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Témoignages

« Sans chèque, 24 ans »
– Gabriel Luneau Hachey, citoyen

Ce qui m’a le plus découragé de bénéficier de l’aide sociale, c’est la paperasse et le contrôle. Ne pas avoir vraiment eu de domicile fixe ces dernières années, ne pas vouloir être fiché comme habitant à un endroit où je n’habite que temporairement et, par exemple, priver un ami de son crédit pour personne vivant seule, ou encore, être enchaîné, d’une manière, à l’endroit où je suis censé habiter.

Ça vient aussi d’un désir d’une certaine autonomie. Avoir pas ou peu de revenus m’a permis d’apprendre à en dépendre le moins possible, d’aller en dehors des manières conventionnelles/industrielles de subvenir à mes besoins. J’ai l’immense chance de m’être découvert des forces et des passions, à travers plusieurs ateliers, rencontres d’autres passionné.e.s, lectures et expériences, qui subviennent en grande partie à deux des plus importants besoins : me nourrir et me soigner. Également, d’avoir les capacités de les mettre en oeuvre et d’avoir accès au territoire et à ses richesses en l’habitant (d’une manière ou d’une autre).

« Prendre la parole »
– Nicole Ducas, citoyenne engagée du Témiscouata

Je demeure avec ma mère âgée, dans un rang au Témiscouata. Je suis sur l’aide de dernier recours. À un certain moment, j’ai dû faire un choix pas facile. Soit je laissais ma mère seule dans sa maison avec son handicap (problème au niveau des jambes l’empêchant de se déplacer correctement) en déménageant pour me trouver un emploi, soit je demeure avec elle pour m’en occuper. Dans mon coeur de fille, j’ai pris la décision de ne pas l’abandonner à son triste sort et de vivre avec elle.

Mais voilà ! Avec cette décision viennent des conséquences. Au ministère de l’Emploi et de la Solidarité, je suis une personne apte à travailler. Je ne suis pas reconnue comme proche aidante. On me coupe même ma prestation parce que je vis chez ma mère. Mon stress devient grandissant à l’idée que ma prestation soit diminuée si je ne fais pas les démarches requises par la loi pour intégrer le marché du travail. J’aimerais bien me trouver un emploi pour avoir plus d’argent et ne plus subir de préjugés. Durant ces démarches, j’ai découvert un organisme qui fait de la défense de droits. On m’a invitée à m’impliquer bénévolement dans les comités de travail.

Au fil des années, j’ai acquis une expérience grandissante et une confiance en moi. J’ai découvert que l’exemple de mon implication pouvait aider les gens à prendre parole comme j’apprends à le faire devant public. Dernièrement, il m’a été offert de participer comme citoyenne au 3e plan de lutte à la pauvreté. C’est dans le cadre du plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale (PAGIEPS). Cette fois-ci, le gouvernement demande une collaboration citoyenne importante dans le processus décisionnel. Ils veulent recueillir des témoignages de gens qui ont été ou qui sont en situation de précarité. Comme la parole citoyenne est reconnue, j’ai accepté. Je vous invite à vous joindre à ma voix pour exprimer vos idées et opinions dans vos MRC locales. Cette tribune nous est offerte, profitons-en !

À propos Marie-Amélie Dubé

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