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On dit « une grosse aventure » ou « une grosse à l’aventure » ?

texte et photo Christiane Plamondon

 

Lorsque l’on parle de diversité corporelle, on parle rarement de femmes minces et élancées… Je dis souvent à la blague que je ne suis pas faite pour la vitesse, mais pour le confort. Je suis bien dans ma tête, je suis bien dans ma peau et, comme pour tout être humain, il y a des journées où je ne m’aime pas et des journées où je me trouve vachement sexy ! Quelle est la différence dans ma vie ou dans ma tête pour m’accepter telle que je suis ? J’ai simplement décidé de vivre et non d’attendre… Quand je serai plus mince. Quand je serai plus en forme. Quand j’aurai plus de temps. Quand j’aurai l’argent. Quand les enfants seront plus vieux. Peut-être aussi un « Quand je serai morte », car on ne sait jamais quand notre parcours ici sera terminé. Il faut aussi surmonter la peur. Peur d’être jugée. Peur d’être trop lente pour participer… En course à pied, il m’est arrivé de terminer une épreuve seule où il n’y avait même plus de gens pour me chronométrer ! Que c’est frustrant ! Parce qu’au final, j’ai souffert beaucoup plus longtemps que les gazelles pour faire le même trajet ! Peur de me blesser. Peur de ne pas entrer dans le mosus de legging full performant que j’aimerais donc porter moi aussi pour gambader. Peur de me faire demander si je suis capable de relever un défi physique : « Christiane, y as-tu vraiment réfléchi ? Tu serais vraiment gênée de ne pas terminer ! »

 

 

C’est comme de participer au Macadam Ultra du Défi Everest Premier Tech. C’est pour moi l’occasion de tout mettre oeuvre pour être égoïste pendant 48 h. Le défi est abordable avec tout ce qu’il inclut. Je ne peux pas être laissée à l’abandon parce que trop lente ; nous sommes toujours à un maximum de 500 m d’un point de ravitaillement. Je peux y aller à mon rythme et prendre autant de pauses que ce dont j’ai besoin. Je peux même tout arrêter si ça ne va pas. Les gens m’encouragent et sont là, peu importe… J’ai le sourire fendu jusqu’aux oreilles pendant 48 h malgré les petits bobos et inconforts. Je suis quand même en train d’accomplir un petit miracle. Mais surtout, je réalise un rêve chaque fois… être un modèle pour mes enfants, un exemple de détermination ! Je peux leur montrer que l’on peut travailler fort avec le sourire et être fière de soi, peu importe ce que le voisin réussit… C’est mon défi à moi, de moi et pour moi. Avec cette liberté de bouger et d’essayer que je me suis accordée, je suis fière d’avoir parcouru plus de 525 km à pied depuis le 1er mai 2018. Je suis encore bouche bée d’avoir fait la traversée des Chic-Chocs, plus de 106 km à pied en 6 jours dans les montagnes gaspésiennes en août. Je peux aussi me vanter d’avoir fait 70 montées/ km dans la côte Saint-Pierre. Mais le plus important, j’ai donné le goût de l’aventure, du dépassement, et j’ai montré l’importance de toujours prendre le départ à mes cocos. Parce qu’au final, on ne peut jamais prévoir jusqu’où cette aventure pourra nous mener, si on n’y consacre notre vie. Ils sont aussi adeptes de randonnée pédestre à 10 ans, 5 ans et 5 ans. Parce que peu importe mon poids, ma grandeur, la couleur de mes yeux, je me serai rendue plus loin que si je n’avais pas pris le départ !

À propos Marie-Amélie Dubé

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