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Rencontre d’une femme inspirée et inspirante

par Loïc Lafrance, photo Kay-Sha Ouellet

 

Mme Sylvie Pomerleau a fait un don culturel au Collège Notre-Dame de Rivière-du-Loup en remettant à la Fondation du Collège son oeuvre intitulée Le temps des possibles.

 

Loïc Lafrance : D’où provient votre inspiration ? Avez-vous une muse ?
Sylvie Pomerleau : Je n’ai pas de muse ! Ou si j’en ai une, c’est la nature. Je dirais que mon inspiration est la force de la nature ; le combat entre la vie et la mort, c’est quelque chose que j’aime observer. Une mer tranquille, un coup de vent, un paysage changeant, cela m’inspire depuis toujours. Au départ, mes premières oeuvres représentaient les espèces en voie d’extinction, où le combat entre la vie et la mort était très présent et, avec le temps, c’est mon regard sur la nature qui m’inspire davantage.

L.L. : Pourquoi faire ce don au Collège ?
S.P. : Premièrement, j’ai vraiment été honorée qu’on me fasse cette demande parce que le passage au secondaire est une étape importante de la vie. Comme on voulait une toile représentative du Collège, j’ai orienté ma réflexion sur le regard qu’on y a sur le fleuve. Les années où j’avais la chance d’être assise dans une classe avec vue sur le fleuve et les montagnes, c’était pour moi le bonheur. Comme j’étais assez lunatique, le fait de pouvoir m’enfuir par la fenêtre m’apaisait et c’est un peu ce que l’on retrouve dans l’oeuvre.

L.L. : Qu’est-ce que le Collège vous a apporté en tant qu’élève ?
S.P. : Question délicate ! Adolescente, j’étais de nature assez contestataire. J’aimais confronter les règlements et prendre position ; je n’hésitais pas à m’affirmer. J’ai grandi avec cette attitude, celle de remettre les choses en question. J’ai eu un très bon professeur d’arts plastiques, soeur Hélène Grondin. Cette enseignante a vraiment su me faire aimer les cours d’arts, j’étais dans mon élément. Elle nous parlait de culture aussi et m’a fait découvrir les premiers artistes contemporains. Ce partage de connaissances a été très important dans ma vie de jeune.

L.L. : Pourquoi ces choix de couleurs ?
S.P. : Ce sont des teintes en lien avec la nature, très présentes dans mes oeuvres. Le bleu, le gris, les couleurs chaudes, toutes ces couleurs représentent la force, la profondeur de la nature et notre regard sur celle-ci.

L.L. : Pourquoi avez-vous décidé d’étudier en arts et qu’est-ce que cela vous a apporté ?
S.P. : Après m’être inscrite au cégep en sciences de la nature, j’ai découvert que l’art pouvait m’ouvrir de nouveaux horizons et qu’un DEC en arts pouvait mener à plusieurs programmes offerts en sciences humaines. J’ai ressenti ce besoin de faire de la recherche ; en arts, on travaille beaucoup sur soi, on apprend à se connaître et j’ai trouvé ça très stimulant. Mon parcours en arts représente de belles années, autant au cégep qu’à l’université.

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L.L. : Votre oeuvre, que représente-t-elle pour vous ?
S.P. : La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est l’image de la fenêtre. On observe sur la toile l’architecture d’une fenêtre et ce qu’on y voit à travers. La fenêtre symbolise la projection vers l’avenir et je pense que le passage au secondaire, c’est la plaque tournante de ce que l’on devient plus tard. C’est tout ce champ de possibilités qui est représenté dans Le temps des possibles et c’est à travers cette fenêtre qu’on le découvre.

L.L. : Est-ce qu’un monde sans art est possible ?
S.P. : Si on était des animaux, mais on n’en est pas ! Je pense que l’art, c’est ce qui nous permet de vivre, ce qui stimule notre quotidien. L’art est partout autour de nous, par la peinture, la sculpture, la photographie, etc. Voir, apprendre à voir ce qu’il y a autour de nous, c’est ce que nous apporte l’art et nous rend heureux.

L.L. : Pour conclure, travaillez-vous sur un projet actuellement ?
S.P. : Le travail d’un artiste en est un de recherche, de réflexion, de création. J’enseigne au cégep et, quand j’évalue les travaux de mes étudiants, je fais une recherche. En lien avec Le temps des possibles, je désire continuer à concevoir des tableaux avec beaucoup de matières. C’est quelque chose qui ne cessera jamais d’être présent dans mon travail !

 

La reproduction de l’oeuvre est disponible au Collège Notre-Dame (56, rue Saint-Henri) au coût de 150 $. Tous les profits sont remis à la Fondation du Collège Notre-Dame.

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