Martine à la découverte des organismes communautaires : Un soutien précieux

Texte | Diane Langlois (Maison Desjardins de soins palliatifs du KRTB) et Christian Nadeau (Comité d’accompagnement La Source)
Illustration | Anissa

Sur le seuil de la porte, l’infirmière dépose sa main sur l’épaule de Martine. Les mots que cette femme prononce semblent venir d’ailleurs : « Allez vous assoir. Nous nous occupons de votre conjoint. »

Il y a 8 mois, la vie de Martine basculait. Il y a 8 mois, son conjoint Éric recevait un diagnostic de cancer. Depuis, plusieurs traitements de chimiothérapie se sont succédé, ponctués d’espoir et de mauvaises nouvelles.

Aujourd’hui, Martine et Éric ont appris que le cancer progresse rapidement. Éric sera maintenant suivi par l’équipe de soins palliatifs. Martine est désemparée. Une telle tristesse l’habite. Elle s’est beaucoup investie auprès d’Éric depuis l’annonce de la maladie. Elle prend soin de lui, l’accompagne pour ses traitements, lui prépare de bons petits plats. Une travailleuse sociale leur rend visite à la maison. Martine pleure beaucoup. Elle nomme sa peur de ne pas pouvoir vivre sans Éric. Elle s’inquiète aussi beaucoup pour Félix qui vit très mal la maladie de son père. Cette maladie affecte aussi Sarah et Thomas, les enfants de Martine nés d’une union précédente.

La travailleuse sociale leur présente les services du comité d’accompagnement La Source. Celle-ci croit qu’il serait bénéfique pour Martine de se joindre au groupe de prédeuil, une rencontre où se retrouvent les proches qui accompagnent une personne en fin de vie. Martine hésite à téléphoner. Elle s’oublie et ne trouve pas le temps de téléphoner pour prendre les informations. Tout cela lui semble irréel, d’autant plus qu’Éric semble aller mieux. Il reprend de l’appétit et trouve même l’énergie pour jouer avec Félix.

Un bel après-midi, Martine contacte le comité d’accompagnement et s’inscrit au groupe de prédeuil. Une rencontre est prévue ce mercredi, et elle s’y présente.

Elle constate que le petit groupe est composé de personnes qui vivent toutes une situation semblable à la sienne.

Plus la discussion avance, et plus elle se sent soulagée.

Elle nomme ses peurs. On l’écoute avec respect et bienveillance. On accueille ses émotions, sans jugement.

Elle ne pensait pas que d’assister à ce groupe lui ferait autant de bien.

Depuis, elle ne rate pas une rencontre et estime que ce service offert par le comité d’accompagnement La Source l’aide grandement à prendre du temps pour elle et à prendre soin d’elle.

Même si elle était hésitante au début à laisser Éric seul pour assister à ces rencontres, elle réalise au fil du temps que ce soutien lui permet de mieux accompagner son amoureux. Depuis peu, l’état d’Éric se détériore. Désormais, une présence auprès de lui est nécessaire en tout temps.

Pour lui permettre d’assister aux rencontres du groupe prédeuil, un bénévole du comité d’accompagnement La Source se déplace chez elle, pendant son absence.

Aujourd’hui, l’infirmière du CLSC est passée. Malgré tout son bon vouloir, il est devenu trop difficile pour Martine de s’occuper de tous les soins d’Éric. Il est admis à la Maison de soins palliatifs.

Dès son arrivée dans cette Maison, Martine se sent chez elle. Les sourires, les petites attentions, les belles paroles sont un baume sur sa peine.

Elle se sent écoutée et soulagée. Elle peut même se reposer.

Depuis maintenant plusieurs mois, la mort s’était immiscée chez elle. Il y a des mots qu’on n’osait plus prononcer. Les amis et la famille étaient mal à l’aise face à l’état d’Éric qui empirait et à ce que cela laissait présager.

Ici, elle constate toute la vie qui habite cette Maison. On parle de la vie, de la mort. On chante, on rit. On célèbre la vie.

Martine est touchée par tout.e.s ces bénévoles qui s’activent et se dévouent, jour après jour. Ces bénévoles choisissent d’aider ceux et celles qui en ont besoin. Leur présence est amour, tendresse et bienveillance. Les gens ici ont un coeur en or. Ces bénévoles font une grande différence dans la vie des gens qui passent à la Maison.

Martine réalise que la maladie d’Éric lui a beaucoup appris sur la vie et sur la mort, et beaucoup aussi sur elle-même.

Les liens tissés avec les personnes de son groupe de soutien prédeuil et son contact avec les bénévoles de la Maison lui donnent foi en l’être humain.

À propos Marie-Amélie Dubé

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