Tente aux murmures : Là où le vent se lève et les voix s’élèvent

Texte | Gabrielle Rousseau
Photo | SupremeRyan, pixabay.com

Un murmure… comme le crépitement d’un feu dans le campement, le bruit du vent dans les arbres, les secrets à dire à voix basse, la chanson douce d’une mère à son enfant. – Armelle et Peppo Audigane

Un murmure… c’est le calme, la douceur, le son des vagues du fleuve, le romantisme des mots d’amour. – Dave Jenniss

Un murmure… c’est la voix de mes ancêtres que j’entends dans le bruissement des arbres chaque fois que le vent souffle sur nos territoires. J’entends aussi cette voix dans chaque rivière qui coule vers le Pekuakami. – Patrick Courtois

À l’occasion de la 25e édition du Rendez-vous des Grandes Gueules, la magie d’une parole libérée opérera évidemment entre les quatre murs de vieux bois de la Forge à Bérubé. Mais cette année, le feu du forgeron fera de vives étincelles jusqu’aux abords du fleuve Saint-Laurent, là où la nouvelle Tente aux murmures aura planté ses piquets robustes et tendu ses larges toiles.

LE CRÉPITEMENT DU FEU, LE BRUIT DU VENT, LE SON DES VAGUES…

On l’appelle Tente aux murmures parce qu’elle vibrera d’abord au rythme des éléments naturels : les pétards des flammes qui la réchauffent, les plaintes des vagues qui s’y jettent, les tambourinages de la pluie qui y tombe. Née d’une volonté de mettre de côté le contexte plus classique du conte en salle, la Tente sera un espace de “ racontage » sous le signe de la convivialité d’une théière partagée, où Dame nature influencera à sa façon l’expérience spectateur·trice et inspirera peut-être la performance des artistes. Quelque part entre le conte-spectacle et le récit de bouche-à-oreille, la Tente aux murmures souhaite exploiter une autre manière de raconter, dans l’informel et la spontanéité d’un environnement hors du temps.

DES SECRETS À VOIX BASSE, UNE DOUCE BERCEUSE, DES MOTS D’AMOUR…

La Tente aux murmures, c’est aussi un lieu inclusif à l’ambiance chaleureuse et intime qui accorde une place centrale aux voix plus marginalisées de l’univers du conte. Plusieurs artistes issu·e·s de communautés autochtones et de communautés nomades se succéderont sous la tente, “ osant porter leur parole plus loin que leur communauté », “ démontrant le courage d’afficher leur différence par rapport au reste du monde », “ tissant des liens entre les artistes afin de construire des ponts qui seront passages d’une culture à l’autre » (Armelle et Peppo Audigane). C’est aussi parce que “ chaque voix est marginale, que chaque personne est différente et apporte un nouveau souffle au conte, à l’histoire qu’il raconte » (Dave Jenniss) que sera érigée et habitée la Tente aux murmures. Soirées de contes et de récits, ateliers de création et Cafés de la parole sont donc au programme pour celles et ceux qui ont envie de se faire confier, chanter, et raconter les murmures d’ici et d’ailleurs, d’autrefois et de maintenant.

CAFÉ DE LA PAROLE MILLÉNAIRE

La Tente aux murmures sera l’hôte de trois Cafés de la parole. Le premier, Contes et cultures autochtones, accueillera entre autres Joséphine Bacon et Patrick Courtois. Ce dernier, Innu de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean, compte y partager la richesse de la tradition orale plusieurs fois millénaire de sa Première Nation. Armelle et Peppo Audigane feront partie des artistes invité·e·s au Café de la parole en formule table ronde intitulé Regards croisés sur le nomadisme et la sédentarisation. S’appuyant sur la vie actuelle des peuples voyageurs français, Armelle Audigane, conteuse rom, et Peppo Audigane, musicien voyageur, traiteront du rejet par la population des Gens du voyage et de leurs traditions, ainsi que de l’acceptation de leurs différentes formes d’art. On pourra également assister à un Café de la parole en formule conférence, Faire Ondinnok. Rêver, créer, renaître. 35 ans de création théâtrale autochtone, avec Dave Jenniss. L’acteur, metteur en scène et dramaturge d’origine malécite y parlera notamment de l’art qui peut transformer des vies, du théâtre de guérison, de la longévité et la pertinence en 2021 de sa compagnie de théâtre Ondinnok, fondée il y a 35 ans, et de ses façons d’approcher l’écriture et la direction d’acteur.

On me murmure à l’oreille que la Tente sera l’endroit tout indiqué pour vivre votre festival bien-aimé à travers une expérience fort enrichissante, bercée par les soupirs d’un vent qui se lève et l’écho de voix importantes qui s’élèvent.

PROGRAMMATION DE LA TENTE AUX MURMURES

Mardi 5 oct.
20 h Atelier de création de contes avec François Lavallée

Mercredi 6 oct.
14 h Atelier de poésie-slam avec Amélie Prévost
17 h Atelier de poésie-slam avec Amélie Prévost
19 h Le feu des mots : Cabaret de contes et feu de camp près de la Tente aux murmures

Jeudi 7 oct.
16 h 30 Café de la parole – table ronde : Contes et cultures autochtones avec Joséphine Bacon, Kathia Rock, Patrick Courtois, Evan Kuakuapishish (artistes à confirmer)

Vendredi 8 oct.
15 h Café de la parole – table ronde: Regards croisés sur le nomadisme et la sédentarisation avec Armelle et Peppo Audigane, Nicole O’Bomsawin, Germaine Mesténapéo, Jacques Newashish (artistes à confirmer)

Samedi 9 oct.
10 h Atelier de récit d’immigration avec Marta Sænz de la Calzada
17 h Café de la parole – conférence : Faire Ondinnok. Rêver, créer, renaître. 35 ans de création théâtrale autochtone avec Dave Jenniss

Dimanche 10 oct.
17 h Les grands et petits récits : cabaret de contes et récits

À propos de Marie-Amélie Dubé

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