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Toqueville en parlait il y a 180 ans

Texte : Samuel E.J. Giguère, Chef du parti royaliste du Québec

On trouve généralement déplorable que les affaires politiques suscitent relativement peu d’intérêt dans la population. Alexis de Tocqueville expliquait ce phénomène dans son ouvrage De la démocratie en Amérique paru dans la première moitié du 19e siècle. Issu de l’aristocratie française dans un temps assez rapproché de la Révolution, Tocqueville fit un séjour aux États-Unis qui lui permit de saisir les particularités de la société démocratique naissante en Amérique, en comparaison aux régimes aristocratiques qui dominèrent l’Europe pendant plus d’un millénaire. Voyons quelques extraits :

« Dans les démocraties, les hommes ne sont jamais fixes ; mille hasards les font sans cesse changer de place, et il règne presque toujours je ne sais quoi d’imprévu et, pour ainsi dire, d’improvisé dans leur vie. »

« Dans les aristocraties, chacun n’a qu’un seul but qu’il poursuit sans cesse ; mais chez les peuples démocratiques, l’existence de l’homme est plus compliquée… »

« Non seulement ils n’ont pas le goût de s’occuper du public, mais souvent le temps leur manque pour le faire. La vie privée est si active dans les temps démocratiques, si agitée, si remplie de désirs, de travaux, qu’il ne reste presque plus d’énergie ni de loisir à chaque homme pour la vie politique. »

Ainsi selon Tocqueville, puisque la principale motivation de beaucoup de gens sous des régimes démocratiques est d’améliorer leur condition dans l’immédiat et le concret, l’implication politique n’est pas dans leurs priorités :

« Il est difficile de faire participer le peuple au gouvernement ; il est plus difficile encore de lui donner les sentiments qui lui manquent pour bien gouverner. »

Mais monsieur de Tocqueville, y a-t-il de l’espoir ?

« Il ne dépend pas des lois de ranimer les croyances qui s’éteignent ; mais il dépend des lois d’intéresser les hommes aux destinées de leur pays. Il dépend des lois de réveiller et de diriger cet instinct vague de la partie qui n’abandonne jamais le coeur des hommes, et, en le liant aux pensées, aux passions, aux habitudes de chaque jour, d’en faire un sentiment réfléchi et durable. Et qu’on ne dise point qu’il est trop tard pour le tenter ; les nations ne vieillissent point de la même manière que les hommes. Chaque génération qui nait dans leur sein est comme un peuple nouveau qui vient s’offrir à la main du législateur. »

Winston Churchill disait que « la démocratie est le pire système politique, à l’exception de tous les autres ». On peut en comprendre qu’il apparaît moins pire qu’une bonne partie du pouvoir politique soit potentiellement réparti dans toute la population même si peu de gens s’en servent, que ce pouvoir comme à des époques passées soit concentré dans quelques mains qui travaillent pour leurs intérêts sans qu’il soit possible pour le peuple de s’en saisir.

À propos Marie-Amélie Dubé

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