Les Pumas, des félins à l’école

Texte |Hubert Cotton
Photo | Sara Dumais-April

Les trois équipes de hockey du volet Sport-études s’appellent les Pumas. Puisqu’on voulait une image de marque forte qui suscite l’adhésion des jeunes au programme, le choix du nom s’est arrêté sur ce félin un peu mythique dans la région. Chronique d’une victoire d’équipe.

PREMIÈRE PÉRIODE

Le volet Sport-études en hockey voit le jour à la suite de deux constats distincts qui seront plus tard liés : d’abord, la hausse du taux de décrochage et la baisse de la réussite chez les garçons, puis la migration du civil au scolaire des programmes de hockey compétitif. Christiane Séguin, forte de son expérience de femme de hockey, met alors sur pied ce volet académique, de concert avec le hockey mineur de la région.

D’emblée, le chantier est particulier puisque les ligues de hockey civiles et scolaires se disputent habituellement leurs joueurs. Ici, on travaille main dans la main : le CSSFL prend en charge le volet « compétitif » des équipes en intégrant le volet scolaire. Ajoutez à cette hybridité le défi organisationnel géographique : trois équipes complètes de joueurs provenant d’écoles de partout sur le territoire. Ça fait beaucoup de kilomètres à parcourir et d’horaires à coordonner ! Malgré deux premières années d’adaptation, la formule atteint rapidement son erre d’aller.

DEUXIÈME PÉRIODE

La réussite des Pumas doit beaucoup aux trois coachs et à la coordonnatrice, qui représentent chacun·e un élément distinct de l’entourage encadrant les joueurs. Francis Bélanger, enseignant, se charge du développement technique avec ses collègues ; Thomas Michaud-Morin, technicien en loisirs, est féru de logistique ; madame Séguin représente le CSSFL ; et Sébastien Madgin, technicien et gouverneur, fait le lien avec la ligue et la communauté. Ces quatre têtes de hockey participent à tout le processus du hockey au CSSFL, du recrutement, en août, jusqu’à la fin de l’année scolaire.

D’un point de vue pédagogique, madame Séguin insiste sur un point dès le départ : « En aucun temps le hockey ne doit servir comme mesure punitive ou comme récompense. Ça doit rester la source de motivation au coeur du programme. » Et ça marche. La rétention des garçons à l’école monte en flèche. Un soutien scolaire personnalisé y contribue évidemment. Par exemple, même s’ils ont des demi-journées libérées pour le hockey, les joueurs suivent un plan d’étude rigoureux. Un·e enseignant·e se trouve même à l’aréna pendant les pratiques pour ceux qui veulent travailler pendant un temps mort ! Un·e tuteur·trice dédié·e au programme hockey se trouve également dans chaque école.

TROISIÈME PÉRIODE

On pourrait croire qu’avec une diminution du temps d’étude au profit du temps de glace, les résultats dégringoleraient, n’est-ce pas ? Eh bien, non. Le contraire s’est plutôt produit. Les résultats scolaires des garçons augmentent bel et bien depuis l’implantation du programme.

Christiane Séguin insiste en terminant : « Même si les notes ont augmenté, elles ne sont pas le seul critère. Ce qui importe, c’est la proximité qu’on crée avec les jeunes. On répond aux besoins de chacun d’eux, de chaque famille. Le développement personnel de l’individu passe avant celui du hockeyeur. On investit dans les jeunes mêmes, on encourage les réussites. Le hockey, c’est un levier, pas un bâton ou une carotte. »

PROLONGATION

Le programme est un tel succès que les Pumas ont posé leur candidature pour intégrer la ligue du Réseau du sport étudiant du Québec en 2022-2023. Et une condition s’applique : les notes ne seront pas un facteur d’exclusion. Ne gagez pas contre eux… Il est connu que les pumas ne reculent devant rien.

À propos de Marie-Amélie Dubé

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