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Pas à Pas vers l’estime de soi

texte Lyne Bélanger, en collaboration avec Isabelle Gallard photo Patrick Nadeau

 

Je suis une personne qui aime bouger, mais sans être sportive. C’est lors de ma première sortie au pic Champlain, quand j’étais étudiante, que j’ai découvert la randonnée. Depuis, j’ai fait plusieurs montagnes, mais toujours à mon rythme et avec un objectif. Lors des premières années du Défi Everest, je pensais que ce n’était pas fait pour moi, que l’effort était trop important. En 2016, j’ai quand même décidé de m’inscrire avec une équipe, principalement pour me remettre en forme. À ma première tentative de gravir la côte, j’ai dû m’arrêter quatre ou cinq fois. Avec de la motivation, de la pratique et surtout l’énergie dégagée par les participants le grand jour, j’ai pu faire 12 montées. Un véritable dépassement dont je suis très fière. Il était clair à la fin de cette journée que je m’inscrivais au Macadam Ultra l’année suivante. En 2017, mon objectif a lui aussi été dépassé puisque j’ai réalisé 65 montées, à mon rythme, avec beaucoup de pauses et de sommeil, et sans me blesser. Je pense que c’est cela, l’esprit du Défi Everest : le faire pour soi, sans se comparer, et être fier, très fier, de ses propres réalisations. Je suis enseignante au Centre d’éducation des adultes en insertion sociale de Rivière-du-Loup. Les élèves vivent avec des limitations physiques et intellectuelles, et notre objectif est de garder ou développer les acquis qui contribuent à leur autonomie. En mars 2018, j’ai proposé à mon groupe une petite marche, et une fois dans la côte Saint-Pierre, vers le coin de Saint-Louis, je leur ai parlé de mon expérience. Je les ai ensuite encouragés à faire comme moi et à descendre vers la rue Laval et puis remonter chacun à son rythme. L’expérience s’est répétée une fois puis régulièrement au printemps, chacun marchant à sa vitesse. En comptant collectivement le nombre de montées, le groupe a gravi au moins trois fois le mont Everest au printemps 2018. À la fin, j’ai même arrêté de compter ! J’ai vu, pendant ces pratiques, se développer leur estime de soi : ils ont pris confiance en eux et ont amélioré leur performance. Leur entourage s’est aussi rendu compte de quoi ils étaient capables. Ils ont pu être fiers de leurs efforts.

 


Sur la photo : Lyne (enseignante), Noémie (élève) et Marie-France Roussel (bénévole)

 

Entre temps, l’idée de participer au Défi Everest avait germé. J’en ai parlé avec la directrice Nathalie Bélanger qui s’est montrée enthousiaste. Nous avons ensuite contacté l’organisation du Défi Everest pour parler de notre projet de former une équipe avec comme objectif l’inclusion plus que la collecte de fonds. Notre projet a été accepté, nos participants se sont inscrits, et nous avons trouvé des bénévoles pour les accompagner : tout était en place ! Le 23 septembre dernier, nos dix participants avaient les yeux pétillants et la joie au coeur malgré la température. L’énergie collective a créé un moment de magie. Plusieurs veulent le refaire, et certains qui ne s’étaient pas inscrits aimeraient embarquer dans l’aventure en 2019. Je remercie le Défi Everest d’avoir permis ça et tous ceux qui ont participé à faire de ce projet une réussite. La grande joie de nos participants vient de leurs réalisations, mais elle vient surtout d’avoir pu participer à un événement populaire. C’est vraiment ça, pour moi, l’esprit de l’insertion sociale : pouvoir partager avec toute la population un moment d’effort, de joie et de fierté.

À propos Marie-Amélie Dubé

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