Planter des arbres

Texte_Michel Lagacé

Planter des arbres, ce n’est pas juste un acte esthétique lié à un aménagement urbain agréable. C’est surtout une action d’avenir, un acte politique contre le réchauffement planétaire. Planter des arbres, c’est compenser les émissions de gaz à effet de serre ; c’est un geste volontaire écocitoyen qui permet d’atténuer les impacts de notre mode de vie (auto à carburant fossile) sur l’environnement.

Et si partout nous imitions Elizabeth W. Wathuti, qui « a grandi dans une région forestière du Kenya » ? « Elle y a planté un arbre quand elle avait 7 ans », son premier acte militant. Elle a été inspirée par une autre Kényane plus âgée, Wangari Maathai (1940-2011), biologiste et vétérinaire qui a fondé en 1977 le Mouvement de la ceinture verte (Green Belt Movement) qui montrait aux autres Kényanes l’intérêt de planter des arbres, notamment autour de leurs maisons, leurs écoles, dans les lieux urbains et même les parcs, afin qu’ils portent vraiment leur nom de parc. Cette femme « a reçu en 2004 le Prix Nobel de la Paix pour l’ensemble de ses actions ». Elle a initié « la plantation de près de 40 millions d’arbres à travers l’Afrique ». Aujourd’hui, la jeune « Elizabeth W. Wathuti perpétue cette tradition notamment en aidant les enfants kényan·e·s à aimer les arbres et à en planter », d’après le portrait qu’en fait la Canadienne Naomi Klein (auteure de No Logo, La stratégie du choc) dans son dernier livre, Vaincre l’injustice sociale et climatique. Celui-ci présente de jeunes militantes écologiques exemplaires qui, par leurs actions, retardent l’évolution négative et même catastrophique des changements climatiques. On retrouve aussi dans ces portraits celui de la plus connue de ces jeunes militantes, Greta Thunberg, d’après les articles qu’on consacre à cette nouvelle publication de Naomi Klein dans la revue française L’Obs (édition no 2946, avril 2021).

Plus près de nous, c’est cette même attitude que suppose la promotion et la réalisation future, sous l’administration de la mairesse de la ville de Montréal, du concept « Une petite forêt urbaine » qui sera implanté en haut de la Place des Festivals (concours du terrain no 066) au centre-ville de Montréal.

Il n’y a pas si longtemps, la Ville de Rivière-du-Loup demandait à ses citoyen·ne·s ce qu’il·elle·s voulaient prioriser dans l’avenir comme action municipale. PLANTER DES ARBRES, cette action déclinée en plan d’avenir, en une suite d’interventions, avec un plan de communications stimulant la participation de tous, pourquoi pas ? ! Une stratégie environnementale impliquant tou·te·s les citoyen·ne·s, toutes les institutions, écoles, commerces, industries, ce serait, à n’en pas douter, un grand projet d’avenir et de rayonnement pour cette ville. Une telle action pourrait devenir une image de marque, un message responsable et valorisant. Ce serait une approche audacieuse en mode actif (écologique, touristique, environnementale) pour cette petite ville du Bas-Saint-Laurent. Elle pourrait ainsi devenir une leader, un modèle urbain d’avenir pour les autres petites villes. C’est assurément plus valorisant que n’importe quels événements et festivals qui ne sont généralement que des jeux ou des divertissements avec peu de répercussions positives sur nos modes de vie et le long terme.

Par sa position face au fleuve, cette ville a déjà tous les atouts pour devenir cette leader d’un environnement vert en milieu urbain. La ville a déjà quelques parcs dont l’un des plus beaux parcs « forestiers » du Bas-Saint-Laurent, le parc des Chutes au centre de la ville (son Central Park), et quelques autres espaces verts. Et un grand effort supplémentaire par une deuxième phase de plantation permettrait de donner au parc du Campus-et-de-la-Cité une allure de vrai parc, ce qu’il n’a pas en ce moment. Du mobilier urbain et des jeux ne font pas un parc. C’est la quantité d’arbres plantés qui change un terrain vague en parc. Après ses quelques années d’existence, je me rends compte de ma déception face au peu d’arbres dans ce parc ; tout en étant l’un des conseiller·ère·s (représentant du Cégep) au début de son aménagement. C’était un début, mais il faut continuer à y planter des arbres afin que les générations futures puissent vraiment profiter d’un parc digne de ce nom au sud-est du centre-ville, avec suffisamment d’arbres pour avoir des zones d’ombrage en milieu urbain, tout en nettoyant l’atmosphère du C02.

Même si l’aménagement de la côte Saint-Pierre avec des arbres est une réussite, ainsi que quelques autres efforts louables de plantation d’arbres sur la rue Lafontaine, à l’entrée nord de la rue Témiscouata, à l’ouest de la rue Fraser, etc., une attention spéciale devrait aussi être portée pour planter des arbres dans certaines zones les plus achalandées et pourtant délaissées pour la plantation d’arbres ; en exemple, la section entre le pont traversant la rivière vers la paroisse de Saint-Ludger, soit la rue Témiscouata, du pont jusqu’au chemin des Raymond. La Municipalité pourrait envisager de la remplir d’arbres en même temps que la réfection des trottoirs de cette section, la transformant ainsi en un coin pittoresque qui serait un acte écologique; en plus d’être esthétique pour cette section qui décourage tou·te·s ceux·celles (nombreux·euses) qui passent par là. J’entends déjà rouspéter certain·e·s personnes qui diront que c’est impossible, que la rue est trop étroite… Pourtant, je connais des rues plus étroites et courbes de Montréal avec des arbres presque centenaires que les piéton·ne·s contournent avec plaisir en appréciant leur feuillage.

Pourquoi valoriser l’auto au détriment du reste de nos besoins pour un environnement sain, agréable et vert ? Il y a bien d’autres actions possibles qui impliqueraient les citoyen·ne·s, comme la plantation d’arbres devant tous les commerces et maisons, en plus des bordures de rues. S’il y avait une volonté en ce sens de la part de tou·te·s, une campagne publicitaire et des engagements fermes, il y aurait là un beau défi municipal, une cause d’avenir importante. Après tout, quoi de plus rassembleur ? Tou·te·s les citoyen·ne·s actuel·le·s et futur·e·s de cette ville et les touristes sont, à n’en pas douter, attiré·e·s par un environnement urbain de plus en plus vert.

NOTE DE L’ÉDITRICE : La Ville de Rivière-du-Loup a lancé en mai dernier, mois de l’arbre et de la forêt, sa démarche de consultation publique pour une politique de l’arbre. Elle nous dit « qu’il s’agit de l’aboutissement d’un travail de fond s’étant échelonné sur près de deux ans, ayant pour objectif de compiler des statistiques et effectuer des constats, en vue de proposer des axes d’intervention. Parmi les constats ayant orienté la démarche figure justement une baisse de la canopée urbaine. » La proposition de politique et les divers documents explicatifs sont disponibles en ligne. La consultation publique se poursuit jusqu’au 11 juin : VilleRDL.ca/sondages.

À propos de Marie-Amélie Dubé

Voir aussi

Terra Nostra

Texte – Guido Macias-ValadezTableau – Alice Coté Il est facile d’accepter la terre comme mère-nourrice, …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *