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Le visage de l’analphabétisme au Québec

texte Pauline Solomon | ABC des Portages

 

ABC des Portages, organisme d’alphabétisation populaire, déploie ses services depuis plus de 25 ans dans trois MRC : Kamouraska, Témiscouata et Rivière-du-Loup. Il offre des ateliers d’alphabétisation pour l’amélioration des compétences en lecture, écriture et calcul, de même que des ateliers d’initiation à l’informatique.

 

Au Québec, en 2013 (dernières statistiques publiées)[1] :
« Une personne sur cinq (19 %) est susceptible de se retrouver dans une situation où elle éprouvera de grandes ou de très grandes difficultés à lire et à utiliser l’écrit. »

C’est beaucoup…

« Moins d’une personne sur deux (46,8 %) démontre la maîtrise de compétences en littératie la rendant capable de lire en vue d’apprendre, de comprendre, d’agir ou d’intervenir en toute autonomie. »

C’est peu…

Entre ces deux extrêmes, « 1 personne sur 3 (34,3 %) est susceptible de se retrouver dans une situation où sa capacité à lire sera relative à la présence de conditions facilitantes ou d’environnements écrits non complexes. »

C’est trop…

On se représente aisément l’écart entre les extrêmes de ce portrait, notamment en termes de moyens pour réaliser son plein potentiel. C’est là tout le drame des inégalités et de la pauvreté, le drame d’une société qui confine une grande partie de sa population dans les limites de ses compétences, avec toutes les conséquences que l’on connaît, tant sur la vie personnelle que sur l’ensemble de la société. Car oui, nous sommes tous concernés, ne serait-ce que par l’impact sur les coûts de santé et de services sociaux. Car qui dit « analphabétisme » dit « vulnérabilité ».

Aux plus vulnérables (1 personne sur 5) qui peinent carrément à déchiffrer les documents essentiels au fonctionnement en société (mais qui ne manquent pas de débrouillardise !), s’ajoutent ceux (1 personne sur 3) qui savent lire et écrire une liste d’épicerie et « fonctionnent » relativement bien, mais sont incapables de lire un texte le moindrement complexe et d’en dégager le sens. Cela fait beaucoup de monde en manque de compétences. Comment, dans ces conditions, prendre sa place de citoyen, participer aux réflexions et réaliser son plein potentiel ? C’est d’une partie de nos ressources humaines dont nous sommes privés dans nos milieux de vie, pour réfléchir et avancer collectivement. Ces personnes, maillons faibles de nos sociétés dites « avancées », requièrent des mesures pour les aider et des voix pour les défendre. Voilà le travail d’une multitude d’organismes communautaires à qui l’on confie cette tâche avec les moyens financiers qu’on connaît. ABC des Portages fait partie de ceux-là. À cause de nombreux obstacles (faible estime de soi, isolement, expériences difficiles en lien avec l’apprentissage, etc.), seulement 5 % des adultes ayant de grandes difficultés à lire et écrire entreprennent une démarche de formation. Que de courage il leur a parfois fallu pour franchir cette étape ! Sur le territoire, ABC des Portages est là pour eux, dans le but d’améliorer leurs compétences, mais aussi d’en faire des citoyens mieux informés et plus autonomes par des activités reliées à des situations de la vie courante.

Voilà tout le travail d’ABC des Portages !

 

[1] Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), une initiative de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), octobre 2013.

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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