Slam

de Frank Malenfant par Lily Pinsonneault – Photo Mathias-Charles Harvey-Morin

La saison régulière de slam à Rivière-du-Loup est déjà terminée, mais ce n’est pas fini, il reste deux demi-finales et une finale ! Pour cette dernière régulière, sept femmes ont pris d’assaut la scène, dont deux nouvelles participantes qui ont remporté la soirée. Nous souhaitons donc la bienvenue à Émie Bernier-Hudon (2e place) et à Lily Pinsonneault, qui a charmé la foule et les juges pour remporter une participation à la finale d’avril. On se donne rendez-vous le mercredi 14 mars dès 20 h pour la première demi-finale !

 

Tu suis.
Je suis le doute quand ton père te dit non.
Je suis le snooze de ton réveil-matin.
Je suis l’allée numéro huit de ton épicerie, je ne suis jamais seul et je sais que tu viens tous les mardis
Seulement pour lorgner mes rayons.
Je suis la fenêtre du troisième étage de l’aile C.
Hier tu es venue, même si le jour était mercredi.
Une défaite, tu avais besoin d’une défaite plus que de moi.
J’ai vu les plaques dans ton cou, pas ton sourir. Ce n’est pas nouveau, je préfère t’ignorer, c’est tout.
Continue de battre les oeufs, tu finiras peut-être par faire une omelette.
Habituellement on se voit le jeudi quand tu as trop bu, je te le répète, nous n’étions que mercredi.
Je suis ta fin de semaine, ton cellulaire, ton oreiller.
Et tu me chantes des chansons. Et tu chantes mal, mon poussin.
Oui, tais-toi… Tu te demandes si j’ai déjà raconté tout cela.
Tu n’oseras jamais me questionner sur ce que je dis de toi.
Je ne parle pas de nous.
Je suis ta crème pour le corps. Je suis le soleil, le dimanche et la pluie le mardi.
Je suis le chat que tu flattes en pensant à deux filles qui s’embrassent.
Je ne serai jamais là pour toi.
Tu continues de me dire bonne nuit, pauvre toi.
Je ne t’ai jamais vue.
Je n’ai jamais remarqué tes grains de beauté. Je ne serai jamais désolation.
Pleures-tu ? Non, s’il te plaît pas ça, souris-moi comme tu sais que j’aime.
Ah merci.
Je suis la satisfaction.
Et tu recommences.
Sache, petite fleur, a beau mentir qui vient en toi.
Je te jure : Le vendredi soir, je suis ton mal de tête.
Je suis en formation. En gestation, en strangulation.
J’ai jadis été l’aiguille qui t’a percé le nombril. Et la nappe sur laquelle tu échappais ton verre de lait.
Petite insouciante. Ta mère avait raison.
Assez parlé d’elle, moi maintenant.
Je suis l’angulosité et le genou.
Le samedi matin, je suis l’heure à laquelle tu dois te réveiller.
Je suis Noël et les vacances qui vont avec. Surprise !
Non, je ne suis pas l’église. Chut, arrête avec ces images.
Ah non, c’était dans ma tête, toi tu ne parles jamais.
Tu suis.

 

mars27

À propos Marie-Amélie Dubé

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