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Les Jardins de Demain : une initiative résiliente pour les adultes de demain

texte et photo Louis-Philippe de Grandpré, agent d’accompagnement, COSMOSS Les Basques

Le projet alimentaire Les Jardins de demain, situé sur le terrain de l’École secondaire de Trois-Pistoles, est né d’une démarche concertée qui a débutée à l’automne 2018. Le jardin maraîcher, d’une superficie de 450 mètres carrés, regroupe les classes d’adaptation de l’École secondaire ainsi que leurs enseignantes, la Cuisine collective Croc- Ensemble des Basques et Univers Emploi. Ces partenaires sont soutenus par un agent d’accompagnement qui relève de la démarche COSMOSS.

UNE CRITIQUE DU SYSTÈME ALIMENTAIRE MONDIAL

À l’échelle planétaire, la culture hégémonique du « plat congelé » s’est très bien implantée au coeur de nos habitudes de vie. Résultat : les compétences au niveau de la transformation des aliments sont défaillantes chez une grande partie de la population. On préfère acheter des plats préparés plutôt que de transformer ce qui pousse sur nos terres.

Cette réalité n’est pas étonnante dans la société ultra productiviste dans laquelle nous évoluons. Par ailleurs, dans les années 60, les gouvernements des pays dits développés ont mis sur pied, et ont imposé, des politiques d’intensification de la production alimentaire mondiale, en introduisant des intrants chimiques (phytosanitaires) et autres techniques agricoles calquées sur le modèle industriel.

Cette révolution « verte » avait comme objectif d’augmenter les rendements et, par le fait même, leurs profits. Les gros joueurs de cette industrie ont su se partager ces nouveaux marchés, au détriment des producteur.trice.s locaux.ales et des pratiques écologiques et saines.

De plus, à l’ère de la financiarisation des produits de consommation, les aliments n’échappent pas à cette logique. En effet, les denrées destinées à nourrir les humains de la terre entière sont cotées à la bourse de Chicago. Les prix fluctuent en fonction des marchés et par le fait même, du prix du pétrole contrôlé par les multinationales et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (l’OPEP). Considérant que près de 80 % des aliments consommés par les Canadien.ne.s proviennent de l’étranger, qu’adviendrait-t-il d’une augmentation drastique du prix du pétrole ? Cette réalité est percutante. Nous nous devons de considérer des solutions à cette crise, si nous voulons pouvoir nourrir 8,6 milliards d’êtres humains en 2030. (réf. ONU)

Parallèlement, la mondialisation néolibérale prônée par les élites politiques qui nous gouvernent a de réelles conséquences socioéconomiques dans nos communautés.

La MRC des Basques n’est pas une exception à cette règle. En effet, celle-ci connait un important exode rural ; une délocalisation de la production ; un vieillissement de la population ; un manque de relève dû à une vision archaïque du développement menant à de bas salaires et à des emplois peu valorisants ; une concentration des services dans les villes avoisinantes, etc. Bref, notre territoire se vide de son potentiel et les dirigeants poursuivent avec la même cassette, celle du développement à court terme.

DES SOLUTIONS LOCALES !

La MRC des Basques entretient une forte tradition agricole. En ce sens, il était naturel, pour les partenaires du milieu, de mettre en place un projet de production maraichère permettant à la communauté de renouer avec une culture de production et de transformation alimentaire saine, solidaire et résiliente.

Pour ce faire, l’initiative, qui vise la transmission de savoirs chez les élèves de l’école, mais aussi chez les citoyen.ne.s des Basques, s’est dotée de deux missions : produire des fruits et des légumes destinés à la transformation alimentaire et réaliser des ateliers de transfert de connaissances sur la conservation traditionnelle d’aliments produits en climat nordique.

Face à la situation mondiale, le projet Les Jardins de demain est une réponse aux problématiques alimentaires et socioéconomiques auxquels sont confrontées les communautés de la MRC des Basques.

D’une part, il propose de renouer avec une culture alimentaire d’autosuffisance basée sur des principes de production et de transformation locales. D’autre part, en offrant une introduction à l’agriculture écologique et à la transformation alimentaire lors du parcours académique, les jeunes pourront s’en inspirer et le reproduire à l’âge adulte sur le territoire des Basques. Face à cette crise globale, les solutions résident au niveau local.

À propos Marie-Amélie Dubé

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