Accueil / Nos sens / La Réflexion / Le travail autonome : Petite idée deviendra grand projet de vie !

Le travail autonome : Petite idée deviendra grand projet de vie !

texte Sylvain Dionne | Conseiller en communication, travailleur indépendant depuis 1999

Certaines personnes le sont par choix ; d’autres par obligation à la suite de la perte d’un emploi. Quoi qu’il en soit, ils étaient plus de 1700 dans la MRC de Rivière-du-Loup selon les données du recensement de 2016 de Statistique Canada. Ils seraient aujourd’hui environ 1 900, constituant 9,7 % du marché total de l’emploi dans la MRC de Rivière-du-Loup, comparativement à 10,4 % à l’échelle du Québec. Ce sont les travailleuses et travailleurs dits autonomes. Mais pour parler du travail autonome (ou indépendant), il est essentiel de savoir qui sont ces personnes qui démarrent leur entreprise, la plupart du temps en solo. Pour ma part, je préfère les vocables « travailleuse indépendante/travailleur indépendant » ou « micro-entrepreneur », qui me semblent plus représentatifs de la réalité qu’ils vivent et de celle qui me rejoint. Ces personnes gèrent, plus généralement, une entreprise non constituée en société ou constituée en société, mais sans aide rémunérée. On les retrouve principalement dans les domaines du commerce au détail, des services professionnels ou de la fabrication/transformation. La définition retenue par Statistique Canada est beaucoup plus (trop ?) large. On y présente la travailleuse/ le travailleur autonome comme étant toute personne âgée de 15 ans et plus ayant ou non une entreprise constituée en société avec aide rémunérée ou sans aide rémunérée. Aussi bien dire qu’on y inclut toutes les catégories d’entrepreneurs et d’entreprises.

D’ailleurs, la définition du travail autonome est très variable selon l’organisme qui la considère sur les plans statistique, administratif ou fiscal, ce qui demeure source de confusion, de malentendu et parfois de conflit à divers égards. Même la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a sa propre définition, c’est tout dire. Bon, alors, que peut-on dire des travailleuses/ travailleurs autonomes ? Que leur nombre a crû rapidement depuis les années 1970, qu’ils soient constitués en société ou non, qu’ils aient des employés ou non. C’est d’ailleurs encore le groupe qui augmente le plus rapidement au Canada. Il y a environ 15 % de travailleuses/ travailleurs autonomes au pays, un taux toujours en croissance. Selon la FCEI, le groupe des travailleuses/ travailleurs autonomes ayant une entreprise non constituée en société demeure le plus important (environ 8,5 % de l’emploi total au Canada), ayant connu un pic important dans les années 1990, même s’il est en légère régression depuis ce temps. Le nombre de travailleuses/travailleurs autonomes possédant une entreprise constituée en société sans employé augmente plus rapidement depuis 1990. Quant au taux de travailleuses/travailleurs autonomes ayant une entreprise constituée en société avec aide rémunérée (employées/ employés), il a doublé pendant les décennies 1970 et 1980 avant de se stabiliser. Ils ont souvent été considérés avec une certaine condescendance par le milieu traditionnel des affaires. Mais leur poids démographique et leur contribution significative au développement et à la croissance économique des régions en général et de notre région en particulier leur confèrent aujourd’hui de plein droit le statut d’entrepreneur qui leur a longtemps été refusé.

D’ailleurs, en 2008, la région se donnait un des premiers regroupements de travailleuses/travailleurs autonomes et de micro-entrepreneurs au Québec avec l’appui subséquent de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup. J’en avais été un des instigateurs avec le directeur général de l’époque, Pierre Lévesque, pour faire reconnaître le statut, l’importance et les droits de cette catégorie d’entrepreneurs dans notre milieu. Et aujourd’hui, ce sont les travailleuses/ travailleurs autonomes et micro entrepreneurs qui occupent de plus en plus les conseils d’administration de la Chambre de commerce, de la Jeune chambre et du Centre des dirigeants d’entreprise. Leurs forces : l’agilité, la créativité, la souplesse de gestion, l’ouverture, l’audace, l’innovation, la capacité de se renouveler. Leur tremplin : un solide réseau de collaboratrices et de collaborateurs permanents ou ponctuels qu’ils mettent largement à profit en fonction de leurs besoins et de ceux de leurs clients pour réaliser leurs projets. Ils ont démarré petit en voyant grand. Ils ont investi toutes leurs économies souvent sans autre financement. Ils ont douté, mais ils ont réussi. Maintenant, ils investissent, ils se démarquent, ils créent, ils participent activement à la création de richesse, ils sont partie prenante d’un développement responsable. À leur manière, ils forgent avec confiance un avenir très prometteur pour la région.

À propos Marie-Amélie Dubé

Voir aussi

Une résolution environnementale pour 2019

texte Sarah-Ève Roy | Journaliste à L’Inné-Dit | photo Patric Nadeau À chaque début d’année, …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *