Les fourmis du communautaire

Texte | Julie Ouellet, Centre Alpha des Basques
Photo | piegolabphoto

Lorsque j’ai reçu l’invitation pour écrire un texte en tant que travailleuse dans le cadre du dossier spécial, j’ai eu le réflexe de dire non. Mais après réflexion, je me suis dit : « Et pourquoi pas ? » Dans le milieu communautaire, nous sommes comme des fourmis qui ne travaillent pas au service d’une reine, mais au service de la communauté.

Nous avons à coeur le bien-être de chacun·e. Nous accueillons et accompagnons des gens qui ont différents besoins. Depuis que je fais ce métier, la raison principale qui pousse ceux-ci à venir frapper à notre porte, c’est bien souvent celui de sortir de la maison et de créer des liens avec d’autres êtres humains. Que l’on travaille avec les familles, les aîné·e·s, les personnes riches ou pauvres, le besoin est le même : celui de socialiser et de voir du monde pour se sentir bien, apprécié·e, d’avoir une oreille attentive, une main tendue dans les moments de déséquilibre de la vie.

On peut penser que les personnes qui travaillent au sein de ces organismes sont des superfemmes et des superhommes, mais non. Eux·Elles aussi ont leurs moments de faiblesse. Et c’est NORMAL ! Avec les moments vécus depuis les deux dernières années, nous nous sommes trop souvent réinventé·e·s et nous avons donné plus, car les personnes avaient besoin de plus. Mais pour plusieurs, nous sommes sur le point de perdre l’équilibre, celui qui fait que notre santé mentale reste bonne ; cet équilibre qui est si fragile, mais si bon à retrouver. On ne pense pas qu’en faisant toujours un peu plus, nous marchons tout droit vers l’épuisement. Trop souvent, nous devons passer par ce chemin pour mieux apprendre à écouter les signes. Eh oui ! Notre corps nous envoie des signes ! Mais comme intervenant·e·s, nous sommes bien plus à l’écoute des signes des autres humains que nous voulons aider et nous oublions que nous sommes les premiers êtres humains dont nous devons nous occuper.

Mais comment faire pour prendre soin de nous et retrouver notre santé mentale ? Je vous informe que vous devrez apprendre à mettre en pratique la règle no 1 qui, selon moi, est la meilleure pour toutes les facettes de notre vie : amoureuse, professionnelle, sociale, familiale, etc. C’est quoi, cette règle ? Eh bien, c’est le lâcher-prise.

Ce n’est vraiment pas facile à faire. Mais qui a dit que ça devait l’être ? C’est un travail à long terme, et nous devons nous entraîner au quotidien. Par exemple, si un soir, on est trop fatigué·e pour faire la vaisselle, eh bien, on lâche prise et on ne la fait pas. C’est un premier pas vers le lâcher-prise ! Du même coup, vous avez écouté votre corps qui n’en pouvait plus ! Il est important d’apprendre d’abord à lâcher prise sur ce que l’on peut contrôler pour s’exercer, et de finalement le mettre en pratique sur ce que l’on ne peut pas contrôler. Je vous dis ça, mais même moi, je dois travailler fort et me parler, m’écouter afin de rester équilibrée. Et vous, êtes-vous à l’écoute des signes que votre corps vous envoie ? Que faites-vous pour garder votre équilibre ?

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