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Réflexion poétique sur les baleines franches empêtrées dans les engins de pêche

texte et oeuvre Caroline Jacques

Peindre le tragique est toujours délicat. Pourtant, lorsque l’on est sensible à la biodiversité, amoureux des animaux, et lorsque ceux-ci vivent des tragédies, cela nous touche.

En tant qu’artiste, je ressens souvent le besoin de m’exprimer sur ces thématiques troublantes, comme on peut le voir aussi dans le projet sur les changements climatiques (https://carolinejacques0.wixsite.com/art-portfolio/changements-climatiques), je recherche des façon de mettre en scène des tragédies, tout en préservant la beauté. On pourrait dire que je tente de représenter la nature tant dans sa beauté que dans ses blessures. Le mot « poétique » dans le titre de la série est important, il évoque bien ce désir que j’ai de mettre en relief, avec des couleurs, des images, et des formes, une tragédie, une ambiance…. un événement triste.

Alors que les mauvaises nouvelles environnementales pleuvent dans les médias, dans ma recherche esthétique, je tente de trouver un équilibre entre le message que portent mes oeuvres et la beauté. J’ai l’ultime conviction que le changement réside dans cette beauté qui saura nous toucher au lieu de créer un dédain. UN des moyens que j’utilise est de faire un focus sur l’oeil de mes baleines, des animaux que je représente. Je désire que son regard rencontre celui du spectateur afin qu’un lien se crée. Ce lien sera peut-être la genèse d’un sentiment empathique, alors que les mauvaises nouvelles agissent souvent en provoquant le dégoût, puis la fermeture.

J’espère que mes toiles permettent la création d’un lien avec le spectateur. Ce lien, en fait, c’est de l’amour pour cette créature, et l’amour est une énergie positive, elle vaut mieux que l’inquiétude, le dégoût, la tristesse. L’amour nous permet de nous mobiliser, d’espérer et on a bien besoin d’espoir ces temps-ci.

Il reste environ 400 baleines franches dans notre région du monde. Elles vivent dans un secteur où la navigation est très abondante. Elles fréquentent des secteurs où il y a de la pêche. Bref, leur mode de vie fait en sorte qu’elles sont menacées par le nôtre… Ces toiles ont été faites avec l’espoir que nous trouverons une solution afin que cette espèce ne disparaisse pas à jamais.

Le 15 juin dernier, Caroline Jacques recevait le prestigieux prix Robert Bateman de la Fédération Canadienne de la Faune (FCF), remis à une artiste qui par sa création et ses projets sensibilise la population à la préservation de la nature. La FCF est l’une des plus grandes organisations de conservation au Canada et leur mission consiste à assurer que les populations d’animaux sauvages et leurs habitats soient conservés de manière durable pour les générations futures. La murale représentant la vie dans les eaux du Saint-Laurent, sur les murs de l’école Grand-Pavois-de-Sainte-Agnès à Rimouski s’est échelonné sur trois ans, a mobilisé plus de 500 enfants de la maternelle jusqu’à la sixième année et présente la biodiversité du Saint-Laurent, l’histoire et la géographie de la région et ses défis écologiques. La murale est beaucoup plus qu’une inspiration : c’est un outil pédagogique inestimable pour permettre aux jeunes de mieux comprendre le fleuve, les espèces qui composent sa biodiversité et les actions nécessaires pour protéger sa santé.

À propos Marie-Amélie Dubé

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