Un pas à la fois, ta montagne tu graviras

Texte | Christiane Plamondon
Photos | Défi Everest

Pour ma part, ma montagne s’appelle l’Everest, le Défi Everest. Pas le défi en équipe, que j’ai réalisé à plusieurs reprises par le passé, mais bien ce défi contre soi-même où l’on tente d’atteindre son propre sommet. Le Macadam Ultra : 48 heures dans cette côte mythique de Rivière-du-Loup, la Saint-Pierre.

Mon objectif ambitieux a toujours été de franchir les fameuses 100 montées… qui donnent 100 descentes, 100 km. Une grosse distance sur l’asphalte, à la marche la majorité du temps. Quand, dans mon salon en 2016, je me suis fixé cet objectif, je l’avais calculé assez simplement : deux montées à l’heure pendant 48 heures, ça donne 96. Il n’y a rien là, se rendre à 100 !

Tout compte fait, je n’y avais rien compris. Je n’ai pas réussi cette année-là ni en 2018, non plus en 2019. Et c’est là que le déclic s’est fait. Si je veux devenir une ultra marathonienne, une ultra coureuse, une ultra marcheuse… une ultra meilleure version de moi-même, eh bien, je dois mettre des efforts. C’est ainsi que j’ai arrêté de jalouser mes comparses qui réussissaient leurs 100 montées et que j’y ai mis autant d’efforts que mon horaire de maman monoparentale de trois enfants et entrepreneure me le permettait.

Je me suis donc élancée pour cette édition 2020, allégée, mais avec la rage de vaincre ce 100 km, la confiance que j’allais y parvenir. Nous étions 12 participant·e·s, une poignée de bénévoles dévoué·e·s et masqué·e·s, des gens que je remercie bien fort, malgré que je risque de ne pas les reconnaître dans la rue sans ce nouvel accessoire obligatoire.

Cette année, je n’ai pas vécu l’effervescence des centaines de participant·e·s qui se joignent à nous le dimanche. Mais bien égoïstement, j’en suis bien contente. J’ai pu témoigner de la victoire de Line avec ses 200 montées (204 au total, record de parcours), à celle de Marline, Karine, des deux Steph, Denise, Samuel et Dany ; de mon papa Paul qui a jasé avec tou·te·s ceux·celles qui voulaient franchir notre ligne de sécurité dans la côte (je sais maintenant d’où vient mon côté sécuritaire) ; de Ginette et Yvan qui ont dû baisser les armes et prendre soin de douleurs imprévues. Vous tou·te·s, je vous remercie d’avoir partagé mon Macadam. Vous m’avez permis de m’agenouiller à ma 100e montée, de jaser quelques secondes à la plaque. Vous avez respecté mon besoin de temps pour savourer ce moment. Quatre ans auront été nécessaires pour réaliser cet objectif que je croyais si facile à atteindre.

Cette année, je n’ai pas seulement franchi mes 100 montées. Cette année, je me suis mise de l’avant. J’ai pris soin de ma santé comme jamais. J’ai montré à mes enfants que lorsque la vie vous envoie des citrons, faites-en de la limonade. Après cette édition 2020, où j’ai terminé à 115 montées ou km, je peux maintenant le dire : je suis une ultra marathonienne. Pas parce que j’ai franchi plus qu’un marathon, mais parce que ma tête et mon coeur en sont convaincus.

Merci Défi Everest de m’avoir permis de découvrir et croire en ma propre valeur. Mon avenir m’appartient !

À propos Marie-Amélie Dubé

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