Plus c’est court, plus c’est…

Texte Simon Croz

Je me souviens du temps où les films que j’allais voir au cinéma étaient précédés d’un court métrage. Les reverrons-nous un jour ? Je l’espère.

En attendant, on s’offre une soirée de cinéma pendant le festival où nous présenterons la crème des courts métrages francophones canadiens.

POURQUOI COURT, ÇA PEUT AUSSI ÊTRE BON ?

Ce format rivalise bien souvent avec les meilleures productions en long métrage. Ce sont des concentrés de cinéma, avec les meilleurs ingrédients dans un dosage parfait. Imaginez un shot de vodka qui vous monte à la tête en quelques secondes.

Puis un long drink qui tiédit sur le comptoir, les bulles évaporées et les glaçons qui ne sont plus que de minuscules lentilles à la surface. Nous avons tou.te.s vu des films trop longs, des histoires qui se traînent, des effets spéciaux qui en font des tonnes. Dans les courts, tout se concentre : les histoires, les personnages, les émotions.

Ce sont des condensés concoctés par des artistes de talents qui mettent leur coeur, leur énergie et (trop souvent) leurs économies dans de petits bijoux cinématographiques. Tous les genres y passent, du documentaire à la fiction, du film d’épouvante au drame, en passant par l’animation et la comédie.

Le court métrage, une longue vue sur le cinéma ? En tout cas, ils constituent une porte d’entrée, tant pour les spectateur.rice.s que pour les auteur.e.s.

Depuis le 1er novembre 2019, réalisateurs et réalisatrices peuvent envoyer leurs courts métrages pour la prochaine édition du Festival Vues dans la tête de…

Photo : Festival du film (VDT)

Les critères : 15 minutes ou moins, francophone, production canadienne. Tous les genres sont acceptés et nous attendons une centaine de film, si l’on se base sur les soumissions de l’an dernier. Un comité de programmation composé d’Étienne Denis, Nadine Boulianne, Hubert Sabino, David Gamache et l’auteur de ces lignes aura la difficile tâche de les visionner et d’en retenir une sélection d’environ 90 minutes.

C’est cette sélection qui sera présentée le 7 février, pour la cinquième année dans le cadre de la compétition de courts métrages. Petit retour sur nos lauréats précédents.

En 2018, c’est Palissade, une fiction d’Alexis Fortier Gauthier qui s’est valu les faveurs du jury tandis que le public consacrait Retour de qualité de Daniel Abraham et Pierre-Alexandre Girard. Lors de l’édition 2019, Mélanie Charbonneau remportait les deux prix avec l’excellent Lunar Orbit Rendez-vous.

Vous rappelez-vous la rencontre d’une femme-tampon et d’un homme-cosmonaute ? Ce court métrage a fait le tour du monde et remporté de nombreux prix, tandis que sa réalisatrice portait à l’écran son premier long métrage, Fabuleuses.

ALORS, LE COURT UN TREMPLIN VERS LE LONG ?

Dans l’industrie du cinéma, il y a beaucoup d’appelé.e.s, et peu d’élu.e.s. Les cinéastes font leurs armes sur les courts, espérant se faire remarquer, avec en ligne de mire le financement d’un premier long métrage. Un court est plus simple à réaliser, plus économique aussi. Il permet de faire ses armes, d’affiner son art, de trouver sa signature. C’est une formidable école, tant pour les réalisateur.trice.s les technicien.ne.s et les acteur.trice.s.

En 2019, deux courts métrages québécois, Marguerite de Marianne Farley et Fauve de Jérémy Comte, se sont hissés jusque dans la sélection finale des Oscars.

Souhaitons que cette visibilité leur offre l’opportunité de réaliser un projet de long métrage, si tel est leur souhait.

Mais les courts ne sont pas uniquement réservés à la relève. Pensons à Nimic, un court métrage réalisé en 2019 par Yorgos Lanthimos (à qui l’on doit The Lobster ou plus récemment The Favourite) avec Matt Dillon dans le rôle principal, tous deux des artistes bien établis dans l’industrie du long.

Pas de règles donc, juste de la création, des histoires à raconter et des formats qui sont plus souvent des cases pour les festivals ou pour les institutions de financement, que des gages de qualité. À propos de qualité, la prochaine édition du concours de courts métrages remettra un prix du public (oui oui, c’est bien de vous dont on parle) et un prix du jury, dont la présidente sera la lauréate de l’année précédente, Mélanie Charbonneau.

Alors, plus c’est court, plus c’est bon ? Venez-en juger par vous-même lors de la soirée de courts métrages qui aura lieu le vendredi 7 février à la Maison de la culture.

À propos Marie-Amélie Dubé

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