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Quel beau métier ! Parlons du domaine agricole !

texte Édith Deschênes, les Jardins d’Édith

Peu importe le domaine agricole dans lequel vous évoluez, je suis certaine que vous avez déjà entendu cette exclamation. Quel beau métier vous pratiquez, j’aimerais bien être à votre place ! Les gens ont une vision parfois un peu trop bucolique de ce que peut être l’agriculture, le contact avec la nature et les animaux, le travail de la terre, les bons légumes etc. Et pourtant, combien de fois auriez-vous aimé leur céder votre place que pour quelques heures ou quelques jours. L’agriculture, c’est bien plus qu’un métier, c’est une passion.

Le contact avec la nature et les animaux, c’est super… Cependant, on est trop souvent soumis aux aléas de Dame Nature. Trop sec, trop chaud, inondation, hiver trop rude, printemps tardif, gel hâtif, tellement de facteurs peuvent influencer les productions. Les conséquences d’un été de sécheresse ou de conditions hivernales défavorables peuvent se faire ressentir bien au-delà de la saison ellemême : mauvaises récoltes, manque de foin, pertes dans les productions. Les animaux aussi souffrent de conditions climatiques extrêmes. Qu’il s’agisse des légumes, des plantes fourragères ou des animaux, il faut garder en tête que l’on travaille avec du vivant, tout peut arriver. Maladies, invasions d’insectes, stress, mise bas difficile, mauvaise germination, il faut rester vigilant.e. La belle saison est courte, ce qui amène souvent de longues heures de travail pour semer, récolter, faire les foins… Combien de fois un.e agriculteur.trice est-il.elle encore aux champs bien après que la noirceur soit tombée, espérant terminer le travail avant que la pluie survienne.

Petites ou grandes exploitations, les défis sont les mêmes : endettement, recherche de financement, manque de main-d’oeuvre, mise en marché. Un.e agriculteur.trice porte bien souvent plusieurs chapeaux. Il.elle doit aussi maintenant faire face à l’isolement. Auparavant, dans les campagnes, les fermes étaient nombreuses, plusieurs vivaient les mêmes réalités. Aujourd’hui, le.la fermier.ère se sent parfois bien seul.e au bout de son rang. Les villages sont devenus des banlieues, les voisin.e.s se plaignent de l’odeur les jours d’épandage. Les agriculteur.trice.s sont accusé.e.s de bien des maux : pollution, gaz à effet de serre, maltraitance animale, etc., par des gens qui souvent s’y connaissent peu ou qui ne regardent que le côté de la médaille qui leur plaît. Les normes se resserrent toujours, entrainant investissements et nouvelles méthodes de travail, et le.la plus petit.e doit se soumettre aux mêmes normes que le.la géant.e. Plus la taille de l’entreprise est importante, plus les dépenses vont de pair : tracteurs, machinerie, bâtiments, achats d’animaux ou de terres. Votre voisin.e agriculteur.trice semble bien riche mais n’allez pas voir son compte en banque, ses emprunts et sa marge de crédit, car vous pourriez avoir le vertige.

Accord de libre-échange Canada-Union européenne et renégociation de l’ALÉNA devenu l’AEUMC, l’agriculture canadienne doit composer avec de nouvelles réalités qui ne sont pas à son avantage. Les productions sous gestion de l’offre que l’on croyait protégées voire intouchables ont vu les choses changer. D’un côté, on laisse entrer des produits de l’étranger en les soumettant à des normes moins strictes que celles exigées pour les produits locaux et, de l’autre côté, les petit.e.s producteur.trice.s québécois.e.s tentent de faire augmenter les droits de produire hors quota, principalement pour les volailles, et les choses stagnent.

C’est bien peu, un peu plus de 500 mots pour vous dire que l’agriculture au Québec, ce n’est pas toujours rose, que les gouvernements semblent parfois considérer l’agriculture comme un mal nécessaire et que trop souvent la population oublie que sans les fermes et les agriculteur.trice.s, les tablettes du supermarché seraient plutôt vides.

Pourtant, il suffit de peu pour que l’étincelle rejaillisse, que la passion reprenne le dessus et donne la force de continuer. Visitez les marchés publics et les kiosques fermiers, encouragez les producteur.trice.s locaux.ales. Pour eux.elles, savoir que leurs produits sont appréciés vaut souvent plus que tous les tributs.

À propos Marie-Amélie Dubé

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