Les mots viennent à nous

Qu’est-ce que cet atelier des dernières semaines vous a apporté ?

Extraits des textes et témoignages

L’atelier d’écriture créative « Écrire pour se sentir plus vivant » est un atelier de découverte des mots et des phrases qui veulent prendre la parole en accordant une importance à une nouvelle exploration des cinq sens.

Chaque atelier se consacre à un ou plusieurs sens : la vue, l’audition, l’odorat, le goût, le toucher physique (la sensation) et son ressenti (l’émotion). Cette exploration vise à faire découvrir un plus large répertoire sensoriel. L’acte d’écrire devient donc plus vivant.

L’atelier n’est pas axé sur la performance ou la correction de l’écrit. Chaque participant·e va puiser ses mots et ses phrases en les exprimant par l’écriture via ses propres souvenirs ou ses inventions. Il·Elle invoque ce que chacun de ses sens lui inspire et l’inscrit sur une page vierge.

C’est une conversation intime avec soi-même où chacun·e y trouve ses mots enfouis, ses secrets, ses inventions. Cette conversation donne en même temps la permission d’errer et de laisser ainsi la créativité s’écrire.

Il s’agit de différents exercices d’une durée variant de 3 à 15 minutes et répondant à une question ou un thème. Le partage des textes écrits est lu par chaque participant·e. Je questionne parfois le·la lecteur·trice pour lui faire préciser sa pensée et l’amener plus profondément dans son histoire. L’univers de chacun·e se découvre.

La fragilité s’habille en rose bleue qui laisse paraître l’infime brèche ou malformation de la Vie. – Marc Bélanger, 2 mars 2021

J’ai confiance en toi. Tout passe. « Une chance qu’on s’a. » J’ai le droit. Je t’aime comme tu es. – F. St-P., 22 février 2021

F.L. : L’écriture m’a permis de m’exprimer sans trop penser. C’est-à-dire de me laisser aller à mes émotions du moment, et de me parler. Il faut que je recommence à écrire, car c’est libérateur et ça me fait un grand bien. Ça me permet de sortir de ma cage.

J.D. : Quand tu as passé beaucoup de temps dans le noir, tu ne sais plus rien. « Facile d’écrire ; je sais écrire. » Le plus difficile, c’est de trouver les bons mots pour exprimer la bonne émotion. Redécouvrir l’écriture a fait renaître des souvenirs, a éclairé mon chemin, m’a fait lever les yeux et voir les belles choses, entendre la musique, chanter, réapprendre à parler. Aussi, à retrouver les choses perdues et oubliées en moi. Réapprendre à vivre et à m’amuser.

Monde idéal : amour sur terre Fière d’avoir écrit ma biographie pour que mon garçon connaisse plus mes faiblesses dans ma force d’écriture. – F. St-P., 8 mars 21

Michelle : J’ai de la difficulté à parler, alors écrire est plus facile pour moi. Ça fait longtemps que j’écris, depuis que je suis petite, et ç’a toujours été important pour moi. C’est une façon de m’exprimer. J’ai au fond de mon âme les mots pour les exprimer. J’ai besoin de les mettre sur le papier pour qu’ils y vivent et fassent vivre les humain·e·s
qui m’entourent. Tous ces mots veulent sortir de ma tête, mais ma voix est trop rapide. Elle ne me laisse pas le temps de respirer, à chacune des consonnes et des voyelles. Mon père les chantait, moi je les écris. Écrire
me rend vivante, car son dessein exprime la profondeur de mon coeur et de mes valeurs. Je me sens chez moi dans l’écriture ; c’est mon cocon. Vivre, c’est écrire. Écrire ce qui ne se dit pas ou ce qui n’a pas pu se vivre. Écrire pour vivre, vivre sa vie et la vie que tu aurais voulue. Écrire te libère de ta peur et de ta pudeur. Pour écrire, il faut être soi, accepter d’être soi. Comme la vie, l’écriture est à vie. Quand tu écris, tu vis. Chaque écriture est comme chaque humain·e ; tou·te·s sont différent·e·s. L’écriture donne aux autres ton vécu unique. La plus merveilleuse des écritures est celle qui est vraie, qui est toi. l’être unique.

Merci pour la force en moi. L’écriture me permet de m’exprimer sans trop penser à « sortir de ma cage ». – F.L., 15 mars 2021

Réjeane : L’écriture m’a permis de m’exprimer, de me visiter intérieurement et de décrire mes émotions de façon concrète, sans me sentir jugée. J’ai appris à me faire confiance. Écrire mes émotions, mes états d’âme, n’a pas été facile. J’étais en cage. Me livrer n’est pas facile. Je suis maintenant mieux avec l’écriture, et les mots viennent plus facilement. J’ai plus de confiance en moi et aux autres. Je me sens plus vivante. Au-delà des mots, il y a la personne humaine. Donc, ça me fait aller à la découverte de soi. Ç’a vraiment été un plus.

É.C. : Ça m’a aidé à mieux m’exprimer, à sortir mes émotions. Je m’exprime mieux par écrit que par la parole. Ça m’a beaucoup aidé à aller de l’avant. J’ai deux correspondantes, et ça me fait du bien. Ça m’aide à aller vers les gens aussi.

Redécouvrir l’écriture a fait renaître des souvenirs, a éclairé mon chemin, m’a fait voir les belles choses, m’a réappris à parler. – J.D. 15 mars 2021

J’ai confiance en toi. On te suit. Je dis « bonjour » à chaque personne que je rencontre. – Marc Bélanger, 22 février 2021

Marc Bélanger : Juste d’entendre parler qu’il y a un cours d’écriture qui peut aider, juste le fait de dire « tabarnouche, je vais essayer ça ! », c’est là que ça commence. Ça commence avec ça, de se dire à soi-même : « Tiens, je vais m’inscrire, je vais peut-être apprendre quelque chose. » Tu arrives ici avec ton gros packsack, tu le mets à terre et tu l’ouvres. Il y a bien trop d’affaires dedans ! Eh bien, c’est ça. C’est pour que le chemin que tu continues, après avoir vidé ton packsack un peu, que tu puisses le reprendre, te le mettre sur le dos, et que tu sois capable de continuer et en mettre d’autre dedans. Autrement dit, c’est laisser aller les affaires dont tu n’as pas besoin. « Pourquoi est-ce que tu traînes ça avec toi ? » Parles-en, et les autres vont te dire que c’est correct, et que tu peux oublier ça. C’est du passé ; il ne faut pas vivre avec ça. D’après moi, c’est ça, grosso modo.

Anonyme : Eh oui, on est une dizaine. Eh bien, c’est avec une dizaine que tu peux te dire : « Oui, c’est pas fou ce qu’il∙elle dit ! Je n’avais pas pensé à ça ! » Alors pour moi, c’est ça, c’est un plus. Parce que tu as encore un bout de chemin à faire. C’est comme si tu venais de monter une montagne. Tu es fatigué·e, là tu as une pause, tu as du café, tu t’assois, tu passes une bonne nuit, et le lendemain matin tu es prêt·e pour continuer à monter. Se donner du temps, s’arrêter, et partager avec les autres. C’est aussi savoir se réaligner, se demander si l’on est vraiment dans le chemin qu’on veut. Déneiger son chemin à coup de pelle pour faire passer son char dans la bonne direction. Et c’est plus facile quand les gens viennent t’aider, viennent donner un coup de pelle aussi, pour te pousser dans cette direction-là.

À propos de Marie-Amélie Dubé

Voir aussi

Documentaire photographique

Texte et photos_Michel Lagacé QUAND UN TUNNEL SE MÉTAMORPHOSE EN PHARE À Rivière-du-Loup, en traversant …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *