Une culture vivante et réactive – Entrevue avec Laura Chénard de RDL en spectacles

Texte | Priscilla Winling
Photo | Agence MAD

Laura Chénard est la toute nouvelle responsable des communications et du marketing de Rivière-du-Loup en spectacles. Elle nous parle de la programmation de septembre, qui s’adapte aux contraintes de ces moments particuliers, ainsi que de son coup de coeur du moment, Geoffroy. La Rumeur a profité d’un café pour faire plus ample connaissance avec cette personnalité solaire. Et ça n’a rien à voir avec ses cheveux blonds. Retrouvez l’intégralité de l’entrevue en balado sur notre site Internet (cliquez ici).

Disons que lorsque Laura est venue pour l’entrevue, et qu’ensuite j’ai appris qu’elle avait été joueuse de soccer à haut niveau pendant des années. Je me suis dit que ça expliquait bien son énergie, qui selon moi caractérise l’esprit sportif. Si elle a l’expertise de ce domaine, ce serait cependant une erreur que de réduire cette fan absolue de Kevin Morby, First Aid Kit et The National au seul univers du sport.

Des blessures répétées ont mis fin à sa carrière sportive longue de dix ans. Mais Laura, qui apprécie l’ouverture d’esprit chez ses ami·e·s, dispose tout autant de cette qualité. C’est ainsi qu’à l’université, son coeur balançait entre nutrition, archéologie et communication. Ces différentes orientations peuvent sembler très éloignées l’une de l’autre, mais elles ont à coeur l’humain (du passé comme du présent).

Après un baccalauréat en communication à l’Université de Montréal, Laura a compléteé avec un DESS en gestion des organismes culturels à HEC Montréal.

Quelques années passent. La native de Sainte-Luce, qui a grandi dans une ferme laitière entourée de quatre frères et soeurs, a eu comme bien d’autres le goût de revenir dans le Bas-Saint-Laurent. Après un poste de responsable des communications au Parc du Mont-Saint-Mathieu, cette récente habitante enthousiaste du Kamouraska entame en juillet 2020 un nouveau mandat qui lui permet de parler avec passion des artistes programmés, en particulier de Geoffroy (de passage à Rivière-du-Loup le 26 septembre) et des défis actuels du monde du spectacle, que l’équipe de Rivière-du-Loup en spectacles relève avec énergie et dynamisme.

P.W. : Pour Rivière-du-Loup en spectacles, comment ça va se passer dans les prochains mois ?

L.C. : Ça n’a pas été facile de se remettre sur pied, mais on était tellement contents de pouvoir revenir et d’avoir eu une subvention du CALQ pour nous aider avec les Mercredis Shows cet été ; Pour cet automne, contrairement aux autres années, on va avoir une programmation au mois. L’agilité est vraiment le mot d’ordre en ce moment. On doit être agiles et créatifs dans notre manière d’approcher la saison.

P.W. : Moins de vision sur le moyen-long terme, et plus de réactivité, j’imagine ?

L.C. : Exactement. Parce qu’on ne peut pas annoncer une programmation de saison dès le mois d’août, comme d’habitude. Donc, on y va mois par mois, avec l’annonce un mois avant. Nous n’aurons plus les séries habituelles, mais nous maintenons la diversité des arts. On est agiles et on va réussir à offrir de beaux spectacles comme toujours, mais avec 250 personnes maximum. Tous les spectacles vont se faire au Centre Culturel Berger, afin d’avoir une plus grande salle et de pouvoir appliquer les règles de distanciation physique.

P.W. : J’imagine que c’est aussi un défi en communication de travailler au mois, dans l’organisation d’événement. Comment ça se passe ?

L.C. : Je suis une personne qui aime agir sur l’instant, ça doit venir de mon côté sportif. En communication, on aime planifier vraiment d’avance, mais en ce moment, il s’agit d’être réactif. Ça se traduit en augmentant notre promotion numérique. Nous allons bientôt sortir une vidéo promotionnelle, ça sera un lancement plus virtuel. Mais l’objectif de la promotion numérique et virtuelle c’est d’amener les gens à venir nous voir physiquement. Je trouve que le contact humain est ce qu’il y a de plus important. On ne voulait vraiment pas aller dans la diffusion de spectacles uniquement en ligne ; c’était hors de question pour nous, même si le gouvernement nous offre beaucoup d’aide dans ce plan B. On veut vraiment miser sur les arts vivants en salle. Notre slogan pour la nouvelle saison est « Culture vivante ». Tout va tourner autour de ça, même notre visuel et notre décoration. On veut ajouter des plantes, changer des couleurs, des éléments plus vivants. Il n’y a rien de mieux que de voir un spectacle en salle avec les artistes sur scène. Voir un spectacle en ligne, dans son salon, ne pourra jamais remplacer ça.

P.W. : À propos de la programmation, est-ce que tu as des coups de coeur ? Des artistes que tu as très hâte de voir ?

L.C. : Oui. Au tout début de mon mandat, j’avais parlé du montréalais Geoffroy, un artiste que j’aime beaucoup, à notre directeur Frédéric Roussel. J’avais essayé de le voir en spectacle avant la pandémie, mais sans succès. Il a un style pop et électro, il marie beaucoup de sonorités. Nous allons le recevoir à Rivière-du-Loup en septembre, je suis vraiment contente. J’ai hâte de le voir sur scène. J’écoute Geoffroy partout et à fond dans l’auto, chez moi, c’est une musique autant relax que dynamique. Il y a toujours une chanson pour chaque émotion et chaque moment de la journée.

P.W. : As-tu d’autres recommandations, par exemple dans la danse, la performance ?

L.C. : Sans donner de nom précis, ce que je trouve intéressant dans notre travail avec Frédéric Roussel, c’est sa vision très diversifiée. Il veut amener beaucoup de danse, de musique classique aussi, une belle diversité de spectacles. Personnellement, j’aime beaucoup la danse contemporaine. J’aime aussi l’opéra, mais ça, ça viendra peut-être seulement dans quelques années. Mais oui, il va vraiment y en avoir pour tous les goûts.

P.W. : Vous avez une vision au mois, mais avezvous quand même planifié des choses pour le reste de l’année 2020 ?

L.C. : C’est vraiment mois par mois. Pour le moment, on a nos trois spectacles en septembre : Jacques Surette, un nouveau chanteur de la Nouvelle-Écosse avec sa belle identité acadienne qui ressort dans sa musique, Martin Petit en humour et Geoffroy, bien sûr. Pour octobre, c’est en cours. Nous annoncerons la programmation d’octobre au début septembre.

P.W. : En même temps, on peut voir le positif là-dedans il y a une attente chaque mois. Le public aura certainement hâte de savoir ce qui va arriver le mois suivant. Il y a plus de spontanéité, moins d’hésitation sûrement.

L.C. : Absolument. On a au moins un mois pour planifier les gens peuvent quand même prendre le temps de faire leurs sorties. Ça peut amener un sentiment de frénésie, de hâte, garder les gens en haleine. Septembre est un peu un essai on va voir la réponse des gens, et ça va nous donner l’heure juste pour la suite. C’est aussi l’occasion de recevoir des artistes de la relève qui fonctionnent bien dans un décor plus intimiste. Par exemple, on aurait pu faire le spectacle de Geoffroy au Cabaret des Mauvaises Habitudes, mais puisqu’on doit respecter la distanciation physique, on fera tout au Centre Culturel Berger. On verra comment les gens réagiront, malgré la grande salle et les différences liées à la pandémie.

P.W. : Je crois que les gens ont bien hâte de voir des spectacles en salle. En tout cas, autour de moi, je sens la hâte de simplement sortir et revoir des amis. Même les gens introvertis doivent en avoir assez !

L.C. : Oh oui, absolument (Rires.) Je ne sais pas si c’est le cas pour toutes les générations, mais pour la mienne, oui ; on a bien hâte de pouvoir revoir du monde. J’ai besoin d’avoir mes moments de solitude, mais aujourd’hui, après le confinement, on a tou·te·s besoin d’interaction avec les gens. On a tou·te·s besoin du contact humain.

P.W. : Est-ce qu’il y a un mot de la fin que tu aimerais partager ? Une citation, un poème, quelque chose qui t’a marquée ?

L.C. : En faisant des recherches sur l’art vivant, j’avais trouvé une citation que j’ai vraiment aimée, de Léon-Paul Fargue, un écrivain français : « En art, il faut croire avant d’aller y voir. » C’est une phrase qui m’inspire beaucoup. Quand je suis partie pour Montréal, j’avais seulement quinze ans, et même quand j’en avais six, je regardais la télévision et je me disais : « Un jour, je vais aller aux Jeux olympiques. » Et je l’ai toujours cru. Alors, pour moi, le mental, l’état d’esprit, croire en quelque chose, c’est fondamental. Et avec ce qui se passe aujourd’hui, cette citation-là reflète bien nos défis à venir. Si l’on croit vraiment en la culture, il n’y a rien de plus beau que d’aller en salle voir un spectacle directement.

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À propos Marie-Amélie Dubé

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