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Thierry Chen, le pèlerin du bonheur, le semeur de paix

Texte et illustration : Charlène Dupasquier

Après avoir été en colère pour ce qui arrivait à mes amis Thierry et Christine, après la peine et l’incompréhension, le temps est à la résilience, à l’acceptation.

De toi, Thierry, il reste tout. Rien n’est parti. Tu as tant fait pour ta communauté, l’auberge, aider le monde dans le besoin, la Tribu que tu as fondée pour partager cet amour de la randonnée en pleine nature, ta cuisine communautaire où l’on apprend à déguster de la nourriture vivante, saine et écologique, l’enseignement et l’accompagnement spirituel que tu prodiguais avec générosité et bienveillance… Il reste tout, dans ce grand tout où la boucle est bouclée. Ton empreinte est grande en ce monde. Suivre tes pas est un jeu délicieux au goût de véracité, donnant envie de croquer la vie à pleine dent. Ton enseignement a touché quiconque t’a croisé. Et il prend à présent tout son sens, toute son ampleur.

Te voilà dans ce lieu inconnu, thébaïde. Tu continues de guider nos pas sur le chemin du mieux, du beau. Vers la sagesse de vivre le moment présent… Et jusqu’à ton dernier souffle, toi, accompagné d’une âme magnifique tout aussi grande, ta douce Christine, vous nous apprenez encore ce que signifie ce mot : ÊTRE

Vivre ce présent, tel qu’il est. L’accepter tout beau, l’accepter tout moche ; l’accepter ben droit, l’accepter tout croche. Ta sagacité face à la situation, Thierry, fut déconcertante pour moi. Le mutisme n’est pas ce qui me définit hein ! Tu en as ri souvent. Ris-en encore, car tu es le seul à m’avoir cloué le bec pour de vrai mon ami ! Mon chum te jalouse tellement il est impossible de me faire taire habituellement ! ! Et ce jour-là, ce 4 avril 2019, aux soins intensifs, même jour où nous célébrions mon mariage d’amour chez vous 4 ans auparavant (toute une symbolique resserrant encore plus les liens qui nous unissent à vous dans mon coeur), je n’ai pas su t’exprimer comment je vivais ma peine.

Pourtant , tu nous le demandais. Tu es si grand, je me sentais si petite. Tu es si perspicace et sage, je me sentais si confuse. Tu étais si serein et fort… et moi si triste et labile.

Maintenant, je comprends. Je comprends votre enseignement. La claque fut violente, mais je l’entends… je t’écoute, comme on a toujours tou.te.s aimé le faire. À la différence que cette fois, je comprends.

Je comprends, grâce à vous, toute l’ampleur de la vie, de la force douce qu’il faut pour l’apprécier à sa juste valeur et telle qu’elle est dans sa parfaite imperfection. Te voir souffrir me mettait hors de moi. Insupportable…

Mais toi, tu souriais, tu t’intéressais à nous, aux ressentis qui nous déchiraient, tu voulais qu’on t’en parle, car ton intérêt a toujours été de faire du bien autour de toi. Impossible de te le dire, tu m’as dit de te l’écrire. Alors voilà ! Tu m’as dit sentir un bouillonnement d’émotions incoercibles en moi . Ben oui, mais il ne pouvait pas sortir par la voix.

Et pourtant, je voulais te le redire encore : la terre est bien chanceuse que tes pas aient foulé son sol. Les personnes qui ont croisé ta route, ohhh mon ami, elles sont plus que chanceuses celles-là ! Elles sont bénies ! C’est plus qu’une chance que de t’avoir côtoyé, c’est un cadeau de la vie ! Et de toi nous garderons ce lien précieux… incarnation de la bienveillance, de la compassion, de la générosité, Thierry, Christine, vous apportez à nos vies des biens précieux. De ces richesses qui rendent le monde plus beau. Elles ne sont pas palpables, elles se vivent. Grâce à vous, nos yeux s’ouvrent sur la vraie beauté de la vie.

Monsieur Proust, avant de se goinfrer de madeleines, nous disait « Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur ; elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries. » …. Thierry, tu as fait de nous des jardins luxuriants aux mille et une couleurs. Merci d’avoir été ce merveilleux jardinier, merci d’avoir été simplement toi. Je penserai à toi pour de nombreuses choses, pis ben des fois !

Comme à chaque chocolat de Roanne ; tu sais, ceux de noël dont tu étais si friand, qui une fois déballés, nous offrent leur petit message de sagesse comme les biscuits chinois. Finalement, ces chocolats étaient vraiment faits pour toi ! Ce sera toujours une dédicace à notre amitié, à chaque bouchée. Et pis tu sais quoi, on va s’la taper l’Appalachian Trail, et t’as intérêt à nous guider d’là haut, mais pas d’entourloupe hein ! Je sais ben petit plaisantin, que tu rirais ben de nous perdre quelques journées ! ! Mais on le fera pour toi, et pour Christine. Et à l’arrivée, on pourra y trouver un panneau , en ta mémoire, en ton honneur, pour rappeler au monde qu’il y a des êtres dans la vie, avec une âme si belle, qu’ils méritent qu’on les écoute au-delà des frontières et qu’on suive leurs traces. Vous faites tous les deux partie de ces êtres lumineux.

Lâcher-prise.
Envol.
Paix.
GRATITUDE.

Avec tout mon amour pour vous deux.

Charly . D

À propos Marie-Amélie Dubé

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