Louis et Vicky | MRC des Basques

Dans Les Basques, même s’il y a eu certains projets d’été auparavant, c’est vraiment depuis 2004 que le travail de rue est présent en continu. Depuis quelques années, le service a modifié sa tranche d’âge à 0-100 ans afin d’élargir le réseau de personnes rejointes.

Par contre, la priorité est toujours envers les ados et les jeunes adultes. D’ailleurs, l’organisme pivot auquel on est rattachés est la Maison des jeunes de Trois-Pistoles. Un point important en travail de rue, c’est la qualité de nos liens avec les partenaires, surtout dans un petit milieu comme le nôtre. Cela nous permet de faire des références plus personnalisées, c’est-à-dire diriger vers un·e intervenant·e qu’on connaît, en plus du service offert. Un élément qui fait une belle différence lorsque les personnes sont plus réticentes à aller chercher de l’aide. Être dans un petit milieu comme le nôtre, c’est aussi s’impliquer avec des jeunes pour monter des projets ; par exemple, l’ouverture d’un local des jeunes dans un village où le besoin était criant. C’est aussi travailler sur des lieux de rassemblement comme le gazebo dans le parc ou bien le skate park qui est en développement.

Photo | Nadine Boulianne

Le travail de rue pour moi, c’est de vivre sa vie tous les jours comme un voyage : apprendre à se fier à son intuition, ressentir le moment présent, parcourir la MRC à moto, découvrir de belles personnes, s’ouvrir aux habitudes de vie des milieux visités et avoir à s’adapter en restant soi-même.

Je pense que les travailleur·euse·s de rue sont les Jedi de l’intervention, soit avoir ce lien de proximité, voir ces injustices et recevoir toute cette souffrance qu’on nous partage sans toutefois succomber du côté sombre.
Il serait facile de devenir amer, se briser et se perdre. Je crois qu’en fait, les TR réussissent à canaliser cette force qui leur permet de voir le meilleur chez les gens, cette même force qu’on voit dans la résilience des personnes rencontrées.

– Louis

Pourquoi ai-je choisi le travail de rue ?

En fait, c’est plutôt le travail de rue qui m’a choisie. C’est une approche que tu apprivoises, et ça ne fite pas avec tout le monde, mais moi j’aime ça. J’aime le fait qu’on n’est pas pris avec des exigences et des comptes à rendre qui sont restrictifs et qui dénaturent parfois les interventions. J’aime le fait qu’on peut prendre le temps qu’il faut pour de vrai avec les gens qu’on rencontre. Parce que quand tu travailles avec l’humain, il faut t’armer de patience, et le système d’aujourd’hui, malheureusement, n’en a pas. Ça va bientôt faire 7 ans que je fais ça, et depuis un peu plus de 3 ans, je suis déléguée du BSL au provincial pour l’association. C’est une gang remplie de passionné·e·s qui ont à coeur la pratique, mais encore plus le bien-être des personnes rejointes par le travail de rue. On est de passage dans la vie des gens, et si quelque part je réussis à leur apporter du bon dans leurs pires moments, alors c’est déjà ça. Je ne suis pas là pour sauver personne, mais je peux au moins être là pour les aider à se sauver eux·elles-mêmes par contre !

– Vicky

À propos Marie-Amélie Dubé

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