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Saisonnalité : Moyens et astuces des producteurs

texte Édith Deschênes | photo JHA Photographie

 

Parlons d’une réalité que les épiceries et autres magasins grandes surfaces ont tendance à nous faire oublier, parlons saisonnalité. Maintenant avec des produits qui viennent de partout dans le monde, il y a de tout, tout le temps.

Si l’on se reporte à une époque pas si lointaine, toutes les familles avaient un endroit pour entreposer les conserves qui avaient été préparées au fil des récoltes. Petits pots de confitures, ketchups, macédoines, fruits dans le sirop et autres marinades s’alignaient dans un joyeux mélange de couleurs et de saveurs. À l’automne, on prenait soin de bien entreposer les carottes, pommes de terre, navets et autres légumes de conservation afin d’avoir assez de provisions pour passer la rude saison. De nos jours, tout est accessible en tout temps, ce qui fait qu’on a perdu, du moins en partie, l’habitude de se nourrir selon les saisons. Maintenant, les gens s’étonnent presque de ne pas voir du maïs sur les étals des producteurs locaux dès le mois de juin et souhaiteraient avoir des épinards en pleine canicule. Chaque légume et petit fruit a des besoins spécifiques et un temps de production qui lui est propre. Il y a des légumes de climat froid qu’on ne retrouvera qu’au printemps ou à l’automne. D’autres ont besoin de plus de temps et de chaleur pour venir à maturité, c’est le cas du maïs et de la tomate. Chaque région a aussi son climat ; il est parfaitement normal que la région de Montréal soit en avance sur le Bas- Saint-Laurent, même La Pocatière aura un peu d’avance sur Rivière-du-Loup. Chaque année est différente, un printemps plus hâtif peut faire toute la différence, alors qu’un gel tardif au printemps ou hâtif à l’automne pourrait compromettre une partie des récoltes.

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Les producteurs rivalisent maintenant de moyens et d’astuces pour devancer la saison ou la prolonger : production en serre, utilisation de grands ou de mini tunnels, semer des variétés avec des périodes de maturations différentes, transplanter plutôt que semer directement, choix de variétés plus hâtives ou plus résistantes au froid ou à la chaleur, utilisation de paillis pour maximiser la chaleur ou la lumière. Il existe maintenant des fraises d’automne et des framboises à production remontante qui permettent de prolonger la période de récoltes. Du côté animal aussi on essaie de déjouer la nature. Par exemple, on ajoutera de la lumière dans les poulaillers pour que la ponte se poursuive toute l’année, alors que les poules, qui sont naturellement sensibles à la longueur du jour, diminueraient la ponte pendant les jours courts. Dans le cas des agneaux aussi on jouera avec la longueur du jour afin que les agnelages ne se produisent pas tous au même moment. Soyez solidaire de vos producteurs locaux qui mettent tant d’efforts pour vous offrir des produits de qualité. Pensez à conserver toute cette fraîcheur et toutes ces saveurs qui vous sont offertes, redécouvrez le plaisir de faire des conserves ou de congeler les surplus. Ainsi, vous pourrez retrouver un peu de la belle saison en plein hiver. Visitez le Marché public Lafontaine tous les samedis de 10 h à 15 h, la période d’abondance débute, c’est le bon moment de commencer à faire vos réserves.

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À propos Marie-Amélie Dubé

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