On n’est pas une famille normale!

Texte | Marie-Amélie Dubé

Quand j’étais jeune, je disais tout le temps à mon père : « Papa, pourquoi on n’est pas une famille normale?! » Et en guise de réponse, il riait !

En 87, les pères monoparentaux, ce n’était pas trop conventionnel…

La famille nucléaire demeure une image de perfection fantasmée par plusieurs. Mais en vrai, l’indice de divortialité de l’Institut de la statistique du Québec indique qu’un couple sur deux se séparait en 2008; une tendance qui ne bouge pas beaucoup depuis 1987. OK, tous les couples n’ont pas nécessairement d’enfants. Mais force est de constater que les familles monoparentales, reconstituées et qui donnent vie à un enfant lors d’une 2e union, créant des demi-soeurs et demi-frères, sont de plus en plus normalisées.

Qu’en est-il des familles homoparentales ? Le recensement de 2016 dénombre au Québec environ 2175 familles homoparentales, soit 0,2 % de l’ensemble des couples avec enfants à la maison.

« Depuis 2006, leur nombre a plus que doublé, passant de 975 à 2175, soit une hausse de 123,1 %. Le nombre d’enfants vivant au sein de ces familles a aussi considérablement augmenté. Il est passé de 1410 en 2006 à environ 3435 en 2016, ce qui représente une hausse de 144 % (données non présentées).

Le nombre grandissant de familles homoparentales peut être vu comme le signe d’une plus grande acceptation sociale de l’homosexualité et, par conséquent, d’une plus grande aisance pour les couples de même sexe à déclarer leur situation conjugale. » (Québec, ministère de la Famille, 2015a)1

Il y a également plus de femmes célibataires ou en couple qui se font inséminer pour différentes raisons. Il y a aussi plusieurs cas hétéroparentaux ou homoparentaux célibataires ou en couple qui adoptent des enfants québécois ou à l’étranger, ou deviennent famille d’accueil.

Bref, notre société évolue et rend la famille de plus en plus accessible à tou·te·s, sans discrimination et pour le bonheur de chacun·e. Les modèles familiaux se diversifient, mais il n’en est pas moins vrai que plusieurs préjugés profondément ancrés. La diversité fait peur.

Quand Sylvie Saint Arneault m’a contactée en me proposant de parler d’adoption dans La Rumeur, je l’ai accueillie les bras grands ouverts. C’était l’occasion de réaliser un dossier thématique sur la famille alternative. Enfin, le souhait que j’avais formulé en 2018 dans ma liste de sujets à traiter « avant de mourir ou de vendre La Rumeur » allait se concrétiser. La famille est en mutation, et je considère que c’est la mission du magazine de contribuer à sensibiliser la population face à une plus grande acceptabilité sociale, en montrant la beauté et les histoires inspirantes qui se cachent derrière la diversité.

Mention spéciale à Sylvie Saint Arneault pour sa grande générosité et sa précieuse collaboration à ce dossier.

Merci de nous faire découvrir l’univers de l’adoption et de superbes histoires de résilience parentale.

1 https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/quelle-famille-vol7no2-automne-2020.pdf

À propos de Marie-Amélie Dubé

Voir aussi

Tous ces livres, si peu de temps

Texte | Marie-Josée Saindon NOUS ÉTIONS LE SEL DE LA MERRoxanne Bouchard. VLB éditeur. Mai …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *