Quand y’a un os sous les pieds

Texte et Photo | Marie-Amélie Dubé, Agence MAD

« Quand j’étais ado, il y avait de gros trous dans la montée du village qui menait jusqu’à chez moi, et un jour la mairie a décidé de les boucher avec la terre du cimetière. Quand je revenais chez moi le soir, je voyais plein de petits bouts d’os, des tas de dents et de vertèbres sur la route… j’ai fini par m’habituer. »

Olivier Blot, artiste-sculpteur reconnu dans la Région, présentera sa prochaine expo, Ceux qui me hantent à la Galerie Léonard-Parent de Rimouski du 29 janvier au 13 mars 2020.

Ses oeuvres contiennent souvent, voire toujours, des créatures mi-humaines, mi-monstres, mi-animales, qui semblent provenir d’un univers parallèle, glauque et surprenant. Facile de faire un lien évocateur avec le nom de cette expo fort attendue.

« J’ai participé à une exposition collective il y a quelques années à Rimouski, mais sans plus. Donc je trouvais intéressant de proposer une expo complète là-bas. »

L’expo est composée de différents médiums tels le dessin, la peinture acrylique, des oeuvres en 2D, bas-relief, en 3D et un buste en bronze, moulé au Cégep de Rivière-du-Loup et coulé à la Fonderie d’Inverness. « Avec le temps, j’ai développé une technique de peinture qui me plaît. Alors ce sera la première fois que je présenterai des créations en peinture. J’ai même une oeuvres de 2 mètres. »

LE MALAISE DEVANT L’INCONNU

Les créations de l’artiste ont des effets sensoriels. Parfois elles nous font rire, d’autres fois elles peuvent rendre mal à l’aise. Pas surprenant que ces personnages provenant de l’inconnu nous fassent réagir. « Souvent, on a peur de l’inconnu. Comme quand j’étais jeune et que j’avais peur des monstres sous mon lit. Avec le temps, je les ai apprivoisées, ces êtres issus de nulle part ou de mon inconscient. Aujourd’hui, ils sont rendus anodins pour moi, bien qu’ils m’habitent au quotidien. »

ANECDOTES

La vie de l’artiste est peuplée d’histoires et anecdotes qui se retrouvent dans ses oeuvres. Il nous raconte tout cela, et ça prend des allures de fable! Par exemple, le ruisseau qui coule dans son village natal se nomme Le Loup! Alors que le hasard ou le destin l’a mené ici, à Rivière-du-Loup ! Avouez que c’est saisissant !

Ses créatures proviennent aussi parfois de situations fortuites. «Le gardien de la nuit, un de mes premiers personnages et qui revient quelques fois dans mes oeuvres, est issu d’une autre situation loufoque. Quand j’étais jeune, je vivais seul à la maison. Une fois, lors d’une visite de mes parents, l’une de mes nièces m’a dit un matin : ” Toi Olivier, tu es le gardien de la nuit et tu vas partir vivre très loin avec les oies et les sangliers ! ” C’était complètement sorti de nulle part ! Un genre de prophétie ou de lubie naïve d’enfant. Et bien des années plus tard, j’ai atterri ici, dans le Bas-Saint-Laurent, et je vais à Saint-Honoré chez un gars qui avait des sangliers.» C’est ainsi que son oeuvre « La prophétie du lièvre », et que son personnage du gardien de la nuit avec des oies et des sangliers sont nés !

ET TON PROCESSUS DE CRÉATION ?

«Y’a pas de chemin ou de processus défini par rapport à ma création. Parfois, je vais voir une tache sur une feuille et ça va me donner l’impression que c’est un oeil et je vais ensuite créer un dessin autour. Parfois, je vois une illustration qui me donne envie d’écrire ou de dessiner par dessus. En fait, j’ai besoin que ça change tout le temps parce que sinon je m’ennuie si je ne fais pas quelque chose de nouveau. Il faut que j’aie du renouveau tout le temps parce que disons que je n’ai pas envie de bégayer dans ma création. De plus, les matériaux ou artefacts influencent mon personnage. Je peux avoir un objet que je vois dans mon sous-sol, que j’achète dans une vente de garage ou que je trouve au hasard, et une idée survient dans la manière de l’intégrer. Parfois, c’est le moteur. D’autres fois, ça vient après.»

ET TON PROCESSUS DE CRÉATION ?

«Y’a pas de chemin ou de processus défini par rapport à ma création. Parfois, je vais voir une tache sur une feuille et ça va me donner l’impression que c’est un oeil et je vais ensuite créer un dessin autour. Parfois, je vois une illustration qui me donne envie d’écrire ou de dessiner par dessus. En fait, j’ai besoin que ça change tout le temps parce que sinon je m’ennuie si je ne fais pas quelque chose de nouveau. Il faut que j’aie du renouveau tout le temps parce que disons que je n’ai pas envie de bégayer dans ma création. De plus, les matériaux ou artefacts influencent mon personnage. Je peux avoir un objet que je vois dans mon sous-sol, que j’achète dans une vente de garage ou que je trouve au hasard, et une idée survient dans la manière de l’intégrer. Parfois, c’est le moteur. D’autres fois, ça vient après.»

ET CONCILIER TA CRÉATION ET TONBOULOT ?

«J’ai des idées d’oeuvres qui pourraient me prendre 2 à 3 mois de travail si je pouvais me dédier à la création temps plein, mais avec le travail à côté, 4 jours par semaine, c’est difficile. Ça me prendrait 2 ans. Ça prend beaucoup d’énergie, créer. Pour un.e artiste, créer, c’est son métier ! On devrait lui faire confiance et lui dire « vas-y »… Pas lui demander de remplir des cases et de cadrer dans des codes, des contraintes ou des idées à la mode. »

À propos Marie-Amélie Dubé

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