Tous ces livres… si peu de temps

Texte | Marie-Josée Saindon

Le titre de cette chronique n’aura jamais été aussi véridique. Pour novembre, j’ai opté pour des ouvrages plutôt brefs. Les librairies et bibliothèques débordent de romans graphiques, albums, bandes-dessinées qui explorent des thèmes très actuels. De belles lectures rapides, mais qui nous laissent rarement indifférent·e·s.

LE POIDS DES SEINS – NATHALIE LAGACÉ.
Éditions de l’Isatis. Collection Griff. Août 2021. 56 p.

Voici le dernier titre de l’excellente collection Griff ; collection qui aborde des thèmes sociétaux qui peuvent soulever de riches débats et surtout, portent à réfléchir sur des enjeux bien actuels.

Le poids des seins raconte comment les femmes doivent, au cours de leur vie, vivre avec tout ce que les seins apportent d’acceptation et de stéréotypes. Avec un vocabulaire ludique, l’autrice relate comment au fil du temps les seins se transforment, nourrissent, apportent des douleurs mensuelles, peuvent nous rendre cancéreuses. La place des femmes dans la société est aussi abordée. C’est beau. C’est touchant. Les images sont d’une beauté exceptionnelle, tendre et réconfortante. « Mais surtout – quel que soit le poids à porter – les filles continueront d’avancer. Oui, les filles continueront de se battre, parce qu’elles ne se limitent pas qu’au poids de leurs seins. » (page 55)

SI JE DISPARAIS – BRIANNA JONNIE AVEC NAHANNI SHINGOOSE ET NEAL SHANNACAPPO.
Éditions de l’Isatis. Collection Griff. 2021. 61 p.

Cet album, inspiré d’une histoire vraie (ou de plusieurs histoires similaires), de la même collection que Le poids des seins, aborde aussi un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre ces deux dernières années : le traitement des femmes autochtones. L’autrice est une jeune fille de 14 ans qui dénonce le manque de rapidité des instances policières quand vient le temps d’intervenir auprès des adolescentes de sa communauté qui disparaissent. Le point de départ : une lettre qu’elle a réellement envoyée au chef de police de Winnipeg pour sensibiliser la population à cette problématique. Le roman utilise une narration au « je », ce qui crée un effet percutant. Comme lecteur·trice, on ne peut rester insensible à ces crimes canadiens. Les droits de la personne bafoués de tout un peuple sont au coeur de ce roman graphique essentiellement en noir et blanc, où figurent quelques apparitions de rouge ici et là. Raconté sobrement, sans flafla, ce récit est questionnant sur la façon dont la société a traité les Autochtones. Il porte à réfléchir bien longtemps après avoir refermé la couverture.

LE PETIT ASTRONAUTE – JEAN-PAUL EID.
La Pastèque. Avril 2021. 156 p.

Immense coup de coeur pour cette bande-dessinée qui nous fait réaliser à quel point la santé est un cadeau d’une valeur infinie. Chaque année, Juliette retourne dans le quartier de son enfance. Devant l’appartement où elle a vécu avec sa famille, dont Tom, son petit frère astronaute atteint de paralysie cérébrale, se trouve une affiche « À vendre – Visite libre ». Curieuse, elle retourne dans les pièces de la maison remplies de souvenirs. C’est là qu’elle nous ouvre un pan de sa vie, alors qu’elle grandissait avec un petit frère hors du commun.

C’est une belle histoire de différence racontée par la grande soeur qui espérait tant l’arrivée d’un petit frère pour jouer avec elle. Elle essaie de comprendre pourquoi ce mauvais sort est tombé sur sa famille. Avec une belle poésie, sensible et lumineuse, l’auteur raconte le quotidien d’une famille qui doit vivre avec un enfant lourdement handicapé, les sacrifices, le regard des autres, mais aussi tout le bonheur d’avoir un enfant qui grandit différemment.

Ce roman graphique va vous émouvoir, assurément.

À propos de Marie-Amélie Dubé

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