Un endroit fou : La Folgalerie

Texte et photos | Marie-Josée Saindon

Impossible que vous n’ayez jamais remarqué ce lieu situé quelque part entre Saint-Roch-des-Aulnaies et Saint-Jean-Port-Joli où divers appareils ménagers trônent ici et là sur le terrain ou perchés dans les arbres.

Mille fois nous sommes passé·e·s devant sans s’y arrêter, toujours un peu intrigué·e·s par ce que cachait cet endroit. La Folgalerie-jardin fou appartient à monsieur Daniel Hamelin, l’unique créateur de tout ce qui se retrouve sur le terrain surplombant le fleuve ainsi quand dans la galerie située à même la résidence, là où se trouve aussi un gîte décoré dans la belle folie de cet endroit particulier et rempli de belles réflexions.

L’exploration débute dans la résidence où se trouvent divers objets faits à partir de bûches, de macarons, de vieux jouets, des Barbie et dinosaures, des mappemondes réinventées. Plusieurs toiles s’y retrouvent aussi ; tout ça dans un décor harmonieux et coloré. Il y a derrière chaque création un clin d’oeil à l’enfance par la présence de jouets, mais aussi de couleurs vives. Puisque le gîte était inoccupé lors de notre passage, nous avons aussi pu y jeter un coup d’oeil. Assurément, le décor est bien à l’image de tout le reste, et la cour, très conviviale.

Au sous-sol se trouve l’atelier où monsieur Hamelin était à l’oeuvre lors de notre passage. Sympathique artiste, c’est un homme accueillant qui a pris le temps de nous faire un brin de jasette et de répondre aux mille questions de mon garçon, intrigué par tous les objets hétéroclites qui jonchaient le sol, ici et là dans la pièce.

Par la suite, nous nous sommes dirigé·e·s vers l’immense jardin où se trouvent dispersées une centaine de créations tout aussi originales les unes que les autres, mais toujours construites à partir d’objets du quotidien : des poussettes aux vieilles imprimantes, aux vieux écrans préhistoriques d’ordinateurs et de télévisions, en passant par des outils. Chaque assemblage porte un message écrit, tant poétique qu’engagé, empreint de valeurs et d’idéologies sans doute bien propres à l’auteur, et qui amène à réfléchir. Une touche d’humour, parfois sarcastique, parfois lucide, transparaît aussi un peu partout dans les écrits.

Sur le parcours, à plusieurs endroits se trouvent des écrans pris dans une cage. Le même message revient chaque fois : « Nous ne serons plus jamais seul·e·s, c’est promis. » Quand on y réfléchit, on ne peut nier la « trop » grande présence des écrans dans nos vies et toutes les répercussions qui viennent avec leur utilisation. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Nous nous sommes ainsi promené·e·s dans le jardin pour explorer chaque parcelle. Chaque oeuvre a un côté ludique, amusant, réfléchi. Hamelin écorche même la politique. Rien n’est là au hasard ! C’est tout un univers coloré et éclaté à découvrir et… à méditer !

C’est émerveillé·e·s que nous avons poursuivi notre route sur la 132 vers le Musée maritime du Québec à L’Islet pour découvrir l’histoire du Capitaine J. E. Bernier et du brise-glace Ernest-Lapointe, témoin unique de la navigation nordique qui a servi à déglacer le fleuve de Montréal à Trois-Rivières entre 1941 et 1978. La visite libre et interactive nous a permis de découvrir la salle des machines, la cabine du capitaine, la cuisine des matelots et le salon des invité·e·s, et de mieux comprendre le mode de vie des marins de l’époque. Bien évidemment, nous étions dans un tout autre registre, beaucoup moins loufoque et créatif, mais très instructif et intéressant.

Ce sont deux endroits à découvrir, situés dans la région voisine qui regorge de beaux endroits et surtout d’arrêts gourmands incontournables. Bonne visite !

À propos de Marie-Amélie Dubé

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