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Sauvagines : Quand s’allient poésie et revendications

Texte Catherine Limoges

Lors du lancement de Sauvagines, Myriam Caron-Belzile, éditrice chez XYZ a présenté Gabrielle Filteau-Chiba comme étant « la voix des êtres à quatre pattes ou à plumes qui ne peuvent pas voter ». Cette présentation est en soi un résumé de cet ouvrage qui allie à la fois suspense et poésie. On y retrouve la même douceur et le même amour des mots que dans son premier roman Encabanée, mais cette fois-ci l’autrice nous fait voyager dans l’arrière-pays du Kamouraska à travers l’histoire de Raphaëlle. Garde-chasse de métier, elle voue un amour inconditionnel pour ces forêts et pour les bêtes qui les habitent. À cet amour se joint un sentiment d’impuissance qui gronde en elle, étant aux premières loges d’un important problème de braconnage qui sévit dans la région. Un sentiment alimenté par l’inaction des autorités qui ferment les yeux sur un domaine d’activité illégale, mais qui permet de faire rouler l’économie. S’approchant d’un peu trop près de la vérité, elle sera alors elle-même victime d’un de ces hommes, le plus dangereux de tous. S’ensuivra une chasse au braconnier qui ne laissera personne indemne. Épaulée par ses amis Anouk et Lionel, Raphaëlle tentera de mettre hors d’état de nuire celui qui tue illégalement les habitants de la forêt et qui fait des ravages jusque dans les villages du Kamouraska.

Ce deuxième roman est avant tout une ode à la vie, à la bienveillance et au respect. Un roman qui raconte un amour passionné d’une humaine pour la nature. Un amour protecteur de maman ours qui protège ses petits. Par la richesse de son écriture, Gabrielle Filteau-Chiba nous livre un puissant plaidoyer où environnementalisme et féminisme sont deux côtés d’une même médaille. Des mots pour les victimes d’abus, les victimes animales qui tombent trop souvent dans l’oubli, les écosystèmes toujours dans la mire des industriels, mais aussi les victimes d’abus sexuels et psychologiques que la terreur fait taire. Sans tomber dans le piège d’une moralisation clichée, l’autrice plaide pour un respect universel qui dicterait les techniques de chasse et nos rapports entre humains. L’un de ces romans qui ébranlent et forcent à réfléchir. Un roman dont on ne peut sortir inchangé.e.

À propos Marie-Amélie Dubé

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