Paroles et visions, Ville de Rivière-du-Loup : Entrevue avec Mario Bastille

COEURS DE VILLES ET DE VILLAGES
Les coeurs de collectivités ont subi de plein fouet la pandémie et devront être soutenus. Leurs commerces et services sont souvent les seuls accessibles aux personnes non motorisées, qu’elles soient jeunes, aînées ou défavorisées. La vitalité de ces coeurs est aussi un vecteur de dynamisme local et de cohésion sociale. Avez-vous un plan pour renforcer le centreville, les rues commerciales ou le noyau villageois ?

Je l’ai dit lors du dépôt du budget en décembre dernier : la dynamisation du centre-ville est une de mes priorités, et je pense que nous devons en faire plus pour que ce secteur névralgique puisse continuer de croître malgré le contexte difficile des dernières années. Selon moi, ça doit passer par plus de services de proximité sur la Lafontaine et autour. C’est valoriser le patrimoine bâti, mais aussi oser penser le centreville différemment. C’est améliorer la mobilité durable et favoriser la venue des familles et des touristes au centre-ville. Nous allons faire des annonces en ce sens prochainement.

DÉPLACEMENTS ACTIFS
La pandémie a suscité une multiplication des aménagements piétonniers et cyclables temporaires partout au Québec. Pour soutenir cet élan et répondre à tous les besoins, de la poussette à la marchette, il faut continuer de construire ou élargir des trottoirs, assurer leur entretien et leur déneigement, installer des bancs, apaiser la circulation et aménager des traversées sécuritaires, compléter les réseaux cyclables, multiplier les supports à vélo, etc. Quelles sont les
interventions que vous avez réalisées et celles planifiées pour favoriser les déplacements actifs au quotidien et toute l’année ?

On porte une attention particulière au déneigement. On est en train de revoir nos méthodes justement pour nous adapter aux besoins des citoyen·ne·s, mais aussi aux effets du réchauffement climatique (redoux, gel/dégel, fortes pluies, verglas, etc.). On veut aussi, lorsque c’est possible, moins recourir aux fondants qui, même s’ils ne sont pas toxiques dans l’environnement, contribuent quand même à appauvrir les sols et à dégrader les structures en place comme le bois, le béton et la brique. On a réalisé de nombreuses traverses piétonnes sécurisées, et il y en aura d’autres. Aussi, nous allons enfin connecter cette année le secteur Saint-Ludger et le centre-ville en érigeant une passerelle piétonne surélevée au-dessus de la voie ferrée. Cette passerelle, demandée depuis longtemps par les gens de Saint-Ludger et de plus en plus nécessaire pour sécuriser les déplacements aux abords de la voie ferrée, permettra de rehausser le nombre de déplacements actifs au centre-ville en connectant deux secteurs importants de la ville qui jusqu’ici, n’étaient reliés que par un pont routier en amont de la rivière.

LOGEMENTS ABORDABLES
La crise du logement affecte désormais de plus en plus de régions du Québec. Le coût des matériaux rend l’acquisition d’une propriété de moins en moins accessible, entre autres aux jeunes ménages. Les Municipalités ont un rôle de premier plan à jouer et de nombreux leviers à leur disposition : politique d’inclusion, achat de terrains stratégiquement situés, soutien et accompagnement des promoteur·trice·s immobilier·ère·s, planification et aménagement d’écoquartiers. Que prévoyez-vous de faire pour que chaque famille ait accès à un logement abordable et de qualité dans votre collectivité ?

On doit travailler avec les gouvernements pour faire connaître les besoins sur le terrain lorsque des appels de projets sont ouverts. Il y a eu une annonce récemment du gouvernement du Québec pour financer des projets, ce qui est une bonne nouvelle en soi. Ils ont également rehaussé le seuil minimal pour être considéré·e pour un logement abordable. Cependant, il faut faire attention de ne pas juste mettre plus de gens sur des listes d’attente. Le réel enjeu, c’est la construction de logements abordables. Il en faut plus et rapidement.

Ville de Rivière-du-Loup
Photo | Nicolas Gagnon

QUALITÉ DE L’ESPACE PUBLIC
Des places publiques accueillantes, des rues à échelle humaine, des parcs de proximité ont démontré leur caractère indispensable en temps de pandémie, et tout aussi nécessaire en temps normal. Prolongement d’un espace privé parfois restreint, l’espace public est aussi la carte de visite d’une collectivité contribuant à son attractivité. Avez-vous des projets de créer, d’ajouter, d’aménager et/ou d’améliorer des espaces publics accueillants et universellement accessibles, dans tous les quartiers ?

Nous l’avons fait justement pendant la pandémie en ajoutant des espaces éphémères de rencontre à différents endroits du centre-ville (chaises rouges) dans le cadre d’un projet MADA pour briser l’isolement des aîné·e·s et favoriser les contacts sociaux. On a aussi ajouté des chaises dans le secteur du quai, à la demande des citoyen·ne·s, malgré le fait que le terrain ne nous appartienne pas. On a aussi contribué au Laboratoire social d’Espace Centre-Ville en 2020 et à LAFestive en 2021, pour dynamiser la Lafontaine, donner une chance aux commerçant·e·s et amener du monde en ville. Les commentaires sont très positifs, et l’on aimerait poursuivre sur cette lancée dans les prochaines années. On a également voulu que les gens de Rivière-du-Loup se réapproprient le fleuve et le chalet de la Côte-des-Bains. On a donc offert à un concessionnaire de gérer les lieux en le rendant accessible au plus grand nombre. On travaille pour que le concept revienne en 2022 parce que les gens ont beaucoup aimé ce lieu propice aux rencontres et aux échanges entre toutes les générations.

TRANSPORT COLLECTIF
Avez-vous évalué la mise en place ou amélioration de l’offre de transport collectif ? Cette offre peut prendre plusieurs formes (autobus, mini bus, covoiturage organisé, taxi communautaire, etc.). Le défi d’aider la population à diminuer l’émission de GES semble plus difficile en région qu’en grande ville où les réseaux de transport collectif sont présents et utilisés. Il faut tenter de faire preuve d’imagination et créer des partenariats avec les entreprises.

Nous poursuivons notre partenariat avec Transport Vas-Y en proposant les déplacements gratuits le 22 de chaque mois. Nous venons aussi de conclure une nouvelle entente avec eux pour soutenir financièrement l’achat de passes mensuelles pour les usager·ère·s : nous faisons baisser le coût des passes de 20 $, une aide directe de la Ville pour valoriser le transport collectif.

PARTICIPATION PUBLIQUE
L’organisation municipale intéresse une part croissante de la population qui souhaite pouvoir exprimer ses besoins et ses attentes et contribuer aux décisions touchant les milieux de vie. Des activités participatives et une information claire peuvent favoriser une démocratie active. Quel rôle donnerez-vous aux citoyen·ne·s dans la définition des orientations de la Municipalité ?

Les deux dernières années ne nous ont pas permis de tenir autant de rencontres citoyennes que nous l’aurions souhaité. Par contre, dès que ce sera possible, nous avons toujours l’intention de tenir des soirées de consultation, d’information ou même de simples échanges avec les citoyen·ne·s. C’est important pour nous de rapprocher les citoyen·ne·s de la prise de décisions. Nous sommes très attentif·ve·s à ce que nous disent les citoyen·ne·s et nous privilégions l’écoute, la discussion et les échanges.

À propos de Marie-Amélie Dubé

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