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Tiques, puces et plus… Si affinités!

par Marylin Lemire m.v. – Photo foter.com

 

Le printemps est à nos portes, avec ses promesses de beau temps. On attend avec impatience le retour de la chaleur et plusieurs personnes maudissent en silence l’hiver qui s’étire dans son manteau blanc. Même si certains en doutent, l’hiver a de bons côtés ! Durant toute la période où le mercure s’est tenu sous la barre du 4 degrés Celsius, l’hiver a tenu en respect les grandes familles de parasites qui, depuis des milliers d’années, ont évolué dans un seul but : utiliser les mammifères et les oiseaux comme garde-manger et mode de survie, leur refilant au passage maladies et désagréments plus ou moins graves. Avec le redoux, cette belle société de parasites se réveille et tout animal en contact avec l’extérieur est à risque de rencontres… qui sont loin d’être romantiques ! Heureusement, avec leur connaissance des divers nématodes, protozoaires et arthropodes (et un avantage certain au Scrabble), les vétérinaires peuvent vous informer et vous aider à éviter les relations toxiques ou dépendantes pour votre cher petit compagnon. Voici donc un survol des parasites rencontrés dans nos régions ainsi que des informations sur les risques d’infestations pour vos animaux… et même pour vous !

 

PARASITES INTERNES
Les parasites internes sont bien casaniers ! Leur but ultime est de vivre leur vie à l’abri, à l’intérieur de leur hôte. Selon l’espèce, ils auront une préférence pour un organe ou un autre. Équilibristes, ils chercheront à utiliser au maximum les ressources de leur milieu sans le détruire, mais n’y parviennent pas toujours. C’est le cas d’un des parasites les plus dangereux, le ver du coeur. Son nom est bien choisi : transmis par l’intermédiaire des charmants moustiques, le parasite immature (microfilaire) flâne dans le sang en attendant de devenir adulte et de s’installer dans le coeur. Une fois bien installé, il peut causer la mort du chien ou du chat chez qui il a élu domicile en entravant la bonne circulation du sang et la contraction du muscle cardiaque. C’est un vrai bourreau des coeurs ! Heureusement encore peu répandu dans le Bas-Saint-Laurent, il est par contre de plus en plus présent au sud-est de la ville de Québec. Des tests de dépistage aux deux ans sont recommandés pour dépister la maladie à ses débuts et ainsi empêcher des conséquences graves. D’autres parasites ont quant à eux élu domicile depuis belle lurette dans nos régions et courtisent nos cours arrière, nos boisés et les petits animaux qui s’y trouvent. De par leur façon de mâchouiller, lécher et sentir tout ce qu’ils trouvent à l’extérieur, nos chiens et nos chats peuvent avaler les oeufs de nombreuses espèces de ver qui cherchent à s’installer dans leurs intestins pour se nourrir de la paroi intestinale et pondre leurs oeufs… qui contamineront à nouveau vos gazons. Il est faux de croire que si vous ne voyez pas de ver dans les selles de votre animal que cela veut dire qu’il en est exempt. Il faudra une infestation majeure pour qu’on voie des vers adultes dans les selles. La plupart du temps, seulement les oeufs seront expulsés et sont invisibles à l’oeil nu. Le genre tænia est un peu différent. Il est plus fréquent chez les animaux qui chassent. Ce ver expulse des segments qui ressemblent à des grains de riz qui bougent. Toutes les espèces de parasites colonisant les intestins peuvent causer des inconforts digestifs et parfois de la diarrhée. De plus, les infestations non traitées peuvent conduire à des inflammations chroniques sévères de même qu’à des carences alimentaires. Certains nématodes peuvent se transmettre à l’humain par contact fécal-oral (mains mal lavées). Les jeunes enfants sont plus à risque, de par leur hygiène plus ou moins orthodoxe. Une dernière famille de parasites internes peut causer des désagréments à nos animaux, surtout les chiots et chatons. Ce sont les protozoaires, des parasites microscopiques unicellulaires. Les plus courants sont les coccidies, les giardies et les crytosporidium, qui causent en général des diarrhées importantes et un inconfort significatif. Dans cette famille se trouve aussi toxoplasma, un protozoaire qui peut, quoique très rarement, causer des avortements chez la femme et est transmis par les selles des chats. Tous ces agents protozoaires sont des zoonoses potentielles (ce qui veut dire que la contamination de l’humain est possible). Les jeunes enfants et toutes personnes avec un système immunitaire plus faible sont à risque. Il ne faut toutefois pas paniquer. D’une part, les précautions de base sur l’hygiène des mains, surtout après avoir nettoyé la litière ou manipulé des selles, sont suffisantes pour pratiquement éliminer les risques d’une contamination par tous les genres de protozoaires. D’autre part, la toxoplasmose est seulement excrétée par de jeunes chats qui chassent ou encore de vieux chats avec moins d’immunité. En fait, il est beaucoup plus commun d’attraper ce genre de parasites en dégustant un légume de jardin mal lavé qui aurait été en contact avec des selles de chat, en mangeant de la viande crue ou en jouant dans un carré de sable !

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« Nos chats, chiens, lapins, furets, cochons d’Inde, alouette ! peuvent avoir des poux, des mites de peau, mites d’oreilles, mites de becs, etc. »

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PARASITES EXTERNES
Les parasites qualifiés d’externes vivent à temps partiel sur nos animaux chéris. Considérant plus l’animal (ou l’humain) comme une voiture-restaurant, ils cherchent à faire un court trajet durant un repas, question de refaire leurs forces pour retourner pondre dans un nouvel environnement, se multipliant ainsi de façon exponentielle (dans le but évident de conquérir le monde !). Parfois porteurs de maladies, ces petits visiteurs peuvent causer beaucoup de dommages… C’est le cas des « adorables » tiques. Ces arthropodes ressemblent à de mini-araignées vampires. Auparavant cantonnées au sud de la frontière, ces Américaines ont changé de cap et ont déplacé leurs pénates dans nos régions ! Peut-être se sauvent-elles en masse de Donald Trump ? Une chose est sûre, une fois le seuil du 4 degrés Celsius atteint, elles sont activement à la recherche de sang neuf… Le modus operandi est simple. La tique attend sur son brin d’herbe qu’un animal à sang chaud passe près d’elle. Elle s’agrippe alors et cherche quelques heures un coin chaud et humide dans lequel elle va planter ses petits crocs. Elle se gave alors de sang (de 10 à 100 fois leur poids initial !) passant de la taille d’une tête d’épingle à celle d’un gros raisin sec. Une fois repue, 3 à 14 jours plus tard, elle se détache et tombe sur le sol. Selon son stade, elle va alors muer ou pondre des oeufs. Parfois, les tiques se regroupent pour « manger en gang » ! Il nous est déjà arrivé de retirer plus de 40 tiques sur le même animal. Les tiques n’ont pas tendance à envahir les maisons comme le font les puces. Notez que, bien qu’elle soit rare, une espèce semble toutefois avoir cette capacité : la tique rhipicephaleus sanguineus ou tique brune. Une fois installée, elle est excessivement difficile à éradiquer. Les tiques sont parfois porteuses de maladies : Lyme, anaplasmose ou ehrlichiose, pour en nommer quelquesunes. La maladie de Lyme est celle que nous avons le plus souvent rencontrée. Elle se caractérise le plus souvent par de la fièvre et des boiteries. De rares cas d’atteintes rénales graves ont été rapportés. Pour plus d’information, consultez la page www.hopitalveterinairerdl.com/maladie-delyme-riviere-du-loup/. La maladie de Lyme a été rapportée chez le chien, mais le chat semble y être résistant. Par contre, le chat peut souffrir d’autres maladies transmises par les tiques et agit au même titre que le chien comme multiplicateur en fournissant aux tiques le sang essentiel à leur reproduction.

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Parmi les autres indésirables en augmentation, notons les puces. Présentes durant toute la saison chaude (et à l’année dans les intérieurs qu’elles ont colonisés), elles sont néanmoins plus nombreuses en août et en septembre. La puce a une préférence pour l’espèce féline, mais se contentera de chiens, lapins ou humains s’il le faut. Les animaux vont se contaminer en se promenant à l’extérieur. Une fois établie à l’intérieur, la puce va pondre et ses oeufs peuvent survivre très longtemps. La liste des parasites externes est toutefois beaucoup plus longue ! Nos chats, chiens, lapins, furets, cochons d’Inde, alouette ! peuvent avoir des poux, des mites de peau, mites d’oreilles, mites de becs, etc. Ces mites et poux se nourrissent des débris de peau et vont causer des démangeaisons. Parfois, les démangeaisons seront tellement intenses, qu’elles peuvent être confondues avec des convulsions ! Non traitées, ces infestations peuvent amener des infections plus ou moins sévères et très inconfortables pour votre animal. La façon la plus efficace de protéger vos animaux, votre famille et votre foyer est d’agir en amont de l’infestation par une prévention efficace. Dans le cas des tiques, qui sont actives dès le dégel, les traitements préventifs doivent être appliqués dès la fin avril ou le début mai. Tous les autres parasites s’activeront vers la mi-mai ou le début juin avec le retour de la chaleur : il faudra donc prévoir le coup ! De nombreux produits préventifs combinés (parasites internes et externes), sécuritaires et très efficaces ont été développés pour les chiens et les chats. Ces produits, utilisés en général sur une base mensuelle, permettront à pitou et minou de vivre l’aventure du dehors. Vous éviterez de vous propulser dans l’aventure du « sauve qui pique » et autres cauchemars, tout comme le risque de contracter une maladie grave. Selon le mode de vie de votre animal, votre vétérinaire vous conseillera le produit le plus adapté vous permettant de profiter pleinement de la belle saison ! Et si au terme de cet article vous avez commencé à vous gratter… ne vous en faites pas, c’est votre empathie qui parle… du moins, c’est ce que nous espérons !

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À propos Marie-Amélie Dubé

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