Martine à la découverte des organismes communautaires : une oreille attentive et sans jugement

Texte | Louise Castonguay, L’Autre-Toit du KRTB
Illustration | Anissa Richard

La meilleure amie de Martine, Amélie, est différente depuis quelques temps. Elle est plus discrète. Elle n’a plus le temps pour les «soupers de filles», elle ne lui raconte pas tout, comme avant.

C’est vrai que depuis la naissance du petit dernier, Jacob, elle est beaucoup plus occupée. Elle répond rarement à ses textos, semble mal à l’aise. La dernière fois que Martine l’a appelée pour prendre une marche avec les copines et les enfants, Amélie est devenue très nerveuse, prétextant que son conjoint arrivait d’une minute à l’autre et qu’elle avait promis d’être à la maison.

Un jour, Martine décide d’inviter Amélie pour prendre un café, elle ne pourra pas refuser, c’est son anniversaire après tout!  C’est une Amélie toute stressée qui se présente au resto. Les enfants sont charmants mais nerveux également. Son téléphone vibre à toutes les deux minutes, elle doit répondre aux textos immédiatement. Martine ne la reconnaît plus. Elle qui rêvait de devenir prof de musique et qui se voyait déjà enseigner le piano, elle était maintenant si peu sûre d’elle, triste, ne dormant plus sans somnifères, ayant constamment peur de prendre une décision….

Amies depuis toujours, Martine ose et lui demande comment ça se passe à la maison? Est-ce qu’elle est bien? Amélie éclate en sanglots, elle n’en peut plus de supporter ce qu’elle vit, elle se sait en état de survie, toute son énergie passe à ne pas faire de vagues, à protéger les enfants. Il lui a déjà d’ailleurs dit clairement : «si tu pars, tu vas perdre les enfants et tu n’auras pas une cenne, je te le garantis!»  Amélie se sent coincée, seule, elle ne peut plus voir ses amies ou sa famille sans que cela ne provoque instantanément une chicane. Elle a honte et ne sait pas à qui parler!

Martine la rassure, ne la juge aucunement, lui dit qu’elle sera toujours là pour elle et lui parle de la maison d’hébergement, L’Autre-Toit du KRTB.

« Tu sais, Amélie, tu peux appeler n’importe quand à cette ressource. Il y a toujours une intervenante sur place, 24h/7j/365j par année. Tu n’as pas besoin de te nommer, tu peux juste raconter ton histoire, pleurer un bon coup, ça fait du bien.

L’intervenante va vérifier avec toi tes besoins. Le but premier est d’assurer ta sécurité et celle de tes enfants. Elle va t’écouter, te croire, te renseigner sur tes droits (oui, tu en as des droits!), t’accompagner dans tes démarches selon ce que tu décides, selon ton rythme, etc. Si tu as besoin d’un temps de réflexion, elles vont t’accueillir en hébergement, toi et tes enfants. Tous ces services sont confidentiels et gratuits.

Le plus simple est d’appeler directement au 418 854 7160 ou encore par SOS Violence conjugale au 1 800 363 9010. Il y a aussi un site web : www.autretoit.ca. Tu sais Amélie, le plus difficile à faire est souvent le premier pas et je peux être près de toi si tu veux! ».

Martine quitte Amélie soulagée mais inquiète. Elle ne veut pas mettre son amie en danger, il y a trop d’histoire d’horreur dans les journaux de ces temps-ci! Ensemble, elles se sont donné rendez-vous le jeudi suivant, le petit Jacob voit l’infirmière et Martine en profitera pour revoir son amie de toujours.

À noter qu’en ce temps de confinement dû à la pandémie,  le service d’hébergement de L’Autre-Toit du KRTB est ouvert comme à l’habitude. Les mesures de prévention COVID-19 émises par le gouvernement sont mises en place pour assurer la sécurité des personnes. Les services externes sont assurés par téléphone ou en ligne, n’hésitez pas à les contacter en cas de besoin. Vous pouvez les suivre sur Facebook et visiter leur site internet. 

À propos Marie-Amélie Dubé

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