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Les attraits naturels du parc des Chutes et du Platin

texte et photos Lynda Dionne et Georges Pelletier – illustrations Marimaud Morin-Dupras

 

Au coeur de la ville de Rivière-du-Loup, le parc des Chutes avec ses huit sentiers est reconnu comme un endroit de prédilection pour les amateurs de randonnée pédestre ou de course à pied, les jeunes familles et les touristes de passage. Au gré des saisons, les personnes en quête de nature découvrent ses nombreux attraits : la rivière, les escarpements rocheux, le boisé, les ruisseaux, le petit lac, sans oublier le verger patrimonial. En avant-scène, la rivière du Loup se remarque avec ses imposantes dénivellations, ses cascades et ses falaises. De la pointe du verger à la crête, en passant par le talus et la platière, chaque secteur offre des écosystèmes intéressants et variés. Le verger, avec ses rangées bien alignées de pommiers, se situe au centre d’un amphithéâtre naturel formé par les berges escarpées de la rivière et les bâtiments du centre-ville. Sa forêt est parsemée de clairières, de zones humides, de ruisseaux, de petites cascades, d’un étang, d’une voûte continue de feuillus et de conifères, de plantes de sous-bois et d’affleurements rocheux couverts de tapis de mousses et de fougères.


Chelone glabra

Sous le couvert des conifères (épinettes, sapins et thuyas) et des feuillus (peupliers, bouleaux, érables, frênes et tilleuls), nous découvrons une grande variété de plantes forestières. Dès la fonte de la neige, lorsque la nature reprend vie et jusqu’à tard l’automne, plus de 227 espèces se déploient au sol. La plupart fleurissent au printemps ou au début de l’été. La première fleur est celle du tussilage d’un jaune vif, puis apparaît le majestueux trille dressé avec ses larges feuilles en forme de losange et ses fleurs à pétales rouge foncé. Ça et là dans la forêt, le myosotis, nommé aussi forget-menot, nous charme avec ses délicates fleurs d’un bleu azur au coeur jaune. Dans son voisinage, le quatre-temps (cornouiller du Canada) est très remarquable avec ses nombreuses fleurs arrondies de couleur blanc verdâtre et ses quatre à six feuilles pointues et nervurées. À la fin de l’été, la plante porte une grappe de fruits de couleur orange à rouge vif. Omniprésente dans le boisé du parc, l’aster à grande feuille d’un vert clair (macrophylla) s’étend en talles. Ses longues tiges portent des fleurs étoilées de couleur blanche au coeur brun. Le long des sentiers, elle côtoie différentes plantes dont la grande fougère aigle, la délicate prêle et l’aralie à tige nue (salsepareille) aux fleurs groupées en ombelles sphériques cachées sous son feuillage découpé. Tout près, la clintonie boréale laisse voir son feuillage épais d’un vert luisant et ses petites fleurs jaunes sur tige qui se transforment au cours de l’été en baies ovales bleues. La trientale (May star), plus discrète, tapisse le sol et montre ses délicates fleurs blanches étoilées au centre de six à dix feuilles allongées.


Quatre-temps ou cornouillers en fleurs

Sur l’ancien chemin des pommes qui longe la rivière, dans une section du sentier La tournée qui mène au verger, la berce commune, appelée la Grande Berce ou Patte d’ours à cause de la forme de ses feuilles, porte des fleurs blanches en grande ombelle et avoisine les érables argentés. Sous les pommiers du verger poussent de grandes talles de la fougère onoclée sensible et des fleurs en abondance : les marguerites, les rudbeckies, les millepertuis et les grands épilobes à feuilles étroites ainsi que des fraises sauvages qui se laissent savourer. Près de la rive, dans la zone inondable se cache le petit-prêcheur en forme de calice avec un capuchon vert, tandis que le vératre vert (tabac du diable) se remarque davantage par la grandeur de son feuillage. Dans la pénombre de la cédrière, des fleurs en épis à tête de tortue (chelone glabra) apparaissent à travers la fougère et la sphaigne (mousse). Sur la surface de l’étang (p’tit lac du grand-père) où vont se réfugier les canards, émergent des quenouilles, des nénuphars et les callas des marais qui sont visités par les demoiselles (araignées d’eau), les coléoptères et les libellules. En montant sur la falaise pour admirer la Grande Chute, sous les conifères pousse la fougère tripe de roche et les bryophytes, ou mousses, sur les affleurements rocheux. es nombreux attraits naturels, que constitue ce paysage urbain, sont d’une grande richesse et d’un grand intérêt écologique. D’ailleurs, les jeunes naturalistes, les classes vertes, les élèves en écologie de l’École secondaire et les étudiants du niveau collégial de Rivière-du-Loup observent sa flore et sa faune. Cette oasis de verdure est visitée régulièrement par les Louperivois et leur procure une qualité de vie exceptionnelle.


Nénuphars en fleurs

Note importante
Dans ce boisé comme dans d’autres forêts, il y a certaines plantes qui sont toxiques comme le vératre vert, le petit-prêcheur et l’actée rouge ou blanche. D’autres peuvent provoquer des éruptions cutanées si elles sont manipulées, comme l’herbe à puce sur la pointe du Platin et la berce commune. Il faut donc les regarder, les admirer, les photographier, mais surtout ne pas les arracher ni les consommer si vous ne les connaissez pas.

 


Callas des marais


Myosotis et fougère onoclée

 

 

 

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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