités. J’aime la différence et me confronter à celle-ci. J’ai une seule certitude en tant qu’artiste et individu : je suis ignorant (Socrate). Je vais donc tenter de devenir un peu moins centré sur moimême pour la suite de mon processus de vie et de création (il faut montrer l’exemple si on veut des changements).

Utopia se veut un projet collectif. C’est une idée que j’ai développée et peaufinée en discutant avec des professeur.e.s de philosophies, des ami.e.s, voire tout le monde que j’ai croisé depuis les derniers mois. C’est un manifeste en construction. Ça provient d’un désir profond de se tourner vers les solutions afin de passer à l’action. C’est tenter d’imaginer le possible avant de pointer à l’aveugle tout ce qui nous semble injuste autour de nous. Être passif.ve, désabusé.e, ironique et intolérant.e fait partie du problème et n’apporte aucune solution concrète. Le contexte politique, social et environnemental nous oblige à nous éveiller et à nous élever vers le haut. Chaque individu a un don (aptitude) et c’est notre devoir de le développer pour en faire profiter le collectif (société). Utopia Utopia, c’est un symbole de résilience dynamique** face à l’adversité, aux épreuves, aux échecs et aux malheurs auxquels nous sommes toutes et tous confronté.e.s un jour ou l’autre.

UTOPIA UTOPIA X NARCISSE

Lors d’un tournage, j’ai eu la chance de rencontrer Narcisse, un.e jeun.e artiste émergent.e avec qui j’ai développé une histoire d’amour. Notre vision et nos valeurs vont dans la même direction. Cet été, Utopia Utopia fera plusieurs apparitions aux 4 coins du Québec et performera en tournée avec Narcisse.

Dates annoncées :

20 JUIN : L’Anti Bar & Spectacle, en 1re partie de Flavien Berger, Québec
12 JUILLET : La plante, Montréal
31 AOÛT : Fête arc-en-ciel, Soirée Plurielles, Québec

D’autres surprises et performances seront dévoilées sous-peu. Pour celles et ceux qui veulent suivre l’évolution du projet :
Instagram : @ineedutopia
Facebook : Utopia Utopia

__________

*Une utopie est un idéal politique et social. Le rêve d’une société parfaite. On se sert aussi de ce mot comme un concept ou un projet qui paraît irréalisable et qui n’est pas réaliste.

**La résilience en psychologie est définie comme étant dynamique et, parmi les processus qui contribuent à la résilience, on a pu en repérer huit :

  1. la défense-protection ;
  2. l’équilibre face aux tensions ;
  3. l’engagement-défi ;
  4. la relance ;
  5. l’évaluation ;
  6. la signification-évaluation ;
  7. la positivité de soi ;
  8. la création.

À propos Marie-Amélie Dubé

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