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Révolutions

texte Les Déferlantistes

Dans leur première exposition, Les Déférlantistes se questionnent sur la révolution. À travers l’histoire de l’humanité, l’humain s’est transformé, a évolué de diverses façons afin de devenir celui qu’il est aujourd’hui. Quatre de nos artistes présentent différents textes poétiques sur leur conception, leur définition de la révolution, de façon générale ou personnelle.

OURAGAN II

Myriam Saint-Pierre

je suis une révolution
je suis du Soleil à Pluton
je suis la Terre et la Lune
l’espace infini jusqu’au fond de l’océan
je suis ton corps et ta tête
je suis ta victoire sur toi-même
la mer d’encre dans laquelle tu te noies
la tempête impossible à couler
les côtes indomptables que tu ne vois pas
je suis une révolution

SANS TITRE

Leïa-Morgan Boilard

La révolution, c’est notre futur,
notre changement, notre espoir. C’est la
première petite fleur que l’on voit le printemps.
Une révolution, c’est ce dont nous avons besoin
pour changer notre futur si noir.

AIMER À NOTRE FAÇON

Mathilde Harvey-Morin

Te sourire, te caresser, t’embrasser, t’aimer.
C’est ce que je veux vivre avec toi, peu importe que tu sois homme ou femme, en qui tu crois ou d’où tu viens.
Te sourire, te caresser, t’embrasser, t’aimer.
C’est ce que le regard de l’Autre a peur, car on ne le fait pas à sa façon, car on est différent de sa définition de « bien ».
C’est ainsi qu’on a dû se cacher, se déguiser afin de satisfaire le regard de l’autre malintentionné.
Silencieux, nous avons tous souffert de leurs regards haineux de vipères, de leur incompréhension, car notre amour n’était que pour eux une variation.
Je veux te sourire, t’embrasser, t’aimer.
Sans avoir à me cacher, sans avoir peur d’être blessée.
S’il le faut, je crierai « révolution ».
J’ignorerai leurs conditions, car on n’a pas besoin de règles et de leurs conversations pour aimer à notre façon.

32

Youna Houle-Kermarrec

Je fais ma propre révolution.
J’ai 32 ans, le temps m’a déjà abattu, mais j’suis perdu dans un fond de rang pour reconstruire le vide au fond de mon coeur.
J’ai une barbe pis une touffe de cheveux qui touche à terre. J’suis toujours habillé de la même façon, avec mon carreauté rouge, mon béret noir trop grand pis mes grosses bottes trouées, trouvées, y’a de ça quelques années, dans une friperie. Dans le temps où je vivais à Montréal pis que j’me brisais le corps dans drogue.
Je bois beaucoup.
Je suis seul.
Je sors de désintox, mais je révolutionne ce que je suis, même si j’ai mal à vie.
Mais je viens vivre une réconciliation du corps icitte. Un pardon à soi-même.
Je fume ma cigarette sur le bord de mon shack en bois rond.
Ça fait deux ans que je vis dedans, je l’ai construit à hache pis à sueur de mes bras.
Je suis seul, mais j’ai mon jardin où je fais pousser mon tabac, pis des légumes que je mange pas vraiment.
Fait-y frette l’hiver dans mon camp, j’me colle après le chien pis je me gèle les couilles si je remets pas du bois dans mon petit poêle qui fournit pas.
J’vais chercher de l’eau avec mon chien, accroché à un traîneau. Ce bon vieux pitou-là me traîne moé pis les gallons d’eau.
Je construis ma maison.
Je vis seul.
Je fume encore, mais j’y pense, il me manque juste une femme à mes côtés, à qui je pourrais faire l’amour sur le plancher de ma future maison.
Je rêve, mais voilà que j’t’attends ma douce inconnue, on va vivre une vie folle pis s’aimer dans le gris du temps pis dans le frette de l’hiver au fond du bois comme les étrangers que nous sommes.

Les Déferlantistes vous convient au vernissage de leur prochaine exposition nommée Révolution, le 16 janvier 2019 à 17 h au Café l’Innocent.

À propos Marie-Amélie Dubé

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