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Mon amie Anne

juin04

Édito par MAD

La 22e édition de la Semaine québécoise des personnes handicapées se déroule du 1er au 7 juin. L a Ville de Rivière-du-Loup et La Rumeur du Loup s’unissent dans ce dossier de 19 pages pour vous faire connaître les initiatives, réalités et défis que comporte le quotidien d’une personne handicapée. Merci à tous les intervenants du milieu, aux citoyens et aux familles qui font de notre communauté un milieu de vie plus inclusif.

 

Elle avait de belles joues rondes, un de ces sourires toujours allumés, des cheveux noir foncé et était beaucoup plus grande que moi. Elle s’appelait Anne. Elle était assise à mes côtés lors de l’atelier pour apprendre à attacher nos lacets. Nous avions 4 ans. Nous étions à la maternelle avec madame Murielle ou madame Pauline. C’est assez vague comme souvenir. Je trouvais Anne très gentille et c’était mon amie, l’amie de tous les amis dans la classe. Elle faisait toujours des câlins à tout le monde ! Elle était adorable. En vieillissant, je me suis rendu compte qu’Anne était différente de moi et de mes autres amis et amies, car elle avait une accompagnatrice tous les jours avec elle en classe. Elle était toujours aussi gentille et adorable. Toujours aussi souriante. Toujours prête à donner une claque dans la main en signe de copinage comme dans les équipes de sport. Un jour, en 6e année, alors que je donnais de la limonade lors de la récréation, je n’ai plus rien compris. J’étais en train de ramasser le kiosque, parce que nous n’avions plus de limonade à donner. Anne vient vers moi et me demande une limonade : « Veux, veux ». Je lui réponds : « Anne, je n’en ai plus, désolée, on a donné la dernière. » Et BANG ! Elle me frappe en plein visage ! Avais-je eu un moment d’égarement et n’avais-je pas vu qu’elle voulait me taper dans la main comme à l’habitude ? Je ne crois pas… Je me souviens encore de ma joue brûlante et de la surprise qui, elle, m’avait gelé tout le corps. L’école avait, bien évidemment, fait une intervention auprès d’Anne et moi-même pour que je « comprenne » ce qui s’était passé. Les jours suivants, chaque fois que je croisais Anne, elle me disait, empreinte d’une grande naïveté, « Bobo ? Bobo ? » en me flattant les cheveux. Comme si elle ne voulait plus que j’aie mal. Je n’ai pas vu Anne depuis au moins 20 ans. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue. Mais quand je vois toutes les adaptations urbaines faites dans nos villes pour les personnes handicapées, tous les organismes qui viennent en aide aux personnes ayant des limitations fonctionnelles physiques ou mentales, ça me soulage !

 

Saviez-vous que ?
Rivière-du-Loup possède un chalet des loisirs au centre-ville qui est 100 % accessible pour les personnes handicapées et offert en location !
1— La surface de sa patinoire est accessible grâce à une petite rampe d’accès pour des plaisirs d’hiver pour tous.
2— Un lève-personne amène les personnes à mobilité réduite au rez-de-chaussée du bâtiment.
3— Les toilettes y sont accessibles (un quadriporteur y entre).
4— La terrasse avant est aussi accessible par l’intérieur.

juin03

À propos Marie-Amélie Dubé

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