Le Collectif Poules RDL : Pour garder nos amis à plumes chez soi

Texte | Collectif Poules RDL
Image d’en-tête | Marcel Langthim de pixabay.com

Le Collectif Poules RDL a récemment fait part, dans une lettre adressée à la mairesse de Rivière-du-Loup, madame Sylvie Vignet, de son désir de voir légaliser la garde de poules pour les citoyens désireux de se lancer dans le projet d’un poulailler urbain chez soi. Vous vous demandez peut-être : « Ça mange quoi en hiver ce collectif? » Pour mieux comprendre la démarche, voici une entrevue sous forme de questions/réponses avec le Collectif.

C’est quoi le Collectif Poules RDL?

Le Collectif Poules RDL est un regroupement de citoyens qui souhaitent que la garde de poules en ville soit permise à Rivière-du-Loup. Ce collectif désire toutefois que cette légalisation soit rigoureusement encadrée par des pratiques responsables afin de s’assurer du bien-être animal et collectif, en tout respect du voisinage. À notre avis, toute personne ayant l’intention de se doter de poules devrait démontrer que son projet a été réfléchi afin d’obtenir un permis.

Quels sont les points faibles et les points forts d’avoir des poules?

Avoir des poules, c’est super! Ce n’est pas comme un chien ou un chat, pourtant, elles sont aussi attachantes et affectueuses à leur façon. Ce n’est pas tant un avantage pour les œufs, parce que ce n’est pas ce qui coûte le plus cher à l’épicerie, mais plutôt le fait d’avoir des petits animaux à la maison et que les enfants apprennent beaucoup de ça : comment s’occuper d’un animal et créer un lien avec lui; la valeur du travail et ce que ça nous apporte; d’où vient la nourriture… Le plus gros du travail, c’est de créer les installations nécessaires pour la sécurité et le confort de nos poules.

Et des poulaillers collectifs, ça existe?

Oui, le poulailler collectif peut être un modèle intéressant. Par exemple, des voisins qui en installent un à la jonction de leur cour. Ça peut être bien pour répartir les coûts et l’entretien. Avant de s’embarquer là-dedans, en plus de toutes les questions spécifiques aux poules, il faut se questionner sur : comment diviser les coûts, à qui appartient la structure si un déménage, comment allons-nous diviser les œufs, les tâches d’entretien, les vacances, etc. Comme tous les projets collectifs, il est important de se fixer des règles claires dès le début et de s’assurer que les parties ont la même vision. Ce n’est pas une option viable pour tous, mais sache que ça existe!

Combien de temps ça vit une poule?

Savais-tu que les poules peuvent vivre jusqu’à 10 ans? Toutefois, la ponte diminue après leurs deux premières années de vie. Alors, si tu pensais avoir des pondeuses de mai à septembre, cela pose un problème. C’est aussi dans le but d’offrir du soutien et de partager des informations entourant la garde de poules que le Collectif Poules RDL existe. Entre autres, nous pouvons faire appel à des experts ou faciliter l’accès à des formations. Nous pensons qu’avant d’accueillir des poules à la maison, le propriétaire devrait démontrer que son poulailler est adapté pour l’hiver, qu’il contient suffisamment d’espace et qu’il protège la volaille de la faune. De plus, il devrait démontrer qu’il est en mesure d’offrir des soins à ses animaux si nécessaire et qu’il a prévu une option lors de ses vacances (nous parlons bien de gardiennage 😊).

Ce n’est pas un peu égocentrique de vouloir des poules en ville… en plus que, en échange d’une petite poignée de huards, on achète facilement une douzaine d’œufs à l’épicerie du coin?

Il en est de même pour un potager à la maison, non? Pourquoi passer son été au désherbage, à l’arrosage et à la cueillette des légumes tandis que tous ces trésors sont très facilement accessibles en épicerie? Pour l’amour, bien sûr! Ce merveilleux dévouement comprenant les soins apportés, le temps consacré et le choix de la qualité des produits utilisés se répercutent directement sur la qualité de l’aliment qui est produit. Lorsqu’un animal se rajoute à l’équation, on parle alors d’un lien privilégié qui se crée avec lui. C’est également une source d’apprentissage pour les jeunes et les moins jeunes et un attrait original qui favorise la socialisation avec le voisinage.

Ouin, mais ça a l’air que ça sent mauvais pis ça chante fort et très tôt le matin ces petites bêtes-là?

Rassure-toi, l’entretien quotidien d’un poulailler et l’utilisation d’une litière adaptée enrayent facilement les mauvaises odeurs. Quant aux vocalises, le coq est le grand champion du réveil matin et les pondeuses arrivent très bien à s’en passer. Néanmoins, il arrive parfois que les poules chantent par fierté après leur ponte. Encore une fois, sois sans crainte, il ne s’agit que de quelques petits gloussements tout à fait charmants qui ne durent jamais très longtemps. Rien à voir avec le chien du voisin qui jappe au moindre mouvement dans le voisinage ou dès qu’il est laissé seul à la maison. D’ailleurs, la poule passe la nuit (par instinct de sécurité) bien à l’abri dans son poulailler obligatoirement barré (en prévision des prédateurs ratoureux) et qu’il est donc très aisé de contrôler l’heure de leur sortie en matinée. C’est entre autres pour ces raisons que notre collectif souhaite travailler en concert avec la Ville de Rivière-du-Loup dans l’élaboration d’une nouvelle réglementation tout à la fois permissive et respectueuse du voisinage et du bien-être de l’animal.

Il devait bien y avoir une raison à l’époque pour la mise en place d’une réglementation interdisant les poules en ville?! En quoi est-ce différent de nos jours?

Il faut se rappeler qu’il y a quelques décennies à peine, les accès à l’eau courante, à un système d’évacuation des eaux usées et à un système de collecte des déchets n’étaient pas aussi développés qu’aujourd’hui. Cette proximité entre l’homme et l’animal, pour des raisons évidentes dans de telles conditions, comportait des risques pour la santé publique. C’est pourquoi les autorités locales de l’époque ont dû imposer des restrictions en conséquence. De nos jours, avec la technologie domestique et les services municipaux efficaces, il n’est plus question de cette réalité sanitaire. Les poules (toujours avec une réglementation adéquate en lien avec leur bien-être et le bon voisinage, bien entendu) peuvent donc s’ajouter à la cellule familiale, en ville comme en campagne, au même titre que Fido et Minet.

Pour en savoir plus sur notre démarche, n’hésite pas à te joindre au Collectif Poules RDL sur Facebook.

À propos Marie-Amélie Dubé

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