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Martin Michaud, sympathique gentleman

Texte Marie-Josée Saindon, Enseignante de français, École secondaire Chanoine-Beaudet

Considérant son passage dans la région pour le Gala du Roman policier de Saint-Pacôme, dont il était l’invité d’honneur, l’occasion était parfaite pour inviter Martin Michaud à l’école secondaire. La rencontre était d’autant plus pertinente que nos élèves finissant.e.s ont comme lecture obligatoire Il ne faut pas parler dans l’ascenseur, premier roman des enquêtes de Victor Lessard. Chance inouïe, il a bien accepté de venir nous visiter en ce parfait vendredi automnal.

D’un calme déconcertant, ce grand gaillard de six pieds est entré dans la bibliothèque, s’est lentement installé et a pris le temps de regarder tous ces petits visages avant de commencer son histoire.

Maître du polar, grand nom de la littérature policière québécoise, il n’a plus vraiment besoin de présentation. Même les non-lecteur.trice.s ont pu découvrir son univers particulier puisque deux de ses romans ont déjà été portés à l’écran avec la série Victor Lessard. C’est l’enquêteur principal de ses histoires qui a donné son nom aux images que Martin Michaud a scénarisées.

Son dernier roman Ghetto X, fraîchement débarqué dans toutes les bonnes librairies indépendantes (il y en a sûrement une près de chez vous), a aussi été adapté au petit écran (sortie prévue le 24 octobre). Victor Lessard et Jacinthe Taillon, sa fidèle acolyte au langage grossier et coloré, font de nouveau équipe pour résoudre une histoire sordide qui se trame autour des thèmes de la radicalisation, du terrorisme, de la guerre froide et des cyberattaques. Si vous aviez vraiment cru que Lessard prendrait sa retraite, vous vous êtes fait leurrer !

Pince-sans-rire, on peut considérer Martin Michaud comme notre Agatha Christie des temps modernes (quelques milliards d’exemplaires vendus en moins), au masculin. Plongé dans son univers, c’est assurément assumé que le livre ouvert sera dévoré en peu de jours (ou la série visionnée en quelques soirées) !

Sur un ton posé, qui impose le respect, il a commencé son histoire en disant aux élèves qu’un jour, il avait contracté une maladie incurable, l’une de ces maladies qu’on attrape sous les couvertures… silence absolu — sous les couvertures de recueils de poésie. C’est lorsqu’il était cégépien qu’il a eu la piqûre pour l’écriture. D’abord avocat pendant 20 ans, il a toujours caressé le rêve de vivre de sa plume. Rares sont ceux qui y arrivent au Québec. Il en fait partie. Il a livré aux élèves le témoignage de son parcours.

Même quand il nous fait part des pans de sa vie, Michaud garde le suspense. Notre célèbre écrivain a d’abord connu deux échecs cuisants. Découragé, il a même cessé d’écrire pendant deux ans, convaincu qu’il ne serait jamais publié, que ce qu’il fait de mieux, c’est d’être avocat. Or, il était convaincu qu’il pourrait changer sa trajectoire.

Ce n’est qu’en 2008, par un coup du destin, qu’une éditrice « tombe » enfin sur son manuscrit alors qu’il traînait sur le bureau de travail de son ancien beau-frère. Janvier 2010 ; Il ne faut pas parler dans l’ascenseur est publié. La Chorale du diable suivra quelque temps après. En neuf ans, 10 romans sont parus. 2015, Charles Lafortune, aussi producteur, lui lâche un coup de fil. Je me souviens ferait une excellente série. D’abord peu enchanté par l’idée, Martin Michaud offre plutôt d’écrire quelque chose de nouveau. TVA refuse. C’est Victor Lessard que les producteurs ont dans leur mire. Martin Michaud accepte donc de scénariser d’abord Je me souviens et ensuite, Violence à l’origine. À ce jour, c’est 5,6 millions de visionnements qui ont été enregistrés.

Au-delà de son parcours atypique, ce que Martin Michaud voulait surtout livrer comme message aux élèves — oui, bien sûr, l’éternel message de la persévérance — c’est que dans la vie, on peut se tromper, prendre une trajectoire, la changer. On a le droit aux échecs — ces deux manuscrits ayant été refusés par des dizaines de maisons d’édition — mais surtout, on n’a pas le droit d’abandonner, de ne pas essayer une seconde fois, une troisième s’il le faut.

J’ai beaucoup apprécié la présentation de Martin Michaud. Il est un homme de classe qui connaît bien les rouages de son métier. Malgré son air sérieux, il est très sympathique. J’admire la persévérance qu’il a eue pour atteindre ses buts. – Rébeka Leclerc, élève de secondaire 5

La présentation de Martin Michaud était très intéressante ! L’auteur de thriller était très ouvert à nous parler de son histoire et nous la livrait avec une attitude très sereine. La vedette de l’après-midi est repartie en nous laissant une superbe morale de vie en tête : Il faut toujours poursuivre nos rêves même si des obstacles surgissent. Effectivement, l’homme nous a confié qu’auparavant, il avait tenté de publier deux livres avant l’écriture de Victor Lessard, qui malheureusement n’ont pas été acceptés. – Camélie Soucy, élève de secondaire 4

À propos Marie-Amélie Dubé

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