Accueil / Nos sens / La Vue / Les documentaires Sparages, ou comment réaliser six films en quatre mois

Les documentaires Sparages, ou comment réaliser six films en quatre mois

jan32

par David Ouellet, images par David et Benoit Ouellet

 

Nous sommes en octobre 2016, Benoit Ouellet est au volant de sa Honda CRV sur la route 185, on revient de Cabano où on vient de finir la journée de tournage de l’épisode « Kourage » des Sessions Sparages. Benoit a encore froid, parce qu’il s’est baigné dans le lac Témiscouata pour le bien d’un gag, donc il était plus silencieux qu’à l’habitude. L’épisode « Kourage » est le neuvième à avoir été tourné, le projet avance bien, et ça nous permet de tourner en mode cinéma documentaire, ce qui est toujours appréciable. Loin de moi l’idée de divulgâcher quoi que ce soit, mais l’épisode « Kourage » est bien particulier, puisqu’il s’agit d’un faux documentaire. Parce que ç’a été très agréable de s’amuser avec les codes du genre, la réflexion m’est venue que ça serait le fun, à un moment donné, de se donner le défi de s’amuser avec les styles de cinéma documentaire, de se donner des défis de réalisation dans un cadre imposant. Benoit combat courageusement sa légère hypothermie pour approuver d’un signe de la tête. L’idée était lancée.

jan33

Au cours des mois qui suivent, cette idée s’est définie suffisamment pour déposer formulaire de proposition d’émission à MAtv. Le projet allait s’inscrire un peu dans la suite des Sessions Sparages en présentant, grâce à six épisodes documentaires, des initiatives de la région. Le défi n’allait plus être de s’imposer des styles documentaires, toutefois, mais de s’imposer des sujets grâce à un appel de sujets ouvert à tous les citoyens de la région. Au-delà du défi personnel, ce choix de lancer un appel de sujets vient d’une volonté de donner une voix aux gens qui portent des projets, ou aux gens qui vivent des réalités particulières et intéressantes, de faire découvrir une petite partie de leur monde au grand public. C’était un peu la réponse à un commentaire qui sort de temps en temps en jasant de cinéma avec les gens : « Tu fais du cinéma, toi ? Heille, [un sujet quelconque], ça ferait un maudit bon documentaire, ça. »

jan34

L’appel de sujets répond aussi à un autre aspect particulier au projet : l’idée de tourner six courts-métrages documentaires un peu en même temps, en quelques mois, c’est potentiellement un peu niaiseux. L’approche documentaire demande une connaissance approfondie des sujets touchés, ça implique donc un grand investissement de temps. Le deal proposé était donc le suivant avec les gens qui soumettaient des sujets : si votre sujet est retenu, on réalise un documentaire, certes, mais vous nous assisterez en tant que coréalisateur. Vous nous donnez accès à votre connaissance du sujet, et on travaille ensemble à transformer ce sujet et à l’intégrer dans une approche documentaire.

jan35

Chaque émission des Sessions Sparages contiendra donc un court-métrage documentaire d’une quinzaine de minutes, qui sera dissociable de l’émission complète. Ainsi, il sera possible de visionner uniquement le court-métrage et d’en comprendre le propos. Le reste de l’émission servira à illustrer le processus qui se cache derrière la réalisation du documentaire : on y apprendra les motivations qui ont poussé chaque coréalisateur à soumettre leur sujet, pourquoi il est important de réaliser un documentaire sur le sujet et qui on tente de toucher, entre autres choses. On assistera également à une rencontre de préproduction avec le coréalisateur invité, Benoit Ouellet, le directeur photo, et moi-même, réalisateur. Cette rencontre mettra en lumière toute la réflexion qui permet de transposer une idée de sujet dans un langage cinématographique approprié, qui servira le propos du sujet et qui pourra le mettre en lumière.

jan36

Les six sujets retenus sont très variés et feront voyager le spectateur aux quatre coins du Bas-Saint-Laurent, pour y découvrir des gens passionnants et des projets qui font une différence dans leur milieu. On descendra la rivière du Loup sur des kilomètres en découvrant grâce au regard des enfants le riche écosystème qui se cache dans notre arrière-cour avec l’OBNL Hepta Science. On apprendra quels sont les choix offerts aux femmes et aux couples en ce qui concerne l’accouchement d’un enfant avec Élisabeth Boucher, accompagnante à la naissance. On suivra le travail d’écriture de pièces de théâtre communautaire, un théâtre par et pour la communauté, sur des sujets touchant de près la communauté, grâce au travail de la troupe UTIL. On découvrira le monde des pools de hockey, et l’importance des moments de rencontre et d’échange qui se cachent derrière. On soulèvera des problèmes et on tentera de trouver des solutions au problème de l’accessibilité à la production locale en alimentation dans un document rassemblant une communauté de restaurateurs, de transformateurs et d’organismes en récupération alimentaire. On parlera de l’importance de l’implication citoyenne et des impacts de ces implications avec Yvan L’Heureux de l’École du Qi.

jan37

jan38

À propos Marie-Amélie Dubé

Voir aussi

L’Occident-Express

Rencontre avec M. Jean-Baptiste | texte Ève Feron   Il y a des métiers un peu ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *