Simon Lavoie

RÉALISATEUR
JEUDI 3 FÉVRIER – 14H
Nulle trace (2020, 105 min)

À quoi sert le cinéma, et qu’est-ce que cela vous apporte ?

Le cinéma est un art. Si l’on veut jouer sur les mots, comme tout art, on pourrait dire qu’il ne sert à rien. On ne se dit pas « À quoi sert la peinture ? », « À quoi sert la sculpture ? ». Ce sont des moyens d’expression. Le cinéma en tant qu’art n’a donc pas de fonction utilitaire, mais en revanche, il nous apporte beaucoup. Le cinéma nous permet de partager des expériences humaines, de partager des émotions. Si je prends ma propre expérience, le cinéma m’a souvent aidé à mieux vivre, littéralement. Il m’a permis de me sentir moins seul en ce sens qu’en étant touché par un film, je me suis soudainement senti proche du·de la cinéaste qui l’avait fait.

Un de vos plus beaux souvenirs cinématographiques comme spectateur, et pourquoi ?

L’un des souvenirs les plus marquants dans ma vie de cinéphile s’est déroulé à Montréal à l’automne 1998. J’étais alors un étudiant en cinéma âgé de 19 ans. Interpelé par une critique que j’avais dû lire quelque part, je m’étais rendu un après-midi de semaine sur le boulevard Saint-Laurent, dans la toute petite salle de projection du Cinéma Parallèle (avant l’époque Excentris, quand le Cinéma Parallèle était adjoint à un petit café). À l’heure prévue de la projection, me voyant le seul et unique spectateur de la séance, le projectionniste m’avait demandé si j’étais prêt à ce que le film soit projeté. Le film Mère et fils d’Alexandre Sokourov s’est alors déployé sous mon seul regard médusé. Ce jour-là, j’ai découvert un type de cinéma dont je soupçonnais à peine l’existence. Je ne m’en suis pas vraiment remis depuis…

Une anecdote que vous partagez avec Maxime Giroux ?

C’est l’acteur Martin Dubreuil qui m’a présenté Maxime Giroux en 2003. Je m’apprêtais à tourner mon premier court-métrage de fiction avec ce même Martin Dubreuil et l’actrice Isabelle Blais. Martin me parlait souvent de son ami Maxime et il m’avait prêté une cassette VHS d’un court-métrage dont il était très fier et qu’il avait tourné avec lui l’année d’avant ; un film qui portait le titre énigmatique Projet 3. En visionnant ce film, j’étais vraiment impressionné par son audace et sa radicalité. J’étais d’autant plus curieux de rencontrer son auteur… J’ignorais bien que, 18 ans plus tard, Maxime mettrait en images l’un de mes scénarios, celui du thriller financier Norbourg.

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