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Retraite – À quel âge devrait-on commencer à se préparer ?

texte Annabelle Dumais | M. Sc., Pl. Fin.

 

Le concept même de la retraite a beaucoup évolué au cours des dernières années. Les travailleurs prennent leur retraite plus jeune et bénéficient d’une plus longue espérance de vie[1]. Perçue anciennement comme un événement ponctuel, la retraite est maintenant perçue davantage comme une transition. On note d’ailleurs que de nombreuses personnes diminuent graduellement leur nombre de jours ou d’heures de travail ou encore alternent entre des périodes d’emploi et de non-emploi durant la dernière période de leur carrière[1]. Peu importe comment se concrétisera cette étape importante de votre vie, le succès se trouvera en grande partie dans sa planification. Selon Retraite Québec, 55 % des Québécois âgés et Québécoises âgées de 35 à 54 ans n’ont aucune idée de l’épargne annuelle nécessaire pour se procurer un revenu convenable à la retraite[2]. Pour ne pas faire partie de cette statistique, voici comment s’y prendre et à partir de quand s’y attarder.

 

L’IMPORTANCE DE COMMENCER TÔT
Pour plusieurs qui débutent sur le marché du travail, la retraite semble un concept plutôt abstrait, lointain et surtout en bas de la liste des priorités financières. Durant cette phase, on doit jongler avec le remboursement de l’hypothèque et des dettes, le paiement des factures, des assurances, les loisirs, les dépenses pour les enfants. Bref, on se concentre principalement sur la gestion de ses finances quotidiennes. Pendant cela, on laisse sur la touche son meilleur allié financier : l’intérêt composé. L’intérêt composé, c’est le nom que l’on donne au principe de réaliser des intérêts sur des intérêts, un peu comme un « effet boule de neige ». Plus on pourra bénéficier de cet effet, moins on devra faire d’efforts pour épargner et atteindre le même résultat. Donc oui, ce n’est pas facile de se projeter dans le futur et de penser à sa retraite quand on a 25 ans, mais c’est « mauditement payant » de le faire ! Sceptique ? Voyez par vous-même, car les chiffres parlent d’eux-mêmes lorsqu’on compare à rendement et cotisation égaux (5 % annualisé et 104 000 $ épargné) deux moments pour commencer l’épargne :

1- À l’âge de 25 ans au rythme de 50 $/ semaine, vous aurez accumulé 321 406 $ à 65 ans* ;
2- À l’âge de 40 ans au rythme de 80 $/ semaine, vous aurez accumulé 203 260 $ à 65 ans*.
Pour un effort semblable d’épargne, le simple fait de commencer plus tôt vous enrichit de près de 120 000 $ !

Pour s’imposer une telle discipline d’épargne, il faut bien évidemment y trouver un sens. Pourquoi se priver maintenant pour plus tard alors que des milliers d’incertitudes et de raisons pourraient remettre en question ce « sacrifice » ? Il devient alors primordial de se fixer un objectif et d’avoir un plan pour y parvenir.

ÉTABLIR UN QUAND ET UN COMBIEN
L’objectif d’épargne en vue de la retraite dépendra évidemment de l’âge souhaité et des besoins de revenus à ce moment. Deux paramètres très variables d’une personne à l’autre. Sachant que l’âge moyen de la retraite au Canada est de 63 ans3 et que le versement des prestations des régimes publics (RRQ et SV) sans pénalité débute à 65 ans1, on ne se trompe pas beaucoup en utilisant un chiffre s’y rapprochant. Reste à déterminer combien d’argent vous aurez besoin annuellement. Selon le nombre d’années avant la retraite, il existe trois méthodes pour le déterminer :

1– À plus de 15 ans de la retraite : la méthode du 70 %. Cette règle stipule que le remplacement de 70 % des revenus bruts préretraite va suffire à conserver le même niveau de vie à la retraite. Elle constitue quand même un bon point de départ de discussion et de réflexion.
2– De 5 à 15 ans de la retraite : l’approche fiscale. Cette méthode vise à conserver le même niveau de revenu net avant et après la retraite, mais en éliminant les dépenses qui disparaîtront (cotisation au RRQ, au RQAP, à l’A.-E., aux primes d’assurance collective, aux dépenses liées au mode de vie : transport, enfants, etc., à l’épargne pour la retraite).
3– À moins de 5 ans de la retraite : l’approche budgétaire. C ette a pproche é tant l a p lus précise, elle consiste à établir son budget actuel et ensuite à déterminer quelles dépenses seront affectées par la retraite, que ce soit à la hausse ou à la baisse.

CONNAÎTRE LES SOURCES DE REVENUS
D’où proviendra ce fameux revenu de retraite ? On estime que les régimes publics soit le Régime de rentes (RRQ) et la Pension de la Sécurité de vieillesse (SV) ainsi que le Supplément de revenu garanti (SRG) permettraient de remplacer autour de 41 % du revenu pour une rémunération correspondant à la moyenne au Québec, soit 45 000 $4. Ce pourcentage tendra à diminuer avec l’augmentation du revenu. Puisque seulement 37,5 % des employés bénéficient d’un régime de pension agréé4, la plupart devront compter sur leurs propres moyens pour se doter d’un revenu de retraite convenable et combler l’écart.

TENIR COMPTE DE L’INFLATION ET DU RENDEMENT DE VOTRE PORTEFEUILLE
Finalement, il ne faut pas oublier que le coût de la vie augmente avec les années, c’est ce qu’on appelle l’inflation. Si votre revenu brut actuel est de 50 000 $, dans 30 ans, pour maintenir le même niveau de vie, il devrait être d’un peu plus de 90 000 $5. Le rendement de votre portefeuille d’épargne devra donc au minimum générer un rendement égal ou, idéalement, supérieur à l’inflation, sans quoi il perd de la valeur. De plus, la performance de ce dernier aura un impact majeur sur le résultat final, et ce, plus le nombre d’années est élevé avant la retraite. Sur une période de 30 ans, le simple fait d’obtenir un rendement moyen de 1 % supérieur fait grimper la cagnotte de près de 20 %.

 

PLANIFIER SA RETRAITE EN BREF
Commencer à y penser le plus tôt possible : vous aurez moins d’efforts à y consacrer.
Chiffrer votre objectif de retraite (quand et combien) et déterminer l’épargne et le rendement requis pour y arriver.
Porter une attention particulière à la performance de votre portefeuille.
Faites-vous accompagner par un planificateur financier qui saura établir avec vous la meilleure stratégie.

 

Références :
1-Solution IQPF module 7 : www.solutioniqpf.org
2-Sensibilisation à l’importance de la planification financière de la retraite – Sondage 2017 : cdn.iris-recherche.qc.ca/uploads/publication/file/Note_retraite_2018_WEB.pdf
3-Statistique Canada, CANSIM, tableau 282-005I : www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1410006001
4-Évolution des statistiques sur les retraites – www.cdn.irisrecherche.qc.ca/uploads/publication/file/Note_retraite_2018_WEB.pdf
5-Norme d’hypothèse IQPF 2018 : www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1410006001

 

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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