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Une façon que j’ai trouvé d’habiter le monde

Texte et illustration par Stéphanie Robert, artiste visuelle et propriétaire du studio Yoga Fleuve à Cacouna

 

« JE TE DONNERAI LE LIEN QUI OUVRE LES YEUX, ET ME CÉDERAI LÀ OÙ À TOI-MÊME TU T’ACCORDES. » – PIERRE MORENCY
Depuis mon plus jeune âge, la spiritualité m’a été enseignée, sans mots. Dans l’être, le senti, la douceur, la violence aussi. J’y ai touché à toutes les époques. Très sensible de nature, j’ai dû développer une façon d’aborder la vie avec philosophie. J’ai tendu l’oreille, le coeur, et j’ai affiné mon regard sur le monde grâce à une forme de spiritualité que je me suis inventée. Il y a, selon moi, autant de spiritualités qu’il y a d’êtres humains (d’êtres vivants ?). Pour ma part, j’ai trouvé des éléments nourrissants dans la tradition du yoga. Le yoga ne constitue pas une réponse en soi. Il permet d’avoir accès aux réponses au moment où nous sommes prêt à les accueillir. Le yoga insuffle la liberté à celui qui écoute, sans dogme. Les sagesses anciennes et les mille interprétations de la vie et de la mort de la longue tradition du yoga (5 000 ans !) bercent les animaux que nous sommes. Parce que nous sommes complexes, les humains. Nous cherchons, souvent sans le préméditer et parfois maladroitement, notre équilibre. Je tends à croire que ce n’est pas étranger à l’entrée fracassante de la pratique du yoga dans le monde occidental. Cette pratique multiple nous fait couler, doucement, comme la rivière, vers l’intuition, vers le sens, et ouvre notre esprit à l’infinité des possibles. Je nourris également ma spiritualité par l’art. J’ai longtemps rejeté cette partie de moi (pourtant hurlante !), la pensant inutile, à tort. Tellement à tort. L’art affine la sensibilité et allonge le regard, tout comme le yoga.

« Pour entretenir des relations saines avec les autres, ne se doit-on pas d’entretenir une relation saine avec soi-même ? »

Depuis octobre dernier, j’habite le presbytère de Cacouna avec mon amoureux. J’y enseigne le yoga et j’y peins. Tout se rencontre, ici. Tout invite à la contemplation, à la douceur, à l’épanouissement. Nous avons trouvé, dans ce lieu aimé, un terreau de possibilités. Une enclave calme, un bijou de région, puis des humains doux et présents. Une étude rapportée par une émission de la radio de Radio-Canada nous apprenait qu’il y a une catégorie de personnes qui vieillissent en meilleure santé mentale que la plupart des gens. Une mémoire plus importante, une clarté d’esprit remarquable et une joie plus marquée définissaient ces personnes âgées dont le cerveau était en meilleure santé que le corps. À ma grande surprise, au-delà des critères comme la génétique, l’alimentation, l’activité physique ou l’éducation, ce qui est revenu comme étant le principal facteur de cette santé du cerveau était la sociabilité. Les liens que l’on entretient avec les autres. Il me semble qu’il y a là quelque chose de sacré. Pour entretenir des relations saines avec les autres, ne se doit-on pas d’entretenir une relation saine avec soi-même ? Être à l’écoute, offrir le meilleur de soi et respecter le vivant. Voilà la spiritualité qui a du sens pour moi.

mai15

À propos Marie-Amélie Dubé

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