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Minuit moins des poussières

texte Frank Malenfant

Octobre 2018 – L e Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui fêtait ses 30 ans d’existence, tirait pour une 48e fois l’alarme sur l’évolution du climat. Comme à chaque fois ou presque, ce nouveau rapport fait état d’une situation qui empire en raison de l’inaction des nations du monde face à cette lumière qui clignote depuis des décennies sur leur tableau de bord. Il faut se rendre à l’évidence : on a tellement abusé du bouton snooze qu’on est déjà en retard. Le GIEC ne croit plus que l’humanité fera à temps ce qu’il serait encore possible de faire pour limiter le réchauffement climatique à la limite fatidique de 1,5 °C. « Limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C nécessiterait des changements rapides, très profonds et sans précédent dans tous les aspects de la société », mentionnent-ils dans leur plus récent rapport, en rappelant que « pour certaines personnes, il s’agit sans aucun doute d’une situation de vie ou de mort. Chaque petit accès de réchauffement supplémentaire compte, d’autant plus que passer 1,5 °C accroît le risque de changements profonds, voire irréversibles, comme la perte de certains écosystèmes ».

Ce rapport survient moins d’un mois après que le chef de l’Organisation des Nations unies ait averti la communauté internationale que « si nous ne changeons pas d’orientation d’ici 2020, nous risquons […] des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent », laissant moins de 2 ans à l’humanité pour pouvoir espérer limiter au minimum la catastrophe climatique. Le secrétaire général des Nations unies insiste : « Il est impératif que la société civile – jeunes, groupes de femmes, secteur privé, communautés religieuses, scientifiques et mouvements écologiques dans le monde – demande des comptes aux dirigeants. » La succession rapide de ces annonces par les instances les plus crédibles du monde politique et scientifique a réveillé une fois de plus la société civile qui s’est laissée interpeller et s’est organisée de toutes sortes de façons. Plus que jamais, au cours des derniers mois, l’environnement est devenu un sujet incontournable, lui qui n’arrivait toujours pas à s’immiscer dans les priorités des principaux partis se lançant au même moment dans la campagne électorale québécoise. Cette fois se doit d’être la bonne, et comme nous n’avons plus le temps d’échouer, La Rumeur du Loup a jugé important de produire un dossier sur la mobilisation de la société civile qui saura à la fois informer les lecteurs et inspirer celles et ceux qui ont ressenti et ressentent encore l’appel d’agir face au plus grand défi auquel l’humanité n’a jamais fait face.

LE GIEC, UNE SOURCE CRÉDIBLE ?
Qui sont ces gens qui ne cessent de nous demander de remettre en question tout notre mode de vie, et ce, jusqu’à devoir vraisemblablement revoir nos structures de gouvernance et notre système économique ? Sont-ils crédibles ? Est-ce un complot mondialiste ? Est-ce qu’on risque de faire tout ça pour rien ? L’esprit critique d’un citoyen, face à des perspectives aussi extrêmes, a raison de se questionner. Le GIEC (IPCC en anglais) est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l’ONU qui relève de l’Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour l’environnement. Selon actu-environnement.com : « Le GIEC a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socioéconomique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. Ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue. » Son président est un Sud-Coréen du nom de Hoesung Lee, un économiste et professeur universitaire qui a publié plusieurs documents autour des sujets de l’énergie et de son lien avec le climat. Le GIEC est financé à hauteur de 6 milliards d’euros par les 195 pays membres de l’ONU qui y contribuent de façon indépendante et volontaire.

Selon les dires de Jean-Marc Jacovici, ingénieur français spécialiste de l’énergie et du climat : « Les publications du GIEC ont pour seul objet de proposer une synthèse des connaissances scientifiques, qui comprennent à la fois les points qui font consensus et ceux qui font encore débat, sans oublier les incertitudes attachées aux résultats présentés. Ils sont le fruit d’un long débat contradictoire entre experts, qui sont les seuls à même de savoir si une incertitude est gênante ou pas pour formuler une conclusion générale. L’assemblée générale du GIEC, où chaque pays du monde qui dispose d’au moins un scientifique compétent sur le sujet l’y envoie, a toujours approuvé à l’unanimité les rapports d’évaluation publiés. On peut donc considérer que tout ce qui fait l’objet d’un consensus dans les rapports du GIEC peut être tenu pour une certitude. » Il semble qu’il n’existe pas d’autorité plus crédible que le GIEC sur la question climatique, ce qui devrait rallier la grande majorité des esprits critiques.

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