Steve | MRC de Kamouraska

Bonjour à tous ! Mon nom est Steve Lévesque et je suis travailleur de rue. Mon territoire s’étend de la ville de La Pocatière jusqu’à Saint-Alexandre. Notre point de départ est Tandem-Jeunesse de La Pocatière, une Auberge du coeur, ressource communautaire pour les jeunes en difficulté. On me demande pourquoi je fais ce que je fais. Je réponds alors « pourquoi pas ? ». Le monde moderne se compose de milieux institués et de milieux marginaux. Étant moi-même marginal de par ma sensibilité artistique de rêveur, et sachant que je me devais de faire une différence dans le monde, je me suis dirigé à la bonne place : le travail de rue.

MAIS LE TRAVAIL DE RUE, C’EST QUOI POUR MOI ?
C’est être un aidant professionnel et un agent de changement, un petit pas à la fois, sans perdre ma propre couleur ou la richesse de ma créativité. Tout en étant professionnel, éthique, et chevauchant les différents milieux (écoles, maisons de jeunes, CLSC, hôpitaux, ressources communautaires, cafés, rues, parcs, bars), j’écoute, j’observe, j’accompagne, je guide, je réfère, j’aide et j’offre ma présence là où elle est utile et nécessaire.

Le travail de rue, c’est aller vers l’autre, et tendre une main qui est la nôtre.

Le travail de rue, c’est oser écouter, le silence criant devant la douleur occultée.

Le travail de rue, c’est oser regarder là où trop de gens sont ignorés.

Le travail de rue, c’est oser toucher l’esprit et les coeurs de ceux qui composent notre société, sans juger.

Le travail de rue, c’est vivre mille réalités uniques, souffrantes, touchantes, et devoir s’ajuster, aider, respirer, sans s’essouffler.

Le travail de rue, c’est partager une tonne de moments uniques et sacrés.

Le travail de rue, c’est arpenter un univers parfois trop mécanisé et désorganisé pour apporter davantage d’humanité au coeur d’individus brisés, fracturés, déracinés, censurés, et avec une graine de possible, pour y semer l’espoir et aider à s’enraciner.

La région est un endroit étendu avec deux centres majeurs : La Pocatière, et Saint-Pascal. Comme nous ne sommes que deux, ma collègue Catherine Marsolais et moi, il est difficile de couvrir tout le territoire. Outre ce qu’un·e travailleur·euse de rue rencontre dans sa réalité (consommation, dépendance, violence occasionnelle sous différentes formes, santé mentale, etc.), il arrive de voir de plus en plus de besoins alimentaires. En effet, des étudiant·e·s, des usager·ère·s de l’aide sociale, ou encore des travailleur·euse·s n’arrivent plus à s’alimenter et/ou à alimenter leur famille convenablement. Aussi, plusieurs ont besoin d’aide en psychiatrie ou avec la cour de justice située à Rivière-du-Loup, et les services de transport de la région ne sont plus offerts depuis quelque temps, ce qui pour moi, est une absence très visible. Mais on tente de s’ajuster, car le travail de rue c’est ça aussi, l’adaptabilité.

Du mardi au samedi, Catherine et moi, ainsi que le reste de l’équipe de travail de Tandem, sommes toujours présent·e·s et prêt·e·s à vous tendre la main, et le coeur.

Vous pouvez appeler en tout temps au 418 856-2202 ou encore laisser un message à l’adresse suivante : seism@tandem-jeunesse.com.

Photo | Nadine Boulianne

À propos Marie-Amélie Dubé

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