Regard sur la dernière année

Texte_Centre d’aide aux proches aidants des Basques
Photo_Catherine Roy | Illustration_Léa Delignies

Il est souvent question de la résilience comme étant la capacité de rebondir face à une situation inattendue et déstabilisante. Il peut s’avérer pertinent de pousser la réflexion plus loin et d’avancer que la résilience implique également d’entreprendre un processus de transformation qui permet de ressortir plus forte, en tant que personne et en tant qu’organisation. L’équipe du CAPAB, le Centre d’aide aux proches aidants des Basques, propose
cette vision de la résilience à partir de son expérience de la dernière année vécue sous le signe de la pandémie. Une aventure déstabilisante, mais qui a permis d’opérer une transformation ingénieuse de nos façons de faire, de collaborer et de s’entraider. Malgré la fatigue et les moments de détresse, peut-être en sommes-nous devenus plus fort·e·s ?

La grande déstabilisation

Comme tout le monde, nous avons vécu le mois de mars 2020 comme une période surréaliste marquée par les annonces gouvernementales de confinement et les nouvelles sensationnalistes liées à la COVID-19. Le confinement est venu nous déstabiliser individuellement et collectivement. Les premières semaines ont forcé l’interruption des activités de groupe et la fermeture des milieux de vie, mais très rapidement, les groupes communautaires sont passés à l’action. Des cellules de crise ont été formées, les réunions virtuelles se sont multipliées, l’adrénaline s’est emparée des acteur·trice·s du milieu en vue de relever ce défi collectif qui s’imposait dans nos vies. La tradition communautaire d’entretenir des groupes tissés serrés a permis de mettre en place dès le mois d’avril 2020 des structures de soutien pour les personnes plus vulnérables de nos communautés.

Rester debout

Cette pandémie a révélé toute l’importance des relations sociales que nous tenons trop souvent pour acquises. Paradoxalement, le confinement imposé par les différents gouvernements a plongé les gens dans une situation d’isolement, à un moment où il·elle·s avaient encore plus besoin de soutien et de chaleur humaine. Dans ce contexte, il aurait été facile de baisser les bras, mais les groupes communautaires ont plutôt choisi de rester debout. Faisant preuve d’audace et d’originalité, les équipes de travail ont proposé des activités nouvelles. Au CAPAB, nous avons mis en place des groupes d’entraide en ligne, des groupes en plein air, des marches en forêt, de l’accompagnement de balcon, entre autres. De ce désir d’adaptation est aussi né un projet de poésie porteur d’espoir et de sensibilité. La mise en projet occupe, change les idées et offre un répit à la souffrance. La poésie soigne. Les personnes proches aidantes ont aussi fait preuve de résilience et ont embarqué dans nos propositions. Après tout, ne sont-elles pas déjà expertes dans l’art de s’adapter aux changements ?

Faire attention à nous

L’adaptation aux règles sanitaires ne fut pas chose facile, mais la transformation qui s’est opérée a permis d’élargir nos champs d’action et nos plateformes de soutien. Ces nouveautés resteront possiblement ancrées dans nos pratiques pour les années à venir, au grand bénéfice de nos communautés. Il sera primordial pour les différentes organisations de dresser un bilan de cette dernière année en portant attention à la santé physique et mentale des personnes formant leurs équipes de travail. L’adrénaline des derniers mois pourrait facilement céder la place à l’épuisement généralisé. À nous de mettre en place les mécanismes nécessaires pour maintenir le niveau d’énergie et la motivation de ces milliers de gens qui à travers le Québec tissent ce filet social faisant notre fierté. En espérant que les gouvernements comprennent enfin la leçon et qu’ils offrent aux organismes communautaires un soutien financier digne de ce nom.

À propos de Marie-Amélie Dubé

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