Maman, je ne sais pas quoi faire de ma vie

Texte | Juliette Létourneau

Il vient un moment pendant le cheminement d’un·e ado où toutes sortes de remises en question apparaissent dans sa tête. On se questionne sur nos relations avec les autres, notre orientation sexuelle, notre but dans la vie… Un tourbillon de points d’interrogation qui valsent dans nos esprits. Des questions à perte de vue, mais si peu de réponses ; en d’autres mots, l’enfer pour une jeune comme moi qui se nourrit de connaissances et de solutions aux problèmes de la vie. En discutant des inscriptions au cégep qui auront lieu prochainement, j’ai réalisé que je n’avais toujours pas de choix de carrière en tête ; pas de métier, de domaine ou de programme qui m’a sauté aux yeux comme étant ma destinée. C’était (et encore aujourd’hui) le néant presque complet dans ma tête. Je dis « presque » seulement parce que je mentirais en disant qu’aucune profession ne m’a intéressée auparavant.

Dès mes plus jeunes années de vie, je rêvais d’être vétérinaire comme ma mère. En grandissant, j’ai réalisé que ce rêve n’était que de l’admiration pour celle qui m’a mise au monde et non pour le métier en tant que tel. Ce n’est sans aucun doute pas facile à 16 ans de déterminer ce qui va guider le restant de mon existence. J’ai même, avec beaucoup de craintes, de la difficulté à trouver mes propres intérêts ; un vrai problème de recherche de soi-même qui est la nature de mes autres questionnements. J’ai longtemps hésité à en parler avec mes proches par peur de les décevoir avec ma lacune à me projeter dans l’avenir. Maintenant, je n’ai plus peur de te dire « maman, je ne sais pas quoi faire de ma vie ».

Accepter d’avoir besoin de plus de temps et de plus de ressources afin de trouver ma voie m’a pris du temps et j’ai dû piler sur mon orgueil. Au final, le poids qui s’est soulevé de mes épaules est énorme et je peux enfin penser à l’avenir sans faire de petites crises d’angoisse. Parce que oui, c’est angoissant de ne pas avoir de choix de carrière en secondaire 5, même pour mes parents. À vous qui lirez ce texte, c’est totalement normal d’avoir besoin de temps, comme moi. L’important c’est de ne pas mettre trop de pression sur les ados indécis·es, et plutôt de leur faire savoir que vous croyez en eux·elles et en leur futur.

Personnellement, ce qui m’oppressait le plus, c’était mes proches qui ne cessaient de répéter la même question : « Et puis, Juliette, as-tu décidé ce que tu voulais faire plus tard ? » C’était le sentiment de décevoir mes proches, c’était le stress de ne pas être éclairée comme les autres jeunes qui me rongeaient de l’intérieur. J’avais pourtant tort de penser que j’étais la seule dans ma situation ; il y a bien plus d’ados en questionnement qu’on ne le pense. Selon mes propres recherches purement non scientifiques dans mon entourage, un peu plus de la moitié d’entre des gens sont aussi en recherche de leur futur métier. Ma génération en 2020, c’est un peu comme un troupeau sans leader qui avance vers l’inconnu, l’inconnu du futur. Par chance, je crois au destin d’une personne, qu’il n’y a rien qui arrive pour rien ! Je crois que nous avons tous un chemin tracé dans le temps. Je sais que mon destin est beau, brillant, prometteur. Je le laisse guider ma voie en y mettant, de mon côté, tous les efforts possibles dans ma vie scolaire. Seulement, j’ai hâte de voir ce qu’il a en réserve pour moi.

À propos Marie-Amélie Dubé

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