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Maison, douce maison !

texte Pierre Sénéchal

CHE NOUS !
Ben oui ! Maison, douce maison. Traduction libre de « Home sweet home » le mantra parfait du.de la casanier.ère, celui.celle qui tire tout son bonheur et son équilibre dans le fait de passer le plus de temps possible à la maison. Parce que voilà ce que nous procure une maison, un habitat sain, sécuritaire qui remplit la plupart de nos besoins, nous permet de nous épanouir, d’y fonder une famille, d’y vivre, d’y vieillir et parfois même d’y mourir en paix. Le psychologue Abraham Maslow propose dans son ouvrage A theorie of human motivation son célèbre modèle de pyramide, une hiérarchie des besoins fondamentaux de l’humain et des motivations qui s’y rattachent, de la base jusqu’à l’accomplissement complet de soi. Une image très évocatrice de l’importance du refuge, de la maison dans l’épanouissement d’un individu. Au fond qu’est-ce qu’une pyramide sinon une sorte de maison ?

À L’ABRI !
À partir du moment où l’on prend maison, on se met à l’abri, et ce, depuis la nuit des temps. À l’abri des intempéries, des dangers, des problèmes, des estie de niaiseries qui peuvent vous empoisonner la vie. Mais aussi, encore bien plus, la maison, c’est le nid, l’endroit où l’on retrouve les gens qu’on aime le plus au monde. J’apprécie le concept de « repaire », utilisé trop souvent péjorativement dans la littérature, mais qui en son sens peut définir le lieu qu’on habite comme un prolongement de soi. Avec le temps, j’oserai même dire que ce n’est pas tant nous qui habitons un lieu comme le lieu qui finit par nous habiter. Je crois raisonnablement en ces choses-là… que d’habiter en un lieu précis et d’y vivre des évènements fondateurs, des expériences de toutes sortes, des succès et des épreuves, et de toujours y être entouré.e de son clan, de ses complices de vie, de son amour-amoureuse, de ses enfants, parents et ami.e.s contribuent à installer ce que plusieurs définissent comme l’esprit des lieux.

MA MAISON MON PAYS !
Dans le réel comme dans mon imaginaire, le concept de maison (toit-abri-refuge…) m’a toujours fasciné. C’est possiblement une rare et noble manifestation d’une certaine forme de matérialisme pour lequel j’ai une totale acceptation. Le toit qui m’abrite me protège, meressemble, m’habite…

Ce qui m’amène modestement à vous parler de ces gens rares, talentueux.ses et formidablement volontaires qui décident au fil des rêves et des aspirations, avec une motivation et un enthousiasme débordant, de construire eux.elles-mêmes leur maison. Ce qui en 2019 est loin d’être banal. La plupart des gens qui se lancent dans un pareil projet sont motivé.e.s par ce rêve un peu fou de construire, une fois dans leur vie, une maison « à leur goût », qui leur ressemble et qui comble non seulement leurs besoins, mais aussi leurs rêves. Et pour ce faire, ils devront s’imposer d’immenses sacrifices. De véritables hommes et femmes-orchestres, il.elle.s deviennent ouvrier.ère.s, charpentier.ère.s, plâtrier.ère.s, peintres, électricien.ne.s, plombier.ère.s, comptables, chargé.e.s de projet, décorateur.rice.s d’intérieur… En fait, l’autoconstruction, au-delà du rêve, est une entreprise qui s’incarne solidement dans le réel et qui demande non seulement des compétences, mais également une vision claire et organisée de ce que l’ultime maison doit être. À tou.te.s ceux.celles à qui j’en ai parlé, la même observation revenait en boucle. S’autoconstruire, c’est comme la vie en général, il faut continuellement s’ajuster, s’adapter et faire preuve de courage et de résilience. Il y a des enjeux techniques, financiers, mais aussi hautement émotifs et c’est un processus qui demande plusieurs années de préparation de planification et bien sûr une magnifique part d’espoir et de rêve.

Parce que pour ces gens exceptionnel.le.s, cette maison qu’il.elle.s se construisent, c’est la suite logique, un prolongement d’eux. elles-mêmes. De dire fièrement « Viens voir MA maison » prend tout son sens… Cette maison, il.elle.s y ont mit sueur, douleur, une partie de leur vie, de leur âme, mais aussi il.elle.s la meubleront à leur image, mais surtout de fierté, de bonheur et d’un sentiment puissant d’accomplissement total comme au sommet d’une certaine pyramide.

François Malherbe disait : « À l’ombre du figuier, près du courant de l’onde, loin de l’oeil du pervers, je bâtirai pour eux un nid parmi le monde. »

Que cette citation rende hommage à tou.te.s ceux.celles qui osent se lever et réaliser leurs rêves, particulièrement ceux .celles qui se reconnaissent dans ce texte !

À propos Marie-Amélie Dubé

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