Notre ferme intégrée

Texte | Édith Deschêne
Photos | Julie Houde-Audet et Marie-Amélie Dubé

Le printemps est arrivé, les semis sont commencés, le plan du jardin est établi, les commandes de poussins sont planifiées; on attend le dégel. C’est assez rare que je parle directement de notre ferme, je préfère parler d’agriculture en général, mais cette fois je ferai exception. En ce mois d’avril et mois de la terre, où il est question d’environnement plus que jamais, c’est l’occasion de vous présenter notre ferme « intégrée ».

Je suis la propriétaire de la ferme « Les jardins d’Édith » que j’exploite avec mon conjoint Pierre. Je n’ai pas la prétention de dire que nous avons le modèle parfait, nous avons fait des choix qui correspondent à notre vision de l’agriculture et à nos valeurs. Sur notre ferme se côtoient petits élevages et productions maraîchères. Nous n’avons pas voulu nous certifier biologiques, cependant nous avons fait le choix de ne pas utiliser d’engrais chimiques ni de produits de synthèse pour le contrôle des insectes et des maladies sur nos légumes. Nos animaux ne reçoivent aucun antibiotique et sont élevés entièrement au pâturage.

Crédit photo : Marie-Amélie Dubé

Parmi nos élevages, nous avons des poules pondeuses. Au printemps, avant de commencer les travaux aux champs pour implanter les légumes, nous leur donnons accès à certaines parcelles. Les poules font un contrôle des insectes en mangeant les vers et les larves, elles aèrent le sol et le fertilisent. De retour au pâturage, elles continuent de manger les insectes qu’elles y trouvent et mangent aussi beaucoup d’herbe, ce qui donne des jaunes d’œufs bien foncés et des œufs naturellement riches en Oméga 3 et en lutéine.

Pour faciliter le passage des volailles au pâturage, nous élevons quelques chevreaux qui font une première tonte avant le passage des autres animaux. Comme Pierre se plaît à dire, ce sont nos tondeuses 4 X 4, mais mangeables! Les chevreaux ne mangent que de l’herbe et du foin sec. En fin de saison, ils ont parfois accès aux jardins pour y faire un petit ménage.

Nous élevons plusieurs volailles dont des poulets, des dindes, des canards, et des pintades. Tous ont accès au pâturage et y mangent de l’herbe à volonté. Les volailles sont nourries d’un mélange de grains qui nous provient d’un producteur local qui remplace l’habituel soya par de la féverole. Nous déplaçons l’ensemble des animaux régulièrement; ils sont au même endroit pendant deux jours maximum.

Crédit photo : Julie Houde-Audet

Quant aux légumes, nous faisons des rotations et utilisons le compagnonnage. Après des années de lutte aux mauvaises herbes, nous avons appris des méthodes d’occlusion et utilisons du géotextile au travers duquel nous plantons. Nous préconisons un travail minimum du sol pour favoriser les insectes et bactéries bénéfiques. Le fumier de nos lapins est utilisé pour fertiliser certaines cultures plus exigeantes. Les rebuts de cultures sont soient offerts aux animaux soient compostés.

Depuis nos débuts, nous avons remarqué que notre sol se structure et s’enrichit, et qu’il contient de plus en plus de vers de terre. La diversité d’oiseaux sauvages ne fait qu’augmenter. L’herbe au pâturage se densifie. Notre ferme n’est pas parfaite, mais nous en sommes fiers et nous sommes heureux d’offrir des produits de qualité.

En ce temps de Covid-19 et d’incertitude économique, continuez d’encourager les producteurs locaux. Plusieurs produits agricoles sont disponibles à l’année. Manger local, c’est encourager notre économie et c’est permettre aux producteurs d’investir dans leur ferme pour qu’ils continuent à mettre de bons produits sur votre table.

À propos Marie-Amélie Dubé

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